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CIUSSS de la Capitale-Nationale : climat d’intimidation dénoncé

Un préposé au bénéficiaire pousse un patient sur une civière.
Un préposé au bénéficiaire pousse un patient sur une civière. Photo: Radio-Canada / Martin Thibault
Radio-Canada

Un préposé aux bénéficiaires d'un centre hébergement de Sainte-Anne-de-Beaupré forcé de rentrer au travail malgré une forte fièvre, des employés séquestrés par leur employeur au CHSLD Saint-Brigid's Home; les cas d'abus de pouvoir se multiplieraient dans le réseau du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSSCN).

Un texte de David Rémillard

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CIUSSSCN a dénoncé lundi matin une « dérive » généralisée, tant à Québec, Portneuf que Charlevoix. Selon le président Richard Boissinot, des centaines de cas ont été répertoriés dans la dernière année.

L’un d’eux se serait produit le 22 mai au centre d’hébergement et de soins de longue durée Saint-Brigid’s home, dans Sillery.

Cinq préposés aux bénéficiaires qui terminaient leur quart de travail à 15 h ce jour-là auraient été séquestrés. « Les gestionnaires ont barré les portes et ont pris au piège les préposés aux bénéficiaires », a raconté M. Boissinot.

Puisqu’il manquait une personne pour le quart de travail suivant, les gestionnaires de l’établissement auraient forcé ces préposés à identifier un volontaire pour assurer le maintien des services, sans quoi personne ne pouvait rentrer à la maison.

Absentéisme

Sans dire que tous les cas sont aussi draconiens, le syndicat assure que la pénurie de main-d’œuvre pousse les gestionnaires à « presser le citron ». Selon de données fournies lundi, le taux d’absentéisme atteint les 20 à 25 % chez les employés de catégorie 2 et 3, ce qui inclut les préposés aux bénéficiaires et les infirmières auxiliaires.

« Ce qui est inquiétant, c’est que [les gestionnaires] ne croient pas les employés », a poursuivi M. Boissinot.

Les demandes de congé maladie, notamment, font l’objet de vérifications, a-t-il avancé, comme ce préposé aux bénéficiaires forcé d’entrer au travail à Sainte-Anne-de-Beaupré malgré une forte fièvre. Selon le président syndical, le gestionnaire du centre d’hébergement en question aurait demandé à une infirmière de prendre la température rectale de l’employé pour voir « s’il disait la vérité ».

Pour l’ensemble des cas répertoriés depuis juin 2017, le syndicat a déposé un grief le 23 août. Il vise à « faire cesser immédiatement » les conduites reprochées aux gestionnaires.

Réplique de la direction

La vision du syndicat n’est pas du tout partagée par la direction du CIUSSSCN. Selon Céline Allard, directrice du Programme soutien à l’autonomie des personnes âgées, c’est plutôt un « climat de collaboration » qui s’est installé en ces temps de rareté du personnel.

« Je ne dis pas qu’il n’y a pas de pression. Il y a de la pression, mais il y a de collaboration et de l’entraide. Je suis étonnée de la version du syndicat », a-t-elle dit, rappelant qu’une série de mesures a été prise pour assurer le soutien aux employés.

Le CIUSSS fait appel à des agences externes, dont à Montréal, pour respecter les plans de contingence (nombre d’employés minimum par établissement) et maintenir des services sécuritaires. Une liste de volontaires pour le temps supplémentaire a aussi été mise sur pied et les garanties de travail ont été prolongées jusqu’à octobre 2019, a ajouté Mme Allard.

Quelques chiffres :

  • 170 postes de préposé aux bénéficiaires à combler au CIUSSSCN
  • 738 préposés embauchés dans la dernière année

Québec

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