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Les marchés fermiers : un tremplin pour les petits producteurs du terroir

Une étagère remplie de moutarde, marinade et de légumes au vinaigre.

C'est sur les marchés fermiers que Johwanna Alleyne a testé ses nouveaux produits quand elle a lancé l'entreprise Mojo Jojo Pickles.

Photo : CBC

Radio-Canada

Les marchés agricoles offrent une première vitrine aux petits entrepreneurs albertains à la recherche de débouchés pour leurs produits agroalimentaires.

Un texte de Nafi Alibert

Nicola Irving s’est lancée dans la production de saucisse à base de porc Berkshire il y a 12 ans, pour retrouver le goût de celles qu’elle mangeait dans son pays natal, l’Angleterre.

« C’est une viande marbrée très raffinée [...] Elle est très prisée par les chefs, et par nos clients », explique-t-elle dans la ferme porcine qu’elle exploite avec son mari, Alan, à Round Hill, à une heure de route d’Edmonton.

Nicola Irving est dans un enclos avec des porcs noirs de type Berkshire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nicola dirige avec son mari Irvings Farm Fresh, une exploitation porcine de 32 hectares située à Round Hill.

Photo : CBC

Pour concocter leurs saucisses peu communes, le couple a installé une cuisine commerciale dans le sous-sol de sa maison. Aux fourneaux, Nicola Irving y élabore des recettes qui séduisent les papilles, certes, mais c’est sur les étals des marchés qu’elle a trouvé l’ingrédient essentiel à la recette du succès pour sa petite entreprise familiale.

« Ça prend beaucoup d’argent, de temps et d’expertise de se lancer tout seul dans le commerce de détail, et nous n’avions rien de cela », raconte-t-elle.

De la publicité aux produits, en passant par les équipements, « le marché s’occupe de tout », en plus d’offrir une vitrine à moindre coût qui a pignon sur rue, explique-t-elle.

Sans les marchés fermiers, nous n’existerions pas aujourd’hui.

Nicola Irving

À l’image des Irving, d’autres petits producteurs locaux se servent des marchés agricoles comme d’un incubateur pour leur entreprise en démarrage.

« En interagissant directement avec leurs clients, ils peuvent définir rapidement quels sont les produits qui marchent », explique Dan Young, le président de l’Association des marchés agricoles de l’Alberta.

Un laboratoire pour les ventes

Quand Johwanna Alleyne a quitté le monde de la photographie pour celui des fruits et légumes marinés, elle ne savait pas où poser les limites de sa créativité.

Une femme noire est en train de filtrer une sauce dans une passoire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Johwanna Alleyne, propriétaire de Mojo Jojo Pickles.

Photo : CBC

Au début, ses conserves, qui devaient être des produits phares, ne se vendaient pas comme des petits pains. C’est à coups d’essais et d'erreurs qu’elle a réussi à trouver sa place.

« Je n’aurais pas pu m’adapter sans les petits marchés qui m’ont permis de tester et d’adapter mes produits », affirme la propriétaire de Mojo Jojo Pickles depuis sept ans.

Avec le temps, Johwanna Alleyne a appris à adapter ses produits au goût de ses clients. Elle décline ses mets dans toute une gamme de spécialités culinaires, allant des légumes au vinaigre aux gelées de fruits. Autant de produits de niche grâce auxquels elle peut aujourd’hui se démarquer.

« Ça peut être difficile de se faire un nom dans les marchés en tant que nouveau vendeur, à moins de proposer un produit que personne d’autre ne vend », pense celle qui était la seule à offrir des légumes marinés quand elle a commencé.

Si elle dit avoir pu consolider une base de clients réguliers dans les marchés, elle délaisse petit à petit les étals pour se concentrer sur la vente en gros de ses conserves.

« Il est impossible de ne vivre que des marchés fermiers en étant une petite entreprise individuelle », explique-t-elle.

Jowhanna Alleyne ne compte toutefois pas céder sa place de sitôt au marché du Vieux Strathcona, car elle ne renoncerait pour rien au monde au contact direct avec ses clients. Et c’est un lieu où elle peut réseauter avec de futurs distributeurs, et donc espérer diversifier ses lieux de vente.

Dan Young, lui, est habitué au départ des vendeurs qui souhaitent voir plus grand. Il perçoit cette rotation chez les marchands comme un cycle naturel.

« Quand ils s’en vont pour commercialiser leurs produits ailleurs, cela fait de la place pour d’autres vendeurs qui veulent faire leur entrée au marché », dit-il.

Chez les Irving, en revanche, les marchés restent le lieu de vente privilégié.

Plus de 10 000 personnes qui ont fait le choix de consommer des produits locaux déambulent dans les allées des marchés du centre-ville d’Edmonton, estime Nicola Irving. « Nous n’aurions jamais autant de clients potentiels dans une [épicerie fine] », note-t-elle.

Le couple Irving, qui a engagé des vendeurs, écoule la moitié de sa production au marché. « C’est un revenu considérable », explique Nicola Irving.

Aujourd’hui, le reste des ventes des Irving se répartit à parts égales entre l’approvisionnement de restaurants et les livraisons à leurs clients vivant dans la région de Calgary.

Avec les informations de Josee St-Onge

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