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Pénurie de main-d’œuvre : une nouvelle réalité pour les centres d’aide à l’emploi

Un jeune utilise un ordinateur au Carrefour Jeunesse Emploi de Haute-Gaspésie

Un jeune se cherche de un emploi au Carrefour Jeunesse Emploi Haute-Gaspésie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Fini l'époque où les chercheurs d'emplois devaient multiplier les appels et distribuer des dizaines de CV pour se trouver un emploi. C'est maintenant au tour des employeurs de se tourner vers les centres d'aide à l'emploi pour trouver du personnel, une nouvelle réalité qui appelle à changer la vocation de ces organisations.

Un texte d’Édith Drouin

La pénurie de main-d’œuvre actuelle se fait sentir partout dans l’Est-du-Québec, surtout dans le secteur des services et de la vente.

Le problème force même des restaurants à fermer plus tôt à la fin de la saison touristique et à réduire leurs heures d’ouverture.

Le manque de travailleurs se manifeste également dans des emplois plus techniques et spécialisés. Le directeur du Carrefour Jeunesse Emploi Haute-Gaspésie, Jasmin Roy-Rouleau, explique par exemple qu’il manque de travailleurs sociaux et de graphistes dans sa région.

Moins de chercheurs d’emplois, moins de financement

La pénurie de main-d’œuvre se traduit par une diminution importante de la clientèle dans certaines organisations comme Action Travail Rimouski-Neigette à Rimouski.

Luc Robillard, le directeur général d’Action Travail Rimouski-Neigette, explique que les travailleurs ont plus de facilité à se trouver du travail à l’aide d’outils disponibles en ligne.

Affiche de l'organisme Action Travail Rimouski-NeigetteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'organisme Action Travail Rimouski-Neigette a dû diminuer son personnel en raison d'une diminution de clientèle.

Photo : Radio-Canada

Les chercheurs d’emplois participent moins à certains programmes, comme les clubs de recherche d'emploi qui durent trois semaines, et utilisent davantage les services à la carte et rapides, comme de l'aide pour faire un CV et une lettre de présentation.

Ces changements signifient une baisse de financement et donc, de personnel. Luc Robillard indique que son organisation est passée de 15 employés à temps plein en 2011 à sept, dont certains à temps partiel, aujourd’hui.

Comme on est à coût forfaitaire, coût clients, donc moins qu'on a de clients, moins qu'on a de ressources financières et donc moins de ressources humaines.

Luc Robillard, directeur général d'Action Travail Rimouski-Neigette

Luc Robillard explique que jusqu'en 2010, les bailleurs de fonds comme Emploi Québec et Service Canada les payaient en coûts réels en fonction des services qu'ils proposaient.

La situation est semblable au Carrefour Jeunesse Emploi Haute-Gaspésie, une région où les jeunes sont de moins en moins nombreux.

Le directeur de l'organisation, Jasmin Roy-Rouleau, explique que leur financement de base a diminué et que le gouvernement distribue maintenant l'argent davantage en fonction des projets, qui peuvent seulement voir le jour avec une clientèle suffisante.

Les Carrefours Jeunesse Emploi profitent donc de la campagne électorale pour demander aux partis politiques de leur redonner un financement de base plus substantiel.

Offrir des services pour combler la pénurie

Malgré cette baisse de clientèle, les centres d’emploi sentent toujours la nécessité d’exister pour offrir des services qui permettent d’amoindrir les conséquences de la pénurie de main-d’œuvre.

Jasmin Roy-Rouleau voudrait par exemple développer des programmes pour attirer et retenir les jeunes en Haute-Gaspésie, puisqu’il ne manque parfois qu’un ou deux travailleurs dans un domaine pour combler la « pénurie » de main-d’œuvre.

Jasmin Roy-Rouleau, directeur du Carrefour Jeunesse Emploi Haute-Gaspésie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jasmin Roy-Rouleau, directeur du Carrefour Jeunesse Emploi Haute-Gaspésie.

Photo : Radio-Canada

« On n'a pas besoin de 10 dentistes en Haute-Gaspésie pour pouvoir combler le service à la population, on a besoin d’un nouveau dentiste, pour venir prendre la clientèle qui présentement n’est pas servie par les dentistes en place. C’est ça la réalité d’une région où souvent, une personne avec les qualifications peut changer toute la dynamique locale, » explique Jasmin Roy-Rouleau.

L’organisation se concentre aussi de plus en plus à former les personnes qui n’ont jamais travaillé à intégrer le marché de l’emploi.

Les centres d’emplois sont aussi de plus en plus plus sollicités par les employeurs qui cherchent du personnel. Ces derniers voudraient donc mettre en place des services pour aider ces employeurs et les encourager à utiliser des programmes existants qui pourraient les aider à combler leurs besoins.

La directrice générale d'Action-Emploi Sept-Îles, Lena Simard, fait par exemple illusion aux programmes d'apprentissage en milieu de travail. Elle remarque que les entreprises n’ont plus assez le réflexe de former leurs employés en entreprise.

Les programmes d’apprentissage en milieu de travail seraient la clé. De plus, travailler avec les aptitudes et les intérêts et de former en entreprise.

Lena Simard, directrice générale d'Action-Emploi Sept-Îles

Le programme d’apprentissage en milieu de travail permet aux entreprises de former leurs employés dans 67 différents métiers, dont boucher, mécanicien industriel et soudeur.

Selon Lena Simard, les modules pour les programmes sont déjà conçus et les employeurs obtiennent des crédits d’impôt lorsqu’ils y participent.

Bas-Saint-Laurent

Emploi