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Les transports s'invitent parmi les priorités électorales au Québec

Des jeunes font la file pour entrer dans l'autobus.
Le transport en commun peut être fastidieux lorsqu'on habite dans la banlieue nord de Montréal. Photo: Radio-Canada / Jérôme Labbé
Radio-Canada

Si la santé et l'éducation trônent toujours au sommet des priorités des Québécois en vue des élections générales, un autre enjeu, celui des transports – les transports en commun, surtout –, interpelle de plus en plus les électeurs. Et les partis politiques, eux, multiplient les promesses dans le but de répondre à leurs préoccupations.

Un texte de Jérôme Labbé

Terminus de Terrebonne, 8 h. Kerry-Ann Jean-Noël, 21 ans, marche d’un pas décidé vers son autobus, qu’elle ne veut surtout pas manquer. Son lieu de travail, à Longueuil, est à deux heures de route en transport en commun, explique-t-elle.

« Ici, les bus passent aux heures ou aux 30 minutes. Si tu le manques, tu viens de manquer ton trajet, et là, il faut que tu t’arranges. »

Ce qu’elle souhaiterait, c’est de la rapidité. Et plus d’autobus, si possible. « Parce que les bus, ici, sont vraiment achalandés. »

David Leblanc, qui attend l’autobus pour se rendre à la station de métro Montmorency, fait le même constat. « Le pire, c’est le métro », dit-il. Car une fois le trajet Terrebonne-Laval terminé, le jeune homme, qui travaille à Ubisoft, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, devra s’entasser avec les autres usagers dans les wagons de la ligne orange pour se rendre jusqu’à la station Laurier – un trajet total d'une heure et quart.

Il garde toutefois espoir que la situation s’améliorera bientôt. « J’imagine que ça va sans doute aller mieux, à force d’en parler… »

En faire plus pour le transport en commun, c’est une bonne chose.

David Leblanc, usager du transport en commun

Réseau express métropolitain (REM), ligne rose, prolongement de la ligne bleue, de l’autoroute 19… Les ambitieux projets de transport en commun ne manquent pas dans le Grand Montréal. Ni dans la région de Québec, d’ailleurs, où le maire Régis Labeaume souhaite mettre en place un Réseau structurant de transport en commun, et où l’on parle de plus en plus de construire un troisième lien vers Lévis.

Selon une étude du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) dévoilée le 31 mai dernier, 83 % des Québécois « aspirent à voir se développer de grands projets de transport en commun ».

De même, dans un sondage Léger 360 mené le mois précédent, 7 % des répondants de Montréal et de Québec allaient jusqu’à dire que la question du transport en commun et des embouteillages était leur priorité pour la campagne électorale.

M. Cousineau Morin devant un autobus.Le directeur de Trajectoire Québec, Philippe Cousineau Morin, était présent lundi matin pour le point de presse du Parti québécois. Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

« Les ménages dépensent 20 % de leur budget en transport, […] c’est pour ça que c’est devenu une préoccupation des citoyens, et c’est pour ça que tous les partis ont des propositions », explique Philippe Cousineau Morin, directeur de Trajectoire Québec, une association d’usagers du transport en commun.

Patrick Bonin, de Greenpeace, abonde dans le même sens. « C’est une tendance lourde et les dernières élections municipales l’ont démontré clairement, autant à Montréal que partout ou presque à travers le Québec, observe-t-il. C’est rendu une question incontournable et c’est très comprenable, parce que ce n’est pas juste une question de transport : ça touche l’économie, la qualité de vie des gens, le temps disponible, la santé des populations, etc. »

Trajectoire Québec et Greenpeace font partie des 11 groupes environnementaux et citoyens qui ont présenté au printemps une liste de 23 propositions en matière d’environnement, de transport et d’aménagement pour le Québec en vue des élections générales. Cette coalition suggère notamment d’adopter un plan pour réduire d’au moins 50 % les émissions de GES dans le secteur des transports d’ici 2030 à partir du niveau actuel.

Ce que les partis promettent

Les réponses des partis à ces 23 propositions n’ont pas encore été dévoilées. Mais à un mois du scrutin, leurs orientations en matière de transport commencent à se cristalliser.

Le Parti québécois, par exemple, remplacerait le REM par une combinaison de tramways, de bus et de trains – un plan baptisé « Le grand déblocage », dont le volet covoiturage a été dévoilé lundi matin.

M. Lisée derrière un lutrin. « Libérez-vous des embouteillages », peut-on lire sur un écran à ses côtés.Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a fait un arrêt à Terrebonne, lundi matin, pour dévoiler le volet covoiturage du Grand déblocage. Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

La formation Québec solidaire, de son côté, est la seule à s’opposer au troisième lien entre Québec et Lévis. Elle a réitéré sa position samedi dans la capitale. L'une des promesses phares du parti est aussi d'abaisser de 50 % les tarifs du transport collectif.

La Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec n’ont pas encore fait de promesses en matière de transport depuis le début de la campagne électorale. Mais elles ne sauraient tarder.

Parmi ses grandes orientations, la CAQ promet entre autres de s’attaquer à la congestion routière et de « multiplier les options de transport en commun ». « Un gouvernement de la CAQ, écrit-elle, appuiera notamment la réalisation du REM, le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, le développement de nouveaux corridors d’autobus et de voies réservées, une augmentation de l’offre de stationnements incitatifs et le covoiturage. »

La CAQ demeure toutefois le seul parti à s’opposer au projet de ligne rose du métro de Montréal, une promesse phare de Projet Montréal lors de la campagne électorale qui a mené à la victoire de sa candidate Valérie Plante, en novembre 2017. Les trois autres grands partis souhaitent que l’étude de faisabilité du projet, qui a reçu l’aval du gouvernement le mois dernier, soit menée à terme.

Enfin, la résolution-cadre du congrès du PLQ, votée en novembre 2017, prévoit qu’un gouvernement libéral « agisse activement en faveur d’une plus grande fluidité du transport dans la grande région de Montréal afin de limiter les impacts de la congestion routière sur l’économie, la santé et l’environnement ». Elle engage également le parti à faire du transport en région « une priorité », notamment « en élaborant dans les zones peu denses une politique des transports en commun ambitieuse et de qualité ».

Mais pour Claudette Sirard et son mari, croisés lundi matin au terminus de Terrebonne, tout ça n’a plus d’importance. Retraités, ils ne vont plus que rarement à Montréal.

« On les plaint, ceux qui voyagent soir et matin! » s’exclamait Mme Sirard.

Avec la collaboration de Gabrielle Proulx

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