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Une solution de Minneapolis pour rendre les sentiers sûrs à Winnipeg?

Un large sentier pour vélo entouré de végétations, sur lequel circulent quelques personnes.
La coalition qui s'est penchée sur la sécurité d'un sentier cycliste à Minneapolis a utilisé une approche en plusieurs volets, dont l'installation de jardins et d'art public, et l'organisation de patrouilles de bénévoles. Photo: Soren Jensen

La Ville de Minneapolis, aux États-Unis, a-t-elle trouvé une solution dont pourrait s'inspirer Winnipeg pour rendre ses sentiers et ses espaces publics plus sécuritaires? C'est ce que croit David Pensato, le directeur général de la zone d'amélioration commerciale du Exchange District, dans le centre-ville de Winnipeg.

La sécurité des piétons — et en particulier des femmes — est à l’ordre du jour dans la capitale manitobaine depuis qu’une femme de 18 ans a été victime de vol et d’une agression sexuelle grave, la semaine dernière, juste avant 18 heures, alors qu’elle était sur un sentier près du pont situé au croisement de la rue Main et de l’avenue Assiniboine, à l’est du parc Bonnycastle.

Un sentier longeant une rivière. Au premier plan, on voit à gauche des escaliers. Au fond de la photo, on voit que le sentier passe sous un pont. On voit aussi la silhouette de deux personnes qui y circulent à pied. Selon la police de Winnipeg, une femme a été agressée sexuellement sur un sentier riverain, au sud de l'escalier menant à la rue Main et près du parc Bonnycastle, peu avant 18 h, le 21 août dernier. Cette agression a suscité des questions sur la sécurité des sentiers. Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton /

David Pensato croit que l'expérience d'une coalition de groupes et de citoyens à Minneapolis, le Midtown Greenway Coalition, pourrait inspirer les Winnipégois dans la recherche de solutions pour rendre les sentiers plus sûrs.

L’exemple de Minneapolis

La criminalité était un réel problème sur le Midtown Greenway de Minneapolis, un sentier urbain pour bicyclettes de 9 kilomètres, jusqu’à ce que la Ville et d’autres organismes s’engagent à en faire un endroit plus sûr.

Ainsi, 29 téléphones bleus pour les cas d’urgence ont été installés le long du sentier. Ils sont munis d’un bouton de panique rouge qui permet de contacter immédiatement le 911.

Selon le directeur général de la Midtown Greenway Coalition, Soren Jensen, ces téléphones ont joué un rôle clé pour rendre le sentier plus sûr. Toutefois, l’effet de dissuasion le plus efficace pour contrer la criminalité dans un lieu public, précise-t-il, c’est de faire en sorte qu’il soit fréquenté.

« Quand un espace public peut avoir plusieurs usages, ça permet d’y amener plus de gens qui y font différentes activités, et ça maintient la criminalité à un niveau plus bas », explique-t-il.

« La seule installation des téléphones ne suffisait pas, poursuit Soren Jensen. Ça prenait une approche plus complète pour voir comment on rend un espace plus vivant, comment on incite plus de gens à l’utiliser 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C’est de cette façon qu’on maintient la criminalité à un bas niveau. »

Un poteau bleu sur lequel le mot urgences en anglais (Emergency) est écrit et qui est un téléphone muni d'un bouton de panique rouge. À Minneapolis, 29 téléphones bleus comme celui-ci ont été installés le long du sentier Midtown Greenway pour que les gens puissent facilement appeler le 911 en cas de danger. Photo : Soren Jensen

L’approche de la Coalition comprenait donc aussi des éléments d’art public, un éclairage public plus fort et des patrouilles de bénévoles à vélo.

On enregistrait auparavant deux ou trois agressions graves par an sur ce sentier, selon Soren Jensen, alors qu’il y en a eu une seule au cours des trois dernières années.

Une idée pour Winnipeg?

David Pensato raconte qu'il a emprunté le Midtown Greenway il y a quelques années alors qu’il participait à un congrès à Minneapolis.

« J’étais dans une section du sentier où je me sentais vraiment mal à l’aise, dit-il, jusqu’à ce que je vois les téléphones avec les boutons de panique. Et je me suis dit : wow! quelle bonne idée! »

Ces téléphones pourraient avoir un effet dissuasif réel sur le crime à Winnipeg, croit-il : « Quand les gens se sentent davantage en sécurité, ils sont plus nombreux à utiliser ces sentiers, ce qui a pour effet d’augmenter encore le sentiment de sécurité. »

David Pensato n’a pas officiellement parlé de ces téléphones aux responsables municipaux, mais il compte bien le faire.

Pas de lien entre le agressions et les sentiers?

D'autres affirment cependant qu'au lieu d'améliorer l'infrastructure, il faudrait plutôt se pencher sur le problème social de l'agression sexuelle.

« C'est sûr et certain qu'il y a des améliorations à faire, mais le lien entre les agressions sexuelles et les sentiers n'existe pas », estime Anders Swanson, directeur général de Winnipeg Trail.

« En faisant ce lien, on évite de parler des choses comme elles sont, dit-il. La façon dont les sentiers sont aménagés n’est pas la cause des agressions; les responsables, ce sont les agresseurs ».

Le conseiller municipal de Saint-Boniface Mathieu Allard, qui défend lui-même un projet de sentier pédestre le long de la rivière Rouge, se veut, de son côté, rassurant.

« Le nouveau sentier de la promenade Taché et la tour seront plus ou moins au niveau de la rue. Il y aura des lampadaires décoratifs pour illuminer le chemin », indique-t-il.

Avec des informations de Danelle Cloutier, CBC

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