•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Face aux populismes, Macron s’accroche

Gros plan sur le visage d'Emmanuel Macron, de profil.
Emmanuel Macron entame la deuxième année de son mandat à la tête de l'État français. Photo: Reuters / Gonzalo Fuentes
Yanik Dumont Baron

ANALYSE - Le vent semble avoir tourné pour Emmanuel Macron. Fraîchement élu, le président français passait pour le jeune prodige qui allait vaincre les forces populistes et sauver le projet européen. Il semble maintenant davantage seul dans son combat, alors qu'il entame la deuxième année de son mandat.

Il y avait une pointe de défi dans la voix d’Emmanuel Macron lorsqu’il s’est adressé aux 250 ambassadeurs français réunis à l’Élysée, lundi, pour faire le point sur les grandes orientations diplomatiques de la France.

« Les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés », a-t-il convenu, parlant de la montée en puissance des forces populistes dans plusieurs pays européens.

« Est-ce une raison pour abandonner? » a demandé le président français. « Serait-ce une raison pour dire que nous avons tort? Au contraire. »

Emmanuel Macron n’entend pas reculer. Ni devant les populistes italiens ni devant le président américain Donald Trump.

Il demeure fermement partisan du multilatéralisme et favorable à l’Union européenne.

S’ajuster devant les Américains

Le chef de l’État français se voit tout de même forcé de s’ajuster à ces vents de colère et de scepticisme qui soufflent sur les gouvernements et les grandes institutions.

Après tout, aucun de ses arguments n’a convaincu Donald Trump de respecter l’accord de Paris sur le climat ou celui sur le nucléaire iranien.

Et ces jours-ci, les États-Unis ressemblent davantage à un rival qu’à un allié de la France et de l’Europe.

Emmanuel Macron s’ajuste, donc. Il parle d’une Europe qui doit maintenant assumer seule sa défense collective et « ne plus remettre sa sécurité aux seuls États-Unis ».

C’est un peu ce qu’avait dit la chancelière allemande il y a quelques mois.

Et pour le président français, la sécurité de l’Europe – et avant tout la lutte contre le terrorisme – passera aussi par une meilleure collaboration avec la Turquie et la Russie de Vladimir Poutine, ce qui devrait faire sourire à la Maison-Blanche.

À ses yeux, voilà une occasion de renforcer le Vieux-Continent, d’en faire un véritable joueur sur la planète.

« Je ne crois pas que la Chine ou les États-Unis d’Amérique pensent que l’Europe est une puissance avec une autonomie stratégique comparable à la leur », dit Macron.

Se dépasser en affrontant les vents populistes

Le président français voit dans le Brexit et les tweets cinglants du président américain le « malaise avec la mondialisation contemporaine qui s’exprime », une mondialisation dont il faut « repenser les règles et les usages compte tenu, justement, de ces échecs ».

Emmanuel Macron clame haut et fort qu’une Europe unie peut répondre aux problèmes identifiés par ses citoyens, tant en Suède qu’en Italie qu’en Roumanie. Que cette union de pays disparates peut être « au cœur de la réponse ».

Tout un défi, alors que bien des citoyens ont déjà conclu que l’Union européenne ne pouvait pas fonctionner pour eux.

Au printemps prochain, ces derniers seront d’ailleurs appelés aux urnes pour les élections du Parlement européen, un scrutin qui pourrait bien prendre la forme d’un référendum sur le multilatéralisme et la collaboration entre États sur le Vieux Continent.

Yanik Dumont Baron est correspondant à Paris.

Politique

International