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Les libéraux « veulent me démoniser », déplore Legault

Plan moyen des trois politiciens dans un parc.

François Legault et les candidates Isabelle Charest (à gauche) et Geneviève Hébert (à droite) soutiennent que le féminisme de la CAQ est sincère.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

François Legault qualifie de « job sale » la sortie des candidates libérales Christine St-Pierre et Marwah Rizqy, qui l'ont taxé dimanche d'être sexiste. Du même coup, les candidates de la Coalition avenir Québec (CAQ) refusent de se voir comme la manifestation d'un « féminisme de façade ».

Un texte de Bernard Barbeau

M. Legault a estimé lundi que ces accusations sentaient la « panique » du côté libéral.

La seule affaire qui me surprend, c’est que Philippe Couillard laisse faire des sorties comme ça.

Une citation de : François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

« Si j’avais une candidate qui avait dit ce que Christine St-Pierre a dit, elle aurait reçu un coup de téléphone, a ajouté le chef de la CAQ. […] C’est ridicule. Est-ce que M. Couillard a placé un appel? Ou encore pire : est-ce que c’est lui qui a demandé à Christine St-Pierre de faire cette sortie? Est-ce qu’il se promène comme un homme pur, mais envoie d’autres personnes faire des jobs sales? »

Quoi qu’il en soit, Mme Rizqy est revenue à la charge lundi matin sur Twitter : « Le féminisme de façade de la CAQ se manifeste à nouveau aujourd’hui avec le musellement de la candidate Marguerite Blais empêchée de débattre et le retour des bébés bonus de François Legault. »

Elle faisait référence à un article du Soleil avançant que Mme Blais s’est désistée d’un débat auquel elle devait participer dans sa circonscription parce qu’elle en aurait reçu la directive de la direction de la CAQ.

François Legault a assuré qu’il n’est pas question d’empêcher Mme Blais de s’exprimer.

Si celle-ci n’est pas en mesure de participer à un troisième débat – elle a déjà confirmé sa participation à deux autres exercices du genre –, c’est parce qu’« elle a déjà une activité cette journée-là. Et c’est Marguerite qui décide si, oui ou non, elle fait des débats. Ce n’est pas moi. Je n’étais même pas au courant de ce débat-là. »

Des candidates « de façade »?

Les trois politiciens marchent dans un parc.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

François Legault et les candidates Isabelle Charest (à gauche) et Geneviève Hébert (à droite) soutiennent que le féminisme de la CAQ est sincère.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

M. Legault était accompagné de deux candidates caquistes quand il s’est adressé aux médias, à Bromont, en Montérégie, pour promettre une « allocation famille ».

L'ancienne patineuse de vitesse Isabelle Charest, qui se présente dans Brome-Missisquoi, a qualifié le discours émanant du camp libéral de « malheureux ».

Je pense que les femmes ont fait beaucoup de chemin en politique. On a le parti qui présente le plus de candidates. Et ça, j’en suis très fière.

Une citation de : Isabelle Charest, candidate caquiste dans Brome-Missisquoi

L’entrepreneure Geneviève Hébert, candidate dans Saint-François, a elle aussi souligné que la CAQ est le parti qui compte le plus de femmes candidates, soit 65.

« C’est historique, a-t-elle dit. […] M. Legault avait donné sa parole qu’il ferait tout son possible et c’est mission accomplie. »

En entrevue à ICI RDI, Lise Lavallée, candidate dans Repentigny, députée sortante et porte-parole de la CAQ en matière de condition féminine, a parlé d'un « dérapage » de la part de Mmes St-Pierre et Rizqy.

« [François Legault] a toujours donné une belle place aux femmes », a-t-elle affirmé.

L'individu « raciste », « homophobe », « antiféministe » qui est parfois dépeint, « ce n’est vraiment pas l’homme que je connais », a soutenu Mme Lavallée.

J’ai le plus grand respect pour mon chef et il a le plus grand respect pour les femmes.

Une citation de : Lise Lavallée, candidate caquiste dans Repentigny

« Et c’est lui qui voulait avoir beaucoup plus de femmes en politique, et il est très content du résultat qu’on lui a livré », a-t-elle poursuivi.

Plan rapproché de Mme Lavallée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lise Lavallée s'est portée à la défense de son chef.

Photo : Radio-Canada

François Legault a estimé que si plus de femmes sont élues à l’Assemblée nationale, « ça va se refléter dans le ton, mais aussi dans les choix qui vont être faits par le gouvernement, des choix, entre autres, pour s’assurer qu’on vise vraiment l’égalité entre les hommes et les femmes. […] Je veux qu’au Québec, les femmes soient à tout point de vue égales aux hommes. »

Les accusations de sexisme sont venues après que la CAQ eut publié des textos de Gertrude Bourdon, écrits avant qu'elle se lance en politique avec les libéraux.

M. Legault a indiqué qu'il n’hésitera pas à rendre publics des échanges privés « si c’est de l’information d’intérêt public, qu’il soit question d’un homme ou d’une femme ».

Comparé à Trump

Quant à la comparaison avec le président américain Donald Trump que lui a faite Marwa Rizqy, le leader de la CAQ l’a trouvée insultante « d’une certaine façon ». « J’essaie toujours d’être respectueux », a-t-il expliqué.

« Ce qu’ils essaient de faire, a-t-il dit au sujet des libéraux, c’est de me démoniser. Je pense que les Québécois sont plus intelligents que ça. »

Le chef péquiste Jean-François Lisée s’est même porté à la défense de son adversaire.

Comparer un politicien québécois, quel qu'il soit, à Donald Trump, c'est odieux.

Une citation de : Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

« Donald Trump, c'est quelqu'un qui est accusé d'agression sexuelle par 19 femmes aux États-Unis. Et Donald Trump, c'est quelqu'un qu'on sait absolument – parce qu'on a entendu les enregistrements – qu'il tient des propos misogynes », a souligné M. Lisée.

Plan rapproché de M. Lisée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jean-François Lisée estime que les accusations de sexisme à l'endroit de François Legault et la comparaison avec Donald Trump ne sont pas fondées.

Photo : Radio-Canada / Bruno Giguère

Le leader du PQ a même réclamé de son vis-à-vis libéral Philippe Couillard qu’il « désavoue » Mme Rizqy, ce qui n’allait pas arriver.

« Dans ma formation politique, dans mon caucus, les femmes sont libres de s'exprimer comme elles le veulent, de toutes les façons qu'elles le veulent », a fait valoir M. Couillard.

Jean-François Lisée a semblé persuadé que Mmes St-Pierre et Rizqy ont servi de femmes de main aux hautes instances du PLQ.

« Il y a des hommes qui ont décidé d'envoyer une tonne de briques sur François Legault, a-t-il présumé. Et il y a deux femmes qui auraient dû, à mon avis, refuser. »

M. Lisée n’allait tout de même pas offrir des fleurs au chef caquiste.

« Ce n'est pas un homme qui est contre les femmes, c'est un homme qui manque de jugement », a-t-il dit un peu plus tard, lui reprochant notamment d’avoir divulgué des textos qui se voulaient privés.

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