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Le prix du logement au sommet des préoccupations à Toronto et à Vancouver

Une manifestation à Vancouver pour le logement abordable, un homme aux lunettes de soleil, barbe et kawé blanc et noir tient une pancarte en forme de maison avec écrit dessus : make housing a right
Des résidents de Vancouver se sont rassemblés en février, exigeant que les gouvernements en fassent davantage pour rendre les logements abordables et durables dans la ville. Photo: Radio-Canada / Tina Lovgreen

Un nouveau sondage de l'Institut Angus Reid auprès des résidents de Toronto et de Vancouver suggère que même les propriétaires des deux régions estiment que le prix de l'immobilier est devenu « déraisonnablement élevé ». Ils pensent que les gouvernements devraient en faire davantage pour faire baisser les prix, qui nuisent aux deux villes, selon eux.

Depuis 2015, Angus Reid mesure un « indice de souffrance », c'est-à-dire la difficulté qu'ont les personnes interrogées à surmonter certains défis au quotidien.

Bien que les réponses diffèrent quelque peu dans chaque ville, la majorité des répondants considèrent que le logement est leur principale préoccupation.

À Toronto, le prix du logement a dépassé le transport et la circulation qui siégeaient au sommet des préoccupations en 2015. Il y a trois ans, 36 % des répondants mettaient le prix de l'immobilier en première place de leurs préoccupations. Ils sont maintenant 54 % à considérer qu'il s'agit de leur principale source de souci au quotidien.

C'est donc une progression de cet indice de souffrance dans les régions, dans laquelle Vancouver semble vraiment s'installer, résignée à vivre avec cette douleur chronique, explique le directeur d'Angus Reid, Shachi Kurt.

Toronto vue des îles, tour CN.Toronto vue des îles. Photo : Radio-Canada

De leur côté, les Torontois sont plus conscients de cet état de fait qu'il y a trois ans, selon Shachi Kurt.

Les prix des logements ont aussi considérablement augmenté ces dernières années, indique l'enquête.

Plus de la moitié des répondants croient que les prix des loyers sont trop élevés et que le gouvernement devrait intervenir. Le quart d'entre eux estiment que la baisse des prix devrait atteindre 30 %.

Méthodologie

Toronto : l'Institut Angus Reid a mené un sondage en ligne du 25 mai jusqu'au 5 juin 2018, parmi un échantillon représentatif aléatoire de 831 résidents adultes de la région du Grand Toronto qui sont membres de Maru Voice Canada.

Un échantillon de cette taille comporterait une marge d'erreur de +/- 3,4 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Vancouver : sondage mené du 25 au 29 mai parmi un échantillon représentatif aléatoire de 719 résidents adultes membres de Maru Voice Canada.

Marge d'erreur : +/- 3,7 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Tsur Somerville, chercheur principal au Centre for Urban Economics and Real Estate de l'Université de la Colombie-Britannique, se dit surpris de voir combien de propriétaires pensent qu'une baisse des prix de l'immobilier serait bénéfique.

Le message ici est qu'il s'agit d'un problème important qui doit être résolu, dit-il.

À Toronto, 56 % des propriétaires estiment que les prix actuels des maisons sont néfastes à la grande région de Toronto. Autrement, 13 % aimeraient voir les prix baisser de 30 % ou plus et 22 % souhaiteraient les voir baisser d'au moins 10 %.

Ces chiffres sont encore plus élevés à Vancouver, où près des trois quarts des propriétaires ont déclaré que le coût d'une maison était déraisonnablement élevé. Là bas, 20 % jugent que ces prix devraient baisser d'au moins 30 %, tandis que plus de 29 % des répondants demandent une baisse minimale de 10 %.

Quant aux locataires des deux villes, ils étaient davantage enclins à penser que les prix des logements étaient trop élevés et qu'ils devraient chuter de manière draconienne. Les jeunes répondants ainsi que les personnes à faible revenu partageaient la même opinion à ce sujet.

Un manifestant tient une pancarte lors d’un rassemblement pour les logements à Vancouver en février. Un manifestant tient une pancarte lors d’un rassemblement pour les logements à Vancouver en février. Photo : Radio-Canada / Tina Lovgreen

Les causes

À Vancouver, les investisseurs étrangers sont vus comme l'une des principales causes de cette augmentation des prix des loyers et des maisons. Arrivent ensuite les investisseurs fortunés, puis le lieu où l'on souhaite s'installer dans la ville.

À Toronto, c'est l'emplacement de la maison qui vient en tête de liste, suivi par les taux d'intérêt et enfin par les investisseurs étrangers.

Mais selon Nathan Lauster, professeur de sociologie de l'Université de la Colombie-Britannique, c'est le manque de logements et la nécessité de construire plus de maisons qui expliquent essentiellement cette hausse du coût du loyer.

Les Torontois et Vancouvérois prêts à l'action

Les résidents des deux villes aimeraient que leurs gouvernements interviennent davantage pour aider à réduire les prix, malgré un certain scepticisme selon lequel rien ne peut être fait, suggère le sondage.

Depuis 2015, les gouvernements provinciaux et municipaux des deux villes ont mis en place des mesures telles que des taxes supplémentaires pour les acheteurs étrangers. Dans la région métropolitaine de Vancouver, les prix des logements ont stagné et même chuté pour les maisons unifamiliales depuis l'application de ces mesures.

Certains résidents aimeraient toutefois que soit instaurée une taxe sur la spéculation pour ceux qui ne paient pas d'impôts dans leur province. Ils souhaiteraient aussi que le nombre de propriétés soit restreint pour les acheteurs étrangers.

À Toronto, 35 % des répondants ont déclaré que les prix actuels du logement avaient une incidence négative sur eux ou leur ménage. À Vancouver, ce nombre était de 44 %.

Avec les informations de CBC

Toronto

Immobilier