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Le PQ propose de développer un « Tinder » du covoiturage

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée

Le PQ entend réduire les embouteillages grâce à l'application qu'il veut lancer.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Radio-Canada

Le Parti québécois croit avoir trouvé une partie de la solution aux problèmes de circulation de Montréal et des autres grandes villes du Québec : le développement d'une nouvelle application mobile pour mettre en lien les usagers de la route. Un peu comme un « Tinder » du covoiturage, illustre son chef Jean-François Lisée.

Un texte de Jérôme Labbé (Nouvelle fenêtre) et François Messier

Le projet, évalué à 313 millions de dollars sur quatre ans, a été présenté par M. Lisée lundi matin dans la circonscription de Terrebonne, en banlieue de Montréal, où la congestion routière est un réel enjeu et où la Coalition avenir Québec de François Legault entend faire des gains le 1er octobre.

Il s'agit d'un second volet du projet de « grand déblocage » proposé par le PQ en mars.

Une prime monétaire serait offerte pour chaque trajet, tant au conducteur qu'à chacun de ses passagers; elle serait établie à 4 $ la première année suivant l'inscription – un « prix de lancement », a précisé M. Lisée – puis ramenée à 3 $ pour les années subséquentes. La part de l'automobiliste demeurerait stable même dans le cas où il transporterait plus d'un passager.

C’est probablement la mesure la plus forte pour réduire la congestion. Et vous savez le sentiment d’urgence qui nous anime face à ça. C’était un inconvénient; c’est devenu un fléau.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Quelques conditions devraient être remplies pour toucher ces primes, a précisé M. Lisée. Une courte distance minimale devra être franchie, et le déplacement devra être effectué à l'heure de pointe, d'un point A à un point B.

« On ne peut pas prendre ça pour faire Chibougamau-Montréal », a expliqué le chef péquiste. Qui plus est, « tu ne peux pas te promener toute la journée en covoiturage, ce n’est pas possible : tu ne peux pas faire du Uber déguisé avec ça », a-t-il ajouté. « Et c’est pour des gens qui n’habitent pas à la même adresse. »

Les transactions se feraient automatiquement grâce à l'application.

La mise en place de cette application constituerait « une mesure à coût nul », selon le chef péquiste, puisqu'elle serait financée non pas par de nouvelles enveloppes, mais plutôt par une réaffectation des sommes déjà allouées au Fonds vert.

« On redonne le Fonds vert aux Québécois », a plaidé Jean-François Lisée. « L'argent que vous mettez là-dedans, on va vous le redonner, pour que vous-même réduisiez les gaz à effet de serre. [...] On réoriente de l'argent qu'on a déjà, qui a été mal utilisé ».

La comparaison [avec Tinder] est un peu osée mais assez opportune, parce que c’est pour trouver un partenaire pour une courte distance. Ce n’est pas une décision de vie […] On peut arrêter quand on veut!

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois
Des voitures à perte de vue.

Les automobilistes étaient nombreux à faire la file sur l'autoroute 25, lundi matin, à la hauteur de Terrebonne.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Réduire les émissions de GES

Le Parti croit que cette application permettrait de retirer 150 000 véhicules des routes du Québec par année, dont 110 000 dans la région de Montréal. À terme, le projet pourrait notamment permettre d'augmenter la moyenne de 1,2 à 1,4 personne par voiture à l'heure de pointe du matin d'ici 2025.

Bien qu'il existe déjà des applications de covoiturage (comme Lift, par exemple), le PQ souhaiterait que le gouvernement du Québec détienne sa propre application, un peu à la manière de l'application Copilote, qui permet aux automobilistes de Québec de payer leur stationnement avec leur téléphone. Cette application a été développée par des étudiants de l'Université Laval, mais c'est la Ville de Québec qui en est propriétaire.

Le PQ n'entend pas que le gouvernement développe lui-même cette nouvelle application. Il s'agit plutôt de créer un agrégateur permettant de regrouper les usagers déjà présents sur les applications existantes et de les mettre en réseau.

La mesure a été présentée en point de presse lundi matin par M. Lisée, qui était pour l'occasion accompagné par quatre autres candidats péquistes du Grand Montréal, soit Mathieu Traversy (Terrebonne), Diane Gadoury-Hamelin (Masson), Marc-Olivier Leblanc (Les Plaines) et Daniel Breton (Saint-Hyacinthe).

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