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Une majorité des victimes d'agressions sexuelles droguées à leur insu, selon une étude

Une pancarte indiquant les urgences de l'Hôpital d'Ottawa.

Une majorité des personnes victimes d'agressions sexuelles venues consulter à l'Hôpital d'Ottawa disent avoir été droguées.

Photo : Radio-Canada / Danny Globerman/CBC

CBC

Des chercheurs ont découvert que 54 % des victimes d'agressions sexuelles admises à l'Hôpital d'Ottawa croyaient avoir été droguées.

Plus de la moitié des cas d'agression sexuelle traités à l'Hôpital d'Ottawa en 2015 concernaient des victimes qui soupçonnaient avoir été droguées, ce que montrent de nouvelles recherches.

Selon une étude publiée plus tôt ce mois-ci dans le Emergency Medicine Journal, l'équipe du Programme de soins aux victimes d'agression sexuelle ou d'abus par un partenaire de l'Hôpital d'Ottawa a signalé que 54 % des patients traités cette année ont déclaré avoir été drogués avant d'être agressés.

L’hôpital a interrogé 202 patients admis pour traitement médical à la suite d’une agression. Parmi ces 202 patients, 108 étaient victimes d'« agressions sexuelles facilitées par la drogue ».

Perte de mémoire

La Dre Kari Sampsel, la médecin qui dirige le Programme de soins aux victimes d'agression sexuelle ou d'abus par un partenaire à l'Hôpital d'Ottawa, a déclaré que les patients signalaient souvent des pertes de mémoire et qu'ils ne pouvaient pas se les expliquer.

« C'est ce que nous entendons le plus fréquemment. On me dit par exemple : "J'ai pris une demi-pinte, je me suis réveillé 12 heures plus tard et je ne me souviens de rien" », raconte Mme Sampsel.

Les tests toxicologiques révèlent souvent que les victimes ont été exposées à des sédatifs ou à d'autres médicaments altérant la mémoire, notamment le gamma-hydroxybutyrate ou GHB, ou la kétamine, ainsi qu'à des médicaments plus facilement disponibles tels que Gravol.

Pour Mme Sampsel, les voies de fait facilitées par la drogue sont encore un problème inquiétant. Selon elle, il existe des preuves que les prédateurs deviennent plus agressifs au fur et à mesure que la connaissance de leurs méthodes s'accroît.

De nombreuses victimes ne vont pas systématiquement à l'hôpital pour se faire soigner, a déclaré Mme Sampsel. Cependant, les victimes qui croient avoir été droguées sont plus susceptibles de demander un traitement médical.

Le centre a continué à collecter des données depuis 2015 et espère pouvoir suivre les grandes tendances à l'avenir.

Garder un oeil sur les personnes intoxiquées

Pour sa part, Sunny Marriner, directrice générale du Centre d'aide aux victimes de viol d'Ottawa, affirme que le personnel ne voit pas la même proportion de cas de patientes droguées à leur insu, mais elle sait que cela se produit.

« Cela ne représente pas la moitié des appels des victimes que nous recevons », a-t-elle soutenu.

Elle exhorte le public à protéger des amis ou des étrangers qui deviennent soudainement intoxiqués ou incohérents.

« Dans les espaces publics, on peut faire beaucoup pour essayer d'assurer la sécurité des autres », a-t-elle déclaré.

L'inspecteur Jamie Dunlop du Service de police d'Ottawa (SPO) n'a pas pu fournir de chiffres précis sur les agressions sexuelles associées à la drogue, mais il a déclaré que la police constatait qu'il existait des cas.

Des échantillons, des seringues et du matériel médical disposés sur une table.

Selon une autre étude de chercheurs de l'Hôpital d'Ottawa, peu de victimes remettent une trousse médico-légale à la police.

Photo : Radio-Canada / Teghan Beaudette/CBC

Selon une autre étude de l'Hôpital d'Ottawa, peu de victimes remettent une trousse médico-légale à la police.

Or, si les victimes en remettaient davantage, cela aiderait la police, croit Jamie Dunlop.

Ottawa-Gatineau

Santé publique