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Brian Gallant chahuté par des travailleuses de foyers de soins

«Ça nous prend nos heures aujourd’hui, pas en 2026», lance une femme à Brian Gallant.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pour une troisième journée de suite, Brian Gallant a fait des engagements en matière de santé. Toutefois, son annonce a été mal accueillie par des travailleuses, provoquant alors un échange vif entre elles et le politicien devant les journalistes venus assister à l'annonce.

Un texte d'Alix Villeneuve

De passage à Saint-Louis-de-Kent, le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick a annoncé qu’il comptait augmenter le nombre d’employés dans les foyers afin d’y offrir environ une demi-heure de soins supplémentaires par jour pour chaque patient d’ici 2022 et 2026.

En ce sens, il a promis d'établir une stratégie pour recruter davantage de personnel.

Toutefois, sa promesse a été mal accueillie par des travailleuses du Conseil des syndicats des foyers de soins du Nouveau-Brunswick. Le groupe juge que ces mesures sont trop portées sur le long terme.

Trois femmes, dont Nicole Duplessis, lors de l'annonce de Brian Gallant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Certaines travailleuses portaient un chandail ou un macaron à l'effigie de leur syndicat.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Portant un chandail avec l’inscription « Danger : avalanche de travail », elles se sont dites épuisées par leurs tâches. Peu après l’annonce de Brian Gallant, elles se sont précipitées vers le chef libéral.

« Ça n’a pas de sens! 2022, 2026. C’est aujourd’hui qu’on a des besoins », lui lance Nicole Duplessis, une travailleuse.

Elle souligne que de nombreux patients souffrent du manque de ressources et n'ont pas ce qu'ils méritent pour être traités dignement.

« Je comprends. On va faire notre possible. 3,3 heures en 2022 », répond Brian Gallant. « Ce n’est pas assez », ajoute une autre femme.

Trois femmes de dos discutent avec Brian Gallant. 

Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les femmes se sont précipitées vers Brian Gallant après l'annonce de sa promesse.

Photo : Radio-Canada

« Même si on augmentait le nombre d’heures travaillées demain, on n’a pas assez de personnes dans le système pour être capables de délivrer ça », mentionne plus tard le politicien aux travailleuses. « Vous êtes fatiguées, brûlées, on comprend ».

« On ne garde pas le staff parce que la charge de travail est trop dure », ajoute Janice Melanson, une autre travailleuse.

« C’est l’oeuf ou la poule. Si on n’embauche pas plus d’employés, on ne peut pas augmenter les heures de soins », leur répond le chef libéral, précisant qu’il est important de recruter davantage et d’augmenter les heures de façon parallèle.

Brian Gallant s'est entretenu avec elles environ cinq minutes.

Peu avant l'annonce, Nicole Melanson, l'une des femmes en question, a serré la main de Brian Gallant, ne laissant pas présager l'échange qui a suivi une dizaine de minutes plus tard.

Nicole Duplessis souriante a serré la main de Brian Gallant. La photo a été prise avant l'annonce. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Avant l'annonce de la promesse électorale, Brian Gallant et Nicole Duplessis se sont serré la main.

Photo : Radio-Canada

Investiture du chef

Cet échange vif survient la même journée qu'un important rassemblement de campagne à l'occasion de l'investiture officielle de Brian Gallant dans sa circonscription de Baie-de-Shediac-Dieppe.

Quelques centaines de militants et tous les candidats du Parti étaient sur place en après-midi pour applaudir leur chef. Le ministre libéral fédéral Dominic LeBlanc y a entre autres fait une allocution.

Le chef libéral fait son entrée lors du rassemblement. Il est chaudement applaudi par les militants. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brian Gallant, lors de son investiture, dimanche.

Photo : Radio-Canada

Il manque 3000 employés, souligne une experte

Suzanne Dupuis-Blanchard est professeure en science infirmière à l'Université de Moncton. Elle a fait une étude en 2016 sur la rétention et le recrutement de la main-d'oeuvre dans les foyers de soins du Nouveau-Brunswick.

Elle le confirme : la province est prise avec un manque important de ressources dans les centres de soins. Un manque qui risque d'augmenter puisque de nouveaux foyers de soins sont en construction.

On a besoin de 3000 employés de plus dans les prochains 5 à 10 ans.

Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure à l'École des sciences infirmières de l'Université de Moncton

Cette donnée, 3000 personnes, exclut celles qui pourraient prendre leur retraite. Dans une province comme le Nouveau-Brunswick, « c'est énorme », souligne la professeure.

Elle souligne que le problème est en partie causé par un manque d'intérêt des jeunes de s'investir dans une profession qui touche le vieillissement.

Suzanne Dupuis-Blanchard discute avec un journaliste. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Suzanne Dupuis-Blanchard est professeur en science infirmière à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

À propos de la promesse des libéraux d'augmenter le temps de soins offert aux patients, Mme Dupuis-Blanchard soutient que c'est une bonne chose, mais qu'il s'agit d'une solution tardive.

Il ne faut pas attendre dans cinq ans ou dans huit ans pour développer cette stratégie-là. Il faut absolument commencer dès maintenant.

Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure à l'École des sciences infirmières de l'Université de Moncton

« Je ne veux pas l'appeler une crise, mais on est presque rendus là, une crise de ressources humaines. »

À l'instar des travailleuses devant Brian Gallant, la professeure souligne qu'il y a aussi défi pour la rétention de la main-d'oeuvre.

On fait bien d'en recruter dans certains secteurs. Mais on ne peut pas les garder. Les gens ne restent pas.

Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure à l'École des sciences infirmières de l'Université de Moncton
Blaine Higgs visite une étable avec un homme portant un chapeau de cow-boy. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Blaine Higgs a participé à une foire agricole, mais n'a pas fait d'annonce officielle dimanche.

Photo : Radio-Canada

Blaine Higgs propose d'augmenter les salaires

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs était de passage à Saint-Marie-de-Kent pour participer à une foire agricole.

Interpellé par un journaliste sur ses promesses en matière de santé, le politicien a critiqué en anglais la stratégie des libéraux pour les foyers de soins. Selon le conservateur, « ils n'ont pour seul plan que de promettre davantage lors des élections ».

Il souligne qu'il faut davantage de personnes sur le terrain pour s'occuper des malades et des aînés. Sans donner de chiffre, il propose d'augmenter le salaire de ces travailleurs, pour les attirer et faire en sorte qu'ils gardent leurs emplois.

Il faut leur donner un salaire décent pour ce qu'ils font.

Blaine Higgs, chef du Parti progressiste-conservateur

Avec le vieillissement de la population, il soutient qu'il faut exploiter les occasions de faire une belle carrière dans les soins de santé.

Ricky Gautreau participe aux festivités de la fête agricole. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ricky Gautreau est candidat progressiste-conservateur dans Kent-Sud.

Photo : Radio-Canada

Le candidat conservateur dans la circonscription de Kent-Sud, Ricky Gautreau, souligne qu'une partie de la réponse à ce problème se trouve dans les soins à domicile.

Les aînés veulent rester dans leur maison. Il faut donner aux enfants les ressources pour qu'ils soient en mesure de donner les services.

Ricky Gautreau, candidat progressiste-conservateur dans Kent-Sud

Il s'agit de la quatrième journée de la campagne électorale. Le vote aura lieu le 24 septembre.

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale