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Un discours incendiaire sur le bilinguisme galvanise les troupes de Kris Austin

Le chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, discute avec des partisans lors du lancement de sa campagne, samedi, à Fredericton.
Le chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, discute avec des partisans lors du lancement de sa campagne, samedi, à Fredericton. Photo: Radio-Canada / Catherine Allard

Plus de 250 personnes ont assisté au lancement de la campagne de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick (AGNB), samedi soir à Fredericton. Le parti connu pour ses positions hostiles à l'égard du bilinguisme compte faire son entrée à l'Assemblée législative pour la première fois cette année.

Un texte de Catherine Allard

Le chef du parti, Kris Austin, veut s’attaquer à la façon dont le Nouveau-Brunswick perçoit le bilinguisme.

Il propose d’abolir le réseau de santé francophone, de mettre fin à la séparation des élèves francophones et anglophones dans les autobus scolaires et d’éliminer le Commissariat aux langues officielles.

Selon lui, le bilinguisme officiel représente un gaspillage de fonds publics. Les économies que nous ferons avec ça pourraient être réinvesties pour embaucher plus d’enseignants, de médecins ou d’infirmières, croit le chef.

M. Austin dirait que son parti n’est pas antibilinguisme, mais si on regarde ses politiques, ça s’en vient pas mal proche d’être ça. Les services francophones vont être de moins en moins [présents] et, à la longue, ça commence l’assimilation, croit le politologue Mario Lévesque, de l’Université Mount Allison.

Au moins 250 personnes ont assisté au lancement de la campagne de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, samedi soir à Fredericton. Au moins 250 personnes ont assisté au lancement de la campagne de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, samedi soir à Fredericton. Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Une foule en délire

Le message de Kris Austin résonne certainement auprès d’une partie des électeurs néo-brunswickois. L’enthousiasme et l’énergie dans la foule étaient palpables lors du lancement, samedi soir.

J’ai une opinion très forte là-dessus, parce que j’ai perdu un emploi, car je ne parlais pas assez bien français, malgré mes 17 ans d’expérience, raconte, en anglais, une participante, Mary-Faith Mazerolle.

Je pense que la dualité n’est pas une bonne chose, parce que ça coûte très cher, ajoute une militante du parti, Kathy Webb, également en anglais.

Kathy Webb et Faye King sont des militantes de l'Alliance des gens. Selon elles, le bilinguisme coûte trop cher.Kathy Webb et Faye King sont des militantes de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick. Selon elles, le bilinguisme coûte trop cher. Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Il n’y avait pas que des anglophones dans la salle. Le message de Kris Austin rejoint aussi certains francophones qui croient qu’il faut faire preuve de gros bon sens quand il est question de services en français dans la province.

Ça n’a pas de sens d’avoir un enfant anglais et un français, et d’avoir un autobus séparé, ça coûte cher, dit Suzanne Violette-Mullin, une francophone originaire d’Edmundston.

Marco LeBlanc est francophone et il appuie la campagne de Kris Austin. Marco LeBlanc est francophone et il appuie la campagne de Kris Austin. Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Un père de famille francophone croit pour sa part que le gouvernement ne devrait pas intervenir dans les enjeux linguistiques.

Mes enfants sont tous francophones. Ce sont les parents qui sont responsables d’apprendre le français aux enfants. Ce n’est pas le travail du gouvernement. Le gouvernement s’en mêle trop, croit Marco LeBlanc, originaire de Moncton.

Un premier siège à Fredericton?

L’AGNB reste un parti marginal qui n’a pas de réelle chance de former le gouvernement ni même l’opposition officielle, selon le politologue Mario Levesque. Il admet cependant que le chef a des chances de l’emporter dans sa circonscription, Fredericton-Grand Lake.

Le politologue Mario Levesque, de l'Université Mount Allison.Le politologue Mario Levesque, de l'Université Mount Allison Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Lors des dernières élections en 2014, Kris Austin est arrivé deuxième, à seulement 26 voix de la candidate élue du Parti progressiste-conservateur, Pam Lynch.

Cette année, l’AGNB performe mieux dans les sondages. Le parti a récolté 6 % des intentions de vote chez les électeurs décidés, selon le dernier sondage de la firme Corporate Research Associates.

Ils vont prendre des votes des conservateurs au Nouveau-Brunswick. On peut voir ça dans les sondages maintenant. Ça va continuer, je pense, d’ici au 24 septembre quand on va aller voter. Donc, c’est le parti conservateur qui va perdre là-dedans, croit Mario Levesque.

Des partisans interviewés lors du lancement de la campagne de l’Alliance ont affirmé avoir toujours voté pour le Parti progressiste-conservateur, mais qu’ils étaient prêts à changer d'allégeance lors de cette élection.

L'AGNB compte pour le moment 28 candidats. Lors des élections de 2014, ils étaient 17. D’ici au jour du scrutin, le 24 septembre, le chef compte surtout faire campagne dans les circonscriptions du sud de la province.

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