•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trump accuse les réseaux sociaux de partialité

Le logo du réseau social Twitter est placé derrière un drapeau des États-Unis.

Selon un sondage, 85 % des membres du Parti républicain et des électeurs plutôt à droite pensent que les réseaux sociaux censurent leur point de vue politique.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Donald Trump en est convaincu : les réseaux sociaux réduisent au silence des millions de voix conservatrices et il martèle ce message à ses 54 millions d'abonnés sur... Twitter, même si les spécialistes soulignent qu'il existe peu de preuves de ces accusations.

Vendredi encore, le président américain a tweeté sur ce thème.

« Les géants des réseaux sociaux réduisent au silence des millions de gens. Les gens ont le droit de décider de ce qui est vrai et de ce qui est faux, sans censure! », a-t-il lancé sur ce réseau social, dont il a fait son moyen de communication de prédilection pour contourner les médias qu'il accuse d'être malintentionnés à son encontre.

Quelques jours plus tôt, il avait déjà mené la charge contre des réseaux sociaux « totalement biaisés envers les voix républicaines conservatrices » et mis en garde : « Nous ne laisserons pas faire ».

Twitter, qui a 335 millions d'utilisateurs réguliers, et Facebook, qui en a 2,23 milliards, nient toute partialité politique dans la gestion de leur plateforme. En outre, plusieurs études montrent que les conservateurs prospèrent sur les réseaux sociaux.

Or, selon un sondage de l'institut Pew Research publié en juin, 43 % des Américains sont persuadés que les grandes sociétés de haute technologie penchent en faveur de la gauche plutôt que de la droite et 72 % pensent que les réseaux sociaux censurent activement les points de vue politiques opposés aux leurs.

Parmi les membres du Parti républicain et les électeurs indépendants plutôt de droite, ils sont 85 % à en être convaincus.

La question en audience

Les mesures prises au début d'août contre Alex Jones, le fondateur d'Infowars, un site conspirationniste qui s'est fait un nom en niant la réalité de la tuerie de l'école élémentaire de Sandy Hook qui a coûté la vie à 20 enfants, ont renforcé ce sentiment.

Il s'est vu privé d'accès à Facebook, Youtube, Apple et Spotify en une journée. Twitter l'a suspendu pour une semaine un peu plus tard.

Ces récriminations ont conduit le Congrès à se pencher sur la question et à organiser au moins une audition consacrée à la partialité des réseaux sociaux.

Le patron et co-inventeur de Twitter, Jack Dorsey, sera ainsi interrogé lundi devant une commission de la Chambre des représentants.

Récemment, il a reconnu lors d'une entrevue sur la chaîne CNN que son entreprise « penche plutôt à gauche », mais que cela ne se reflète pas sur la plateforme.

« La vraie question derrière la question est : "Agissons-nous selon une idéologie politique ou des points de vue?" La réponse est non. Point final », a affirmé M. Dorsey.

Influencer l'opinion publique

Pour Angelo Carusone, président de Media Matters for America, un observatoire des médias marqué à gauche, les conservateurs haussent le ton pour intimider les gestionnaires des réseaux et imposer leurs opinions.

« En essayant d'apaiser les critiques venues de la droite, les réseaux sociaux ont renforcé et validé ces critiques, bien qu'elles soient sans fondement », affirme M. Carusone, qui rappelle qu'une étude qu'il a menée avec la société d'étude des réseaux NewsWhip n'a révélé aucune partialité et [qu'elle a] démontré que les conservateurs étaient présents en force.

Mais à force de dénoncer, cela influence l'opinion publique, souligne Jeff Hemsley, professeur spécialiste de l'information à l'Université de Syracuse.

« Les conservateurs sont convaincus depuis longtemps que tous les médias sont de gauche. C'est un vieux reproche qu'ils appliquent maintenant aux réseaux sociaux. »

— Une citation de  Jeff Hemsley, professeur spécialiste de l'information à l'Université de Syracuse

Ce qui complique le débat est la façon dont les flux d'informations sont organisés.

Là où certains usagers voient de l'arbitraire, il s'agit en fait « d'algorithmes qui prennent en compte vos centres d'intérêt, vos habitudes, et ceux-ci peuvent influer sur ce que vous voyez », souligne Liz Woolery, analyste au Center for Democracy and Technology, un centre de réflexion.

Quels droits pour les entreprises?

Pour autant, les assauts du président et de sa base électorale posent nombre de questions sur les droits, mais aussi sur les obligations de ces réseaux sociaux, qui sont d'abord des entreprises privées.

« Même si les réseaux sociaux étaient partiaux contre les conservateurs - et rien ne prouve qu'ils le sont - ils auraient parfaitement le droit de le faire », tout comme Fox News ou Breitbart et leurs opinions de droite qui sont protégées par la Constitution, souligne Eric Goldman, le codirecteur du High-Tech Law Institute de l'Université de Santa Clara, dans un article sur son blogue.

Le professeur Hemsley estime qu'il y a un risque que le président tente de légiférer pour donner plus de contrôle au gouvernement sur les médias et les réseaux sociaux.

Pour Mme Woolery, il y a aussi le risque que les entreprises réagissent trop impulsivement. « Elles doivent veiller à ne pas créer plus de problèmes en aval. »

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !