•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le bruit des villes, de la nuisance aux risques pour la santé

Le reportage de Marie-Laurence Delainey
Radio-Canada

Les festivals, la circulation, les travaux publics... Le bruit devient une source de problèmes partout dans le monde, particulièrement dans les villes, qui accueillent de plus en plus d'habitants. Les métropoles des quatre coins de la planète sont à la recherche de solutions pour diminuer la pollution sonore.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

Du 23 au 26 août, c'est au tour de Saint-Lambert de faire un peu de pollution sonore avec son festival Saint-Lambert en fête.

« Après quatre heures de ce bruit-là hier, j'étais fatiguée », dit, avec le sourire, l'une des bénévoles.

Depuis des années, des résidents de la municipalité de la Rive-Sud dénoncent la pollution sonore provenant des spectacles présentés au parc Jean-Drapeau à Montréal.

Le maire de Saint-Lambert, Pierre Brodeur, en a assez des gens qui se plaignent : « Souvent, l'A-132 va faire plus de bruit que les spectacles sur Jean-Drapeau. Souvent, j'ai des gens qui vivent très bien avec une situation. D'autres me disent : "Vous m’avez enlevé mon havre de paix!" Madame, le havre de paix est en campagne. On est en ville, on est près d’une métropole. Il faut composer avec une certaine tolérance. »

Est-ce que les citoyens ont raison de se plaindre? Parfois oui, affirme le responsable du service environnement et santé à la Direction régionale de santé publique de Montréal, le Dr David Kaiser.

Le bruit peut être une nuisance si le voisin chante et on n’aime pas trop ça dans sa douche... Mais ça a des effets réels sur la santé et là, on parle d'exposition à long terme.

Le Dr David Kaiser, responsable du service environnement et santé à la Direction régionale de santé publique de Montréal

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le bruit environnemental peut, entre autres, perturber le sommeil et devenir un facteur de risque de maladies cardiovasculaires telles que l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux et les infarctus du myocarde.

L’OMS recommande un niveau de bruit maximal de 55 décibels le jour. La nuit, le nombre de décibels recommandés est de 40. Toutefois, devant la difficulté à atteindre cette cible en milieu urbain, elle propose plutôt, là aussi, une cible de 55 décibels.

« Ce qu'on estime à Montréal, c’est qu'environ 60 % des gens sont exposés la nuit à des niveaux de bruit qui dépassent les seuils qu’on connaît comme étant un problème pour la santé », ajoute le Dr Kaiser.

Ailleurs dans le monde

La plupart des grandes villes dans le monde sont confrontées au même problème.

L'entreprise allemande Mimi Hearing Technologies a tracé un palmarès des endroits où on trouve le plus de pollution sonore.

Après avoir fait passer des tests d'audition à 200 000 personnes dans 50 villes, elle a établi que Le Caire, New Delhi, Istanbul et Paris figuraient parmi les villes les plus bruyantes.

À l'opposé, Zurich, Vienne, Oslo et Munich sont celles qui présentent le moins de nuisance sonore.

En Suisse, pour remédier au problème, l’Office fédéral de l’aviation civile a choisi, cet été, de limiter le trafic aérien après 22 h à l’aéroport de Zurich.

Une enquête menée en 2016 démontrait que le niveau de bruit dépassait largement les limites permises entre 22 h et minuit.

La Norvège, elle, est souvent qualifiée de « royaume de la voiture électrique ». Une automobile neuve sur cinq y est 100 % électrique. Il n’est pas étonnant que sa capitale, Oslo, soit aussi calme.

Paris, pour sa part, tient une journée annuelle sans voiture. L'événement vise à sensibiliser la population à la pollution atmosphérique, mais aussi à la pollution sonore.

Le Conseil de Paris estimait en 2015 qu’environ 11 % des Parisiens demeuraient dans un environnement bruyant en raison de la circulation routière.

Montréal moins bruyante que Paris

L’an dernier, des étudiants à la maîtrise et au doctorat en études urbaines de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), ont parcouru à vélo les rues de grandes villes comme Mexico, Ho Chi Minh-Ville et Paris.

Munis de capteurs portatifs de pollution et de sonomètres, ils ont mesuré la pollution sonore de la circulation.

« À Montréal, la moyenne d'exposition des cyclistes était de 69,05 décibels; à Paris, 71,56, et à Mexico, 71,79. Les niveaux sonores enregistrés sont moins élevés à Montréal comparativement à Paris et Mexico. Cette différence est significative, statistiquement parlant », a expliqué le doctorant Jérémy Gelb.

Santé publique

Société