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Quand les femmes apprivoisent l'univers de la chasse avec des chiens pisteurs

Des teckels au kiosque de Louise Labranche, au Salon chasse, pêche, plein air de Rimouski.

Des teckels au kiosque de Louise Labranche, au Salon chasse, pêche, plein air de Rimouski

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Radio-Canada

Pour une sixième année, le Salon national chasse, pêche, plein air s'est ouvert au Centre des congrès de l'Hôtel Rimouski. La gent féminine y est bien présente, notamment pour promouvoir l'utilité des pisteurs ou des conducteurs de chien de sang : un domaine de plus en plus populaire auprès des femmes qui souhaitent intégrer le monde de la chasse.

Un texte de Laurence Gallant

Comme c'est le cas dans plusieurs milieux traditionnellement masculins, les femmes investissent de plus en plus l'univers des chasseurs.

L’organisateur du Salon national chasse, pêche, plein air de Rimouski, Ernie Wells, estime que la chasse devient une activité de plus en plus familiale.

Bon an, mal an, il y a 25 000 nouveaux certifiés du certificat du chasseur, dont 29 % de femmes, alors de plus en plus les femmes prennent leur place, affirme-t-il.

Un orignalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette année, 4635 permis de chasse à l’orignal ont été répartis entre plus de 60 000 résidents.

Photo : Radio-Canada

L’intérêt des chiens de sang

Pister ou conduire des chiens de sang est d’ailleurs devenu une porte d’entrée très populaire auprès des femmes vers la chasse.

Ces chiens pisteurs et leurs conducteurs sont appelés par un chasseur lorsqu’il veut retrouver un gibier qu’il a abattu, mais qu’il a perdu. Les chiens parviennent souvent à retrouver, par l’odorat, la trace d’un ours, d’un orignal ou d’un chevreuil blessé mortellement ou non.

L’Association des conducteurs de chiens de sang du Québec existe depuis une dizaine d’années et travaille activement à informer les chasseurs de leurs services, et à former de nouveaux conducteurs aux quatre coins de la province.

D’ailleurs, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie ont à eux seuls une trentaine de conducteurs de chiens de sang, des régions phares pour cette pratique encore récente.

Un conducteur et son chien de sang dans la forêtAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le conducteur de chien de sang Serge Ferron et son chien Irka

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Quand le chasseur a abattu sa bête et qu'il ne la retrouve pas, parce qu'elle ne saigne pas assez, avec ses yeux d'humain il n’est pas capable de la suivre. On arrive avec notre chien qu'on a entraîné et on vient tracer le chevreuil, l'orignal ou l'ours pour le récupérer s'il est mortellement atteint, explique Chantal Bellemare, présidente de l’Association des conducteurs de chiens de sang du Québec.

S'il est mortellement atteint, on a gagné à la loterie, tout le monde, parce qu’avec le chien, on a réussi à retrouver le gros gibier, dit-elle. Si jamais il est blessé, mais pas mortellement, c'est comme si le chasseur était allé à la confesse et là, il a l'esprit tranquille, et on lui a en même temps enseigné des petits trucs qu'il n’aurait pas su s'il ne nous avait pas fait venir.

Il faut faire équipe avec les chasseurs, il faut dégager la confiance, et les femmes, on a ce côté analytique, sensible, donc ça fait vraiment un beau mariage, cette passion-là avec la femme.

Chantal Bellemare indique que les femmes sont nombreuses à suivre la formation de conducteur de chien de sang.
Chantal Bellemare, présidente de l'Association des conducteurs de chiens de sang du Québec, en entrevueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chantal Bellemare, présidente de l'Association des conducteurs de chiens de sang du Québec

Photo : Radio-Canada

C'est autant pour l'homme que la femme, mais on dirait que ça a fait une place de choix à la femme dans le monde de la chasse, croit Chantal Bellemare.

De 10 à 15 % des gros gibiers abattus sont perdus, mais 40 % des gibiers blessés peuvent être récupérés.

Des moments d'émotion pour les chasseurs et les pisteurs

Rencontrée sur le site du Salon chasse pêche plein air, Louise Labranche est une éleveuse passionnée de teckels pisteurs.

Elle dit préférer sans aucun doute le pistage à la chasse, bien qu’intégrer le milieu, au départ, n’était pas facile.

Quand on regardait sur la liste des conducteurs disponibles, souvent, j'étais la dernière appelée à cause de mon nom, mais un coup qu'ils m'ont vue travailler, bien [il y a eu du] bouche-à-oreille, raconte Mme Labranche.

Louise Labranche avec un teckel, en entrevue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Louise Labranche élève des teckels pisteurs

Photo : Radio-Canada


Maintenant que sa réputation est faite, elle apprécie le pistage notamment pour les beaux moments que représente la découverte d’un gibier perdu.

De voir la face des gens retrouver leur gibier, ça n'a pas de prix.

Louise Labranche, éleveuse de chiens de sang

De gros messieurs qui ont les larmes aux yeux parce qu'ils sont contents de retrouver leur gibier, ça, on voit ça régulièrement, ajoute l'éleveuse et conductrice de chiens de sang.

Au Salon national chasse, pêche, plein air de Rimouski, jusqu'à dimanche, des experts et des détaillants de partout dans la province iront à la rencontre des mordus de chasse et de pêche, en plus de permettre à ces derniers de participer à différentes activités comme des dégustations et des essais de tir au laser.

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Bas-Saint-Laurent

Chasse et pêche