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La CAQ promet la prématernelle 4 ans pour tous et 50 000 places en garderie

François Legault et des membres de son équipe lors d'une conférence de presse.

François Legault affirme qu'un programme généralisé de prématernelle 4 ans permettrait de « libérer » 50 000 places en garderies subventionnées.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Radio-Canada

Un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) généraliserait l'offre de la prématernelle pour les enfants de 4 ans, prévoyant du même coup « libérer » quelque 50 000 places en garderie. Ce faisant, il ferait disparaître la liste des enfants en attente d'une place, estimée à 40 000 noms.

Un texte de Hugo Prévost

Lors d'un point de presse donné samedi en fin d'après-midi, le chef de la CAQ, François Legault, a présenté les grandes lignes de son plan à double effet.

Selon lui, envoyer ces jeunes enfants en prématernelle « permettra d'augmenter le taux de diplomation » ainsi que de s'attaquer à la question des enfants vivant de difficultés d'apprentissage.

Ce nouveau programme nécessitera l'embauche d'un grand nombre d'enseignants, ainsi que la construction de plusieurs salles de classe supplémentaires dans des écoles d'un peu partout au Québec.

M. Legault n'a pas voulu donner plus de détails sur les moyens qui seraient mis en oeuvre pour trouver les enseignants nécessaires pour offrir la prématernelle à 50 000 enfants supplémentaires, si ce n'est que son gouvernement proposerait que les personnes détenant une formation en technique de garde, au niveau collégial, puissent suivre une formation universitaire accélérée pour obtenir les compétences nécessaires.

Toujours au dire de M. Legault, une somme de 311 millions de dollars par année sera nécessaire pour financer ce programme.

Actuellement, seuls 6 % des enfants de 4 ans ont accès à la prématernelle, a déploré le chef caquiste, pour qui ce faible taux « prouve que les libéraux n'ont pas ce programme à coeur ».

Aucun détail n'a toutefois été fourni quant à la provenance des fonds pour construire d'éventuelles nouvelles classes.

« On n'ira pas couper ailleurs pour compenser le fait qu'on ajoute des classes de maternelle 4 ans », a assuré François Legault, qui a recommandé à plusieurs reprises d'attendre la publication du cadre financier de son parti.

« Ça n'a pas d'allure », dit Lisée

Questionné à propos du projet de son adversaire caquiste, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, n'a pas ménagé ses mots pour critiquer l'idée de la CAQ.

« Ça n'a pas d'allure! Je cherchais un mot plus fin, mais ça n'a pas d'allure », a-t-il laissé tomber.

Selon M. Lisée, offrir la maternelle à tous les enfants de 4 ans au Québec « n'est pas un besoin ». « Au Parti québécois, on a fait les Centres de la petite enfance, les services de garde à bas coût pour tous les enfants jusqu'à 4 ans, et au PQ, on a ajouté la maternelle 4 ans pour les mères qui prennent la décision de ne pas envoyer leur enfant à la garderie, mais plutôt à l'école », a-t-il dit.

Jouant quelques instants le jeu de la CAQ, M. Lisée s'est ensuite interrogé sur les ressources et les fonds nécessaires à l'accomplissement du projet de prématernelle offerte à tous.

« Selon les chiffres de M. Legault, si on entasse 18 enfants par classe – c'est trop –, ça prendrait 2700 classes de plus dans nos écoles primaires », des classes qui « n'existent pas », plaide le chef péquiste, qui évoque « des écoles bondées ».

Le PQ a évoqué au passage la multiplication des classes modulaires installées dans des cours d'école pour subvenir aux besoins d'une population croissante, alors que les écoles fonctionnent à capacité.

« Il faudrait aussi embaucher 2750 enseignants de plus; nous sommes en pénurie d'enseignants », a poursuivi Jean-François Lisée, avant d'ajouter qu'il serait également nécessaire d'offrir des services de garde pour ces nouvelles classes de prématernelle, ce qui impliquerait là aussi des embauches et donc des coûts.

La priorité, quand on sera au pouvoir, le 1er octobre, ce sera de rénover et d'agrandir pour les enfants qui sont déjà là, et qui sont en surnombre, pas d'augmenter la pression sur nos écoles!

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

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