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Agressions sexuelles : un « échec » de l'Église catholique, selon le pape

Le récit de Jacaudrey Charbonneau
Radio-Canada

« Échec » et « honte », c'est en ces mots que le pape François a évoqué les nombreux scandales d'agressions sexuelles au sein de l'Église catholique, devant des représentants de la classe politique irlandaise à Dublin samedi.

« L’échec des autorités ecclésiastiques – évêques, supérieurs religieux, prêtres et autres – à affronter de manière adéquate ces crimes ignobles a justement suscité l’indignation et reste une cause de souffrance et même de honte pour la communauté catholique et pour moi-même », a déclaré le souverain pontife.

Cette première visite papale en Irlande depuis près de 40 ans est survient alors que le pays et le monde entier sont toujours sous le choc des scandales de pédophilie.

Elle se déroule moins de deux semaines après la publication d'un rapport du procureur général de Pennsylvanie sur les agressions sexuelles commises par 300 prêtres pendant 70 ans aux dépens d'un millier de victimes.

En Irlande, depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d'abus sexuels commis par des prêtres.

Des blessures encore vives

Le premier ministre irlandais Leo Varadkar rencontre le pape François à Dublin le 25 août 2018.Le premier ministre irlandais Leo Varadkar rencontre le pape François à Dublin le 25 août 2018. Photo : Reuters / Stefano Rellandini

Des révélations semblables ont vivement secoué l'Irlande dans les dernières années, un fait qu'a tenu à rappeler le premier ministre du pays, Leo Varadkar.

Les plaies sont toujours ouvertes et il y a beaucoup à faire pour que les victimes et les survivants obtiennent justice, vérité et guérison.

Leo Varadkar, premier ministre irlandais

Ce dernier a d'ailleurs interpellé le pape François en affirmant qu'il fallait maintenant passer de la parole aux actes : « Saint-Père, je vous demande d’utiliser votre position et votre influence pour que cela se fasse ici en Irlande et dans le monde entier. »

Dans une lettre sans précédent adressée aux catholiques du monde entier, le pape a demandé lundi aux fidèles de contribuer à l'éradication de « cette culture de la mort ».

Le premier ministre irlandais espère que cette visite historique marquera un nouveau chapitre dans les relations entre l'Église catholique et l'État irlandais.

En 2017, Leo Varadkar est devenu le premier chef de l'exécutif irlandais ouvertement gai. Cette année, il a mené un référendum qui a conduit à la légalisation de l'avortement dans un pays aux tendances traditionnellement conservatrices.

« Saint-Père, je crois que le moment est venu pour nous de construire une nouvelle relation entre l’Église et l’État d’Irlande, une nouvelle alliance pour le 21e siècle », a-t-il affirmé, en précisant qu'il fallait maintenant tirer des leçons des erreurs communes.

Rencontre avec des victimes

Une manifestante tient une bannière où on peut lire : « Justice pour les victimes de l'Église » à Dublin, en Irlande.Agrandir l’imageUne manifestante tient une bannière où on peut lire : « Justice pour les victimes de l'Église » à Dublin, en Irlande. Photo : Reuters / Hannah Mckay

Le pape François a rencontré samedi, en fin de journée, pendant une heure et demie, huit victimes irlandaises d'agressions commises dans le passé par des membres du clergé, des religieux et des personnes au sein d'institutions catholiques.

Parmi ces « survivants », Paul Jude Redmond et Clodagh Aileen Malone, furent adoptés illégalement après avoir été retirés à leurs mères non mariées avec la complicité d'institutions catholiques.

Le pape a aussi parlé avec une victime du prêtre catholique Tony Walsh, qui a fait subir des sévices sexuels à des enfants durant près de deux décennies avant d'être défroqué et emprisonné.

Pour un autre survivant, Colm O'Gorman, le pape François a manqué à son devoir de reconnaître une partie importante de l'histoire, soit que le Vatican ait aidé a cacher ces crimes. « C'était très choquant en fait », a-t-il estimé.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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