•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Ne faites pas tout de suite vos Conseils des ministres », lance Lisée à ses adversaires

Jean-François Lisée, debout derrière un podium, brandissant l'index en parlant.

En ce deuxième jour de campagne, Jean-François Lisée ne se donne pas encore pour battu.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Radio-Canada

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, estime que ses adversaires libéral et caquiste « tiennent pour acquis les Québécois » en annonçant tout de suite qui de tel ou tel candidat sera nommé ministre après les élections du 1er octobre.

Un texte de Jérôme Labbé (Nouvelle fenêtre)

« Être trop confiants, les Québécois n’aiment pas ça. »

C’est du moins la conviction du chef péquiste, qui s’est adressé à la presse vendredi après-midi, au moment même où le chef libéral Philippe Couillard présentait officiellement sa nouvelle candidate dans Jean-Lesage, Gertrude Bourdon, comme future ministre de la Santé, et Gaétan Barrette, ministre de la Santé dans le gouvernement sortant, comme le prochain président du Conseil du Trésor.

Ce sont les Québécois qui vont décider ceux qui seront élus. C’est comme si MM. Couillard et Legault avaient choisi à la place des Québécois.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

« Être tenus pour acquis, les Québécois n’aiment pas ça. Et moi, je respecte les Québécois; ils vont regarder autant les comportements que les programmes, et je pense que le comportement de M. Couillard, de M. Legault, en tout respect, c’est un comportement qui présume du résultat de l’élection, et je leur dis : franchement, amicalement, ce n’est pas dans la poche. »

Car le chef du Parti libéral n’est pas le seul à avoir désigné certains candidats comme futurs ministres : celui de la Coalition avenir Québec, François Legault, aurait déjà arrêté son choix en ce qui concerne le portefeuille de la Santé. Selon nos informations, la responsabilité de celui-ci serait divisée entre l’ancienne PDG de l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal, Danielle McCann, et le Dr Lionel Carmant, neurologue au CHU Sainte-Justine, vu comme un potentiel ministre délégué à la petite enfance. La première se présente dans Sanguinet; le second dans Taillon – deux circonscriptions de la Rive-Sud actuellement détenues par le Parti québécois.

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que M. Legault fonctionne ainsi. En 2012, le chef caquiste avait présenté son candidat vedette Jacques Duchesneau comme vice-premier ministre en devenir. Et il avait fait la même chose, la même année, avec l'homme d'affaires Christian Dubé, promettant à ce dernier le poste de ministre des Finances. Bien que les trois hommes aient été élus, la CAQ a perdu les élections.

« Ne faites pas tout de suite vos Conseils des ministres, a prévenu Jean-François Lisée, vendredi. N’achetez pas tout de suite vos nouveaux rideaux pour le logement du premier ministre; ce n’est pas dans la poche. »

La toile s'enflamme

Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, les internautes s'en donnaient à cœur joie pour critiquer la candidature de Gertrude Bourdon, qui a flirté avec la CAQ ainsi qu'avec le PQ avant de se lancer officiellement dans la course avec le Parti libéral.

« Après avoir magasiné les trois principaux partis, elle a le culot de dire qu'elle croit profondément aux valeurs libérales! », s'étonne Marc (@NosSources) sur Twitter; « Gertrude Bourdon est une très bonne menteuse », ajoute sans ambages Josiane Morin (@amijodoin); « L’arrogance a un nouveau nom...Gertrude Bourdon!!! », conclut pour sa part Bob Girard (@bolugenol).

« Ce n’était pas du tout sérieux », a répondu la principale intéressée à l'émission En direct avec Patrice Roy, sur ICI RDI, au sujet de ses contacts avec la CAQ, plus récents qu'avec le PQ. « On a eu des échanges, la CAQ m’a sollicitée et on a eu des échanges entrecoupés. [Mais] la décision n’a jamais été prise d’aller avec la CAQ. »

Jean-François Lisée, en tout cas, estime que Mme Bourdon s'est disqualifiée pour occuper le poste de ministre de la Santé du Québec. « Lorsque je serai premier ministre, elle n’aura aucune position déterminante », a-t-il lancé, avant de préciser qu'elle pourrait demeurer PDG du CHU de Québec-Université Laval.

« Mais ce n'est pas quelqu’un qui développera des politiques en santé, parce qu’elle nous montre qu’elle n’a pas de boussole », a résumé M. Lisée. « Le jugement de cette personne-là, il est complètement disqualifié. »

Politique provinciale

Politique