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Loin des parents, les élèves pouvaient tenter de faire quelques mauvais coups

Radio-Canada

Même après l'incendie de 1988, les résidences reprennent leur place dans la vie de nombreux élèves du Collège. Comme avant, certains viennent d'ailleurs en Saskatchewan, d'autres du Manitoba et de l'Alberta, pour étudier dans cette école. « Sans la surveillance de tes parents, tu vas tenter de faire des mauvais coups, un peu », raconte Renelle Duret Boissonneault, élève durant les années 1990.

Cette dernière vit maintenant au Manitoba, mais elle se souvient bien de ses premières journées au Collège, à Gravelbourg. Elle trouve que le fait de rester en résidence avec des filles était intéressant. « On allait visiter les garde-robes des autres. On partageait notre maquillage et, en soirée, on passait beaucoup de temps à jaser ensemble dans la salle commune », précise-t-elle.

Des fois on voulait sortir le soir, on voulait aller visiter des amis ou se promener, alors, on pouvait enlever les fenêtres. Il ne fallait pas être grosse pour sortir de la petite fenêtre.

Mélanie Potié Gosselin, élève de 1996 à 2000

Un autre collégien, Christian Beaudry, relate que les occasions de faire des mavais coups étaient nombreuses. Il se souvient même d’une guerre de nourriture dans la cafétéria. Ce Franco-Manitobain étudiait au Collège durant les années 1980.

Pour l’ancien directeur Florent Bilodeau, le nombre d’inscriptions au Collège Mathieu a atteint un sommet à la suite de la reconstruction. Mais d’après lui, cela s’expliquait principalement par le fait qu’il n’y avait pas encore de gestion scolaire francophone dans l’ouest à cette époque.

En attendant d’avoir des services de qualité dans chacune des provinces, les parents choisissaient le Collège Mathieu.

Florent Bilodeau, ancien directeur du Collège Mathieu

Avec la création d’écoles francophones sur leur territoire, vers 1995, l’Alberta et le Manitoba arrêtent de payer les frais d’inscription des élèves qui s’inscrivent au Collège Mathieu. Le pensionnat, lui aussi, subit donc les répercussions de l’arrivée de nouvelles écoles francophones en Saskatchewan, en Alberta et au Manitoba.

Gérer la décroissance

Au début des années 2000, le consultant Ronald Bisson analyse et vérifie la situation financière du Collège Mathieu.

Faute d’atteindre le seuil minimal de 120 inscriptions francophones, le volet secondaire du Collège Mathieu n’est pas viable comme école indépendante, catholique, résidentielle et française.

Une des conclusions du Rapport Bisson, janvier 2002

Radio-Canada indiquait à l’époque que le plan de transition de trois ans qui devait mener à l’amélioration des finances du Collège n’a pas fonctionné. « Le scénario le plus réaliste qui se présente au Collège Mathieu pour les 10 prochaines années est de prévoir un déficit annuel de l’ordre de 150 000 à 200 000 $ », indique le rapport Bisson.

Réal Forest se souvient que les tentatives de recrutement de l’établissement dans des communautés disposant elles-mêmes d’écoles francophones créaient des tensions. Le Collège tente alors de recruter des élèves en dehors du Canada, mais les résultats ne sont pas suffisants, explique celui qui a été directeur du Collège à différentes reprises entre 1979 et 2004.

Des joueurs de hockey sur la glace près de la zone des buts.

Le hockey au Collège Mathieu au début des années 2000

Photo : Radio-Canada

Une lueur d’espoir survient en 2001 avec la création du programme sport-études et de son équipe de hockey qui encourage de nouveaux élèves à s’inscrire au Collège. À l’époque, le directeur du Collège, Marcel Michaud, avait répondu lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada que la présence d’une quinzaine de joueurs anglophones dans l’équipe de hockey ne nuirait pas à la mission de l'établissement francophone. Le Collège a mis fin au programme sport-études en 2004.

L'arrivée de la Division scolaire francophone

C'est en 2003 que le conseil d'administration du Collège Mathieu décide de céder les cours de la maternelle à la 12e année à la Division scolaire francophone, connue aujourd’hui sous le nom du Conseil des écoles fransaskoises (CEF).

Trois ans avant, en novembre 2000, le Collège Mathieu et la DSF avaient signé une entente qui allait limiter le recrutement du Collège. Celle entente stipulait que le Collège ne pouvait pas recruter des élèves dans les régions qui avaient déjà une école francophone.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada à cette époque, Denis Ferré, le directeur de l’éducation de la DSF, mentionnait que la division s’engageait aussi à respecter le territoire et à ne pas faire de promotion à l'extérieur de ses régions scolaires. Le Collège Mathieu, se voulant rassurant, avait souligné qu’il allait se tourner vers des régions comme North Battleford, Swift Current, Moose Jaw et Yorkton.

Quand le Collège Mathieu a cédé son secondaire, le bassin de recrutement [de l’école] a été changé du Canada à une petite région locale autour de Gravelbourg.

Réal Forest, ancien directeur et président actuel du conseil d'administration du Collège Mathieu

Pour rembourser des dettes envers le gouvernement provincial, les nouveaux bâtiments, dits « aux toits rouges », sont cédés au CEF en 2003, précise le directeur actuel du Collège Mathieu, Francis Kasongo.

Il y a eu un moment de recherche de repères, recherche de vocations, de partenariats... Comment trouver les moyens de financer les nouvelles orientations?

Francis Kasongo, directeur du Collège Mathieu

Selon Francis Kasongo, le changement de vocation force le Collège à se trouver une nouvelle mission. À travers un projet commencé en 1986, le Service fransaskois de formation aux adultes (SEFFA), le Collège Mathieu change de mandat et se positionne alors comme institut d’éducation postsecondaire professionnelle et technique.

Pour éviter toute confusion entre l’École secondaire Collège Mathieu et le Collège Mathieu postsecondaire, le Conseil des écoles fransaskoises accepte de modifier le nom de l'école en 2014. Après des consultations avec les membres de la communauté et des partenaires, l’École secondaire Collège Mathieu est rebaptisée École Mathieu de Gravelbourg.

- Continuez votre lecture ici ---> En 2018, le nombre d'inscriptions au Collège Mathieu atteint 205

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Éducation