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Un médicament pour contrôler ses rêves

Illustration d'un homme dans son lit en train de rêver.

Selon une étude américaine, un médicament pour l'alzheimer augmente les probabilités de faire des rêves lucides.

Photo : getty images/istockphoto / jemastock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il arrive qu'en dormant on réalise qu'on est dans un rêve, et que, sans se réveiller, on peut en influencer le contenu. Cela s'appelle un rêve lucide. Une équipe de chercheurs a montré qu'un médicament pour traiter l'alzheimer favorisait de tels rêves.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné 

Les rêves constituent un univers particulièrement mystérieux. Qu’ils soient banals, merveilleux ou terrifiants, ceux-ci restent surtout aléatoires, un peu à la merci de l’humeur de notre subconscient.

Toutefois, certaines personnes privilégiées peuvent vivre ce qu’on appelle des rêves lucides, un état où le rêveur peut exercer le plein contrôle sur l’univers fictif qui l’entoure. Il est possible de vivre un rêve lucide au moins une fois au cours d’une vie. Bien qu’il soit aussi possible de se conditionner pour en avoir plus souvent, les techniques d’entraînement actuelles ne sont toutefois pas à la portée de tous.

Plusieurs scientifiques essaient donc de trouver une voie plus accessible, où une simple pilule avant de se coucher pourrait permettre de contrôler nos rêves. Des chercheurs de l’Université du Wisconsin-Madison (Nouvelle fenêtre), aux États-Unis, pensent avoir trouvé la réponse. Ces derniers ont montré qu’un médicament normalement utilisé pour traiter l’alzheimer peut favoriser les rêves lucides.

La science du rêve

Lors d’une nuit de sommeil, on traverse quatre phases d’activités distinctes dans le cerveau, qui se répètent en boucle approximativement toutes les 90 minutes. Celle qui est importante pour les rêves est le sommeil paradoxal. Durant cette période, le cerveau est aussi actif que durant un moment d’éveil, à la différence qu’aucun signal ne quitte le cerveau vers le reste du corps.

La science en sait moins sur les fonctions du rêve. Parmi les possibilités, on trouve la consolidation de la mémoire, l’élimination de certaines connexions du cerveau pour aider à son fonctionnement, la résolution de problèmes éprouvés récemment ou simplement la relaxation psychologique.

La seule certitude est qu’il s’y passe des choses étranges, positives ou négatives et, surtout, que les rêves nous paraissent réels au moment où nous les vivons. Le fait d'être capable de contrôler leur contenu comme dans un rêve lucide pourrait permettre des expériences impossibles à vivre dans le monde réel.

Représentation d'un cerveau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Représentation d'un cerveau.

Photo : iStock

Choisir la pilule bleue

D’anciennes études ont montré que les rêves lucides survenaient plus souvent lors d’une période de grande activité au niveau du cortex préfrontal, qui est le siège de la conscience.

Les chercheurs se sont tournés vers un médicament, la galantamine, qui stimule la production d’acétylcholine, un neurotransmetteur impliqué dans l’apprentissage et la mémoire et important pour cette région du cerveau. Ils ont recruté 121 personnes et, après huit jours d’entraînement, leur ont donné l’instruction de prendre trois comprimés, un par soir, contenant soit de la galantamine (4 mg ou 8 mg) ou un placebo.

Les personnes devaient combiner le médicament avec des techniques favorisant les rêves lucides. Parmi ces techniques : interrompre sa nuit de sommeil en plein milieu, puis se rendormir, ou, pour ceux qui en sont capables, apprendre à repérer des éléments hors de l’ordinaire dans leurs rêves pour réaliser qu’ils ne sont pas dans la réalité.

Au bout du compte, 42 % des participants ont rapporté avoir des rêves lucides les soirs de dose maximale, suivis de 27 %, les soirs de faible dose, tandis que 14 % en ont eu avec le placebo. De plus, ceux qui prenaient la dose maximale affirmaient que leurs rêves étaient beaucoup plus réels et gravés dans leur mémoire que les autres groupes.

Bien que la perspective de transformer ses nuits de sommeil en séance de réalité virtuelle soit intéressante, les auteurs de l’étude soulignent que leurs résultats étaient rapportés par les cobayes eux-mêmes. Les résultats pourraient donc varier selon les souvenirs des participants.

Cette découverte pourrait tout de même simplifier l’étude du phénomène et même, à la longue, aider à traiter les personnes souffrant de stress post-traumatique ou de cauchemars récurrents.

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