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Pressentie comme ministre de la Santé, Gertrude Bourdon défend ses convictions libérales

Entrevue avec Gertrude Bourdon, candidate libérale dans Jean-Lesage

« C'est la décision de ma vie et il n'y avait qu'un seul parti qui répondait à mes valeurs. » C'est ainsi que Gertrude Bourdon, candidate dans Jean-Lesage et ministre de la Santé annoncée dans l'éventualité où elle serait portée au pouvoir avec le Parti libéral du Québec (PLQ), a tenté de convaincre la population de la solidité de ses convictions politiques, malgré ses flirts auprès de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti québécois (PQ).

Un texte de Joëlle Girard

Philippe Couillard a fait l'annonce officielle de sa candidature vendredi après-midi à Québec, après que la principale intéressée eut laissé planer le doute sur son allégeance au cours des derniers jours.

« Ça devrait même se passer de paroles, mais je vais le dire de façon très explicite : je vous annonce que, dans un prochain gouvernement libéral, Gertrude Bourdon sera ministre de la Santé et des Services sociaux », a déclaré le chef libéral.

Gaétan Barrette, qui détient actuellement ce portefeuille, était présent. Il « continuera à jouer un rôle-clé dans le gouvernement que je dirigerai après les élections. Il sera président du Conseil du Trésor », a dévoilé Philippe Couillard, après avoir évoqué son « caractère bouillant » avec humour.

Gertrude Bourdon, qui vient de donner sa démission comme présidente-directrice générale du CHU de Québec-Université Laval, a beaucoup fait parler d’elle pour avoir voulu se présenter sous la bannière de la CAQ avant de finalement décider de porter les couleurs du PLQ. Elle a également eu des discussions avec le PQ au cours des derniers mois.

« Je suis convaincue aujourd’hui que le Parti libéral du Québec, c’est le meilleur parti pour notre réseau de la santé et des services sociaux du Québec », a dit la candidate, assurant qu’elle adhérait pleinement aux valeurs de sa nouvelle formation politique.

La CAQ, ce n’est pas mes valeurs et [c'est] un mauvais programme. C’est tout.

Gertrude Bourdon, candidate libérale dans Jean-Lesage

« Mme Bourdon est comme tous les Québécois. Quand vient le temps d’une élection, on analyse, on compare et on choisit. Elle a analysé, comparé et choisi le Parti libéral du Québec », a pour sa part affirmé Philippe Couillard.

Le chef libéral a tenu à préciser que Mme Bourdon prenait un risque personnel en démissionnant d'un poste « excessivement bien placé » et « excessivement bien rémunéré » pour se lancer dans « l'action publique ». « Tous les Québécois qui l’écoutent devraient être reconnaissants. »

Qu’une infirmière et gestionnaire expérimentée de notre réseau ait exprimé un intérêt à servir en politique a naturellement suscité l’intérêt de différentes formations. On ne saurait certes reprocher à Mme Bourdon d’avoir voulu connaître les intentions de différents partis concernant ce réseau.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral du Québec

Le leader de la CAQ, François Legault, n'a appris que samedi dernier que Mme Bourdon ne serait finalement pas candidate pour son parti. Il lui avait réservé la circonscription de Charlesbourg.

En entrevue à 24/60, Gertrude Bourdon a précisé qu'elle n'avait pas fait le saut d'un parti à l'autre. « J’avais des discussions avec M. Legault et M. Couillard simultanément. Les gens me sollicitaient, me donnaient un rendez-vous et on discutait. On a eu plusieurs échanges et discussions pour l'avenir du réseau de la santé », a-t-elle soutenu.

« J'aime ça, magasiner. Et quand je magasine, je me rends au magasin. Mais quand le magasin vient cogner à ma porte, j'appelle ça être sollicitée. Donc moi, j'ai été sollicitée », avait-elle imagé plus tôt dans la journée.

J'adhère au principe de la réforme, dit Mme Bourdon

La candidate de 63 ans aurait exigé d'un éventuel gouvernement caquiste de ne pas rouvrir l’entente avec les médecins spécialistes, une promesse phare de l'équipe de M. Legault, qui aurait donc refusé de plier à ce chapitre.

« Pourquoi elle accepte que dans le même hôpital, il y ait des médecins spécialistes qui gagnent plus que leurs homologues en Ontario, alors que dans le même hôpital, il y a des infirmières qui gagnent moins que leurs homologues? », avait demandé jeudi M. Legaut.

Mme Bourdon aurait aussi demandé une hausse annuelle des budgets en santé de 8 % pour faire le saut avec la CAQ.

En point de presse vendredi après-midi, Mme Bourdon a toutefois refusé de confirmer ces informations, invoquant à plusieurs reprises qu'elle avait eu des « conversations privées », dans des « lieux privés », avec des « personnes privées » et qu'elle n'en dévoilerait pas la teneur.

« J’ai l’assurance qu’on va mettre en place les leviers financiers pour réussir, pour avancer », a-t-elle dit en lien avec la question du financement de la santé au sein du PLQ.

Elle a aussi précisé qu'elle n'aurait pas accepté le poste de PDG du plus grand CHU au Québec si elle n'avait pas adhéré au principe de la réforme instaurée par Gaétan Barrette.

Une position qui la place loin des positions de François Legault, qui avait mis Philippe Couillard au défi, il y a quelques jours, de démettre Gaétan Barrette de ses fonctions. « Pourquoi ça lui a pris quatre ans à comprendre ça? », a-t-il lancé vendredi.

En 2012, M. Legault avait lui-même choisi Gaétan Barrette comme candidat dans la circonscription de Terrebonne. M. Barrette était alors pressenti comme un éventuel ministre de la Santé dans un gouvernement caquiste, mais il avait été défait. En 2014, il était revenu à la charge dans la circonscription de La Pinière, mais cette fois avec les libéraux de Philippe Couillard.

Ces flirts auprès de formations dont les programmes diffèrent grandement, en particulier sur les questions touchant la santé, ont amené le chef péquiste, Jean-François Lisée, à aller jusqu'à dire d'elle que Gertrude Bourdon était devenue « le symbole ultime de l’opportunisme politique ». Il a par ailleurs critiqué les « nominations » hâtives faites par les chefs de partis.

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