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Québec solidaire : Manon Massé rectifie le tir sur le statut de l’anglais au Québec

Manon Massé, interrogée par un journaliste devant l'autobus de campagne du parti.
Manon Massé s'est rétractée jeudi, peu après que la controverse est apparue. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le français est la seule langue officielle du Québec, et l'anglais n'a pas le même statut, assure la co-porte-parole de Québec solidaire (QS) Manon Massé, forcée de corriger deux fois plutôt qu'une des propos tenus jeudi, où elle affirmait le contraire.

Un texte de François Messier

La polémique a fait irruption dans la campagne électorale jeudi avant-midi, après que le parti de gauche eut publié un message en anglais sur son compte Twitter.

Il y écrivait que « l’anglais est une langue officielle du Québec et du Canada », contredisant la Charte de la langue française, qui stipule que seul le français a ce statut dans la province.

La controverse a pris de l'ampleur en après-midi, lorsque Mme Massé a accrédité ces propos lors de la conférence de presse donnée au terme du lancement officiel de la campagne.

« Actuellement, puisque nous sommes encore dans le Canada, l'anglais est une langue officielle au Québec », a dit en français la co-porte-parole du parti, reprenant des propos qu'elle avait d'abord tenus en anglais.

« Ce que je dis, c'est que Québec solidaire est un parti souverainiste, indépendantiste, qui, dès son premier mandat, va enclencher le processus d'indépendance du Québec et dans ce Québec-là, pour Québec solidaire, le français est la langue officielle. »

Rectificatifs en série

Québec solidaire et Manon Massé ont tour à tour corrigé le tir jeudi après-midi.

Sur Twitter, QS a précisé, toujours en anglais, que quelqu'un « peut recevoir des services en français et en anglais dans certaines institutions », mais que le parti « a l'intention de maintenir le français comme la seule langue officielle de l'État, tel qu'indiqué dans la loi 101. »

La députée sortante de Sainte-Marie-Saint-Jacques a aussi rectifié le tir peu après dans une mêlée de presse, admettant qu'elle avait « peut-être entretenu une certaine confusion ».

« C’est clair que l’État du Canada a deux langues officielles. L’État du Québec a une langue officielle. Mais les gens de la communauté anglophone peuvent toujours compter, et compteraient toujours, avec un gouvernement solidaire sur des services publics, en anglais, offerts aux communautés anglophones », a affirmé Mme Massé.

L'affaire a néanmoins rebondi vendredi matin, forçant le parti à envoyer un nouveau rectificatif à Radio-Canada. Québec solidaire y soutient que le tweet à l’origine de la polémique « est une erreur commise par un nouvel employé » du parti.

La confusion engendrée par les propos de Mme Massé, ajoute QS, tient au fait qu’« elle n’est pas bilingue » et que « certaines questions lui posent des problèmes ».

« Pour être clair par rapport à ma réponse à une question posée en anglais, le Canada a pour langues officielles le français et l'anglais. L'unique langue officielle du Québec est le français », y réitère en outre Mme Massé. « Pour Québec solidaire, un Québec indépendant protégerait encore mieux notre langue tout en protégeant les droits de la minorité linguistique anglophone. »

Nadeau-Dubois à la défense de sa collègue

En conférence de presse vendredi, l'autre co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a aussi assuré qu'il était évident que le français est la seule langue officielle du Québec. « C’est évident pour Manon, c’est évident pour Québec solidaire. C’est écrit en toutes lettres d’ailleurs, dans le programme de Québec solidaire, et dans notre plateforme électorale », a-t-il dit.

« Le tweet, c’est une chose. C’est une erreur qui a été commise par un membre de notre équipe des réseaux sociaux. C’est des choses qui arrivent en début de campagne », a-t-il fait valoir, en soulignant que le message avait été envoyé dans le cadre d'un échange portant à l'origine sur la reconnaissance, par le gouvernement du Québec, de la langue des signes québécoise.

Il s'est ensuite porté à la défense de sa co-porte-parole.

Manon répondait à une question qui était initialement posée en anglais. Vous connaissez les défis de Manon avec l’anglais. Sa réponse n’était pas claire. Ça a semé la confusion. Par la suite, elle était encore dans cette confusion-là, mais quelques minutes plus tard, elle a rectifié.

Gabriel Nadeau-Dubois

« Bien sûr qu’à Québec solidaire, tout le monde sait que l’État du Québec n’a qu’une seule langue officielle, c'est le français », a ajouté le député de Gouin. « L’État canadien, lui, a deux langues officielles. Et ce que Manon a cherché à dire, c’est que le jour où le Québec sera indépendant, on pourra encore mieux protéger le français. »

Lisée outré

En début de journée, l’affaire avait fait bondir le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui faisait une annonce électorale dans la circonscription de Gouin, représentée par Gabriel Nadeau-Dubois.

Disant ne pas être au courant des propos de Mme Massé, le chef péquiste a tout de même asséné que « mettre les deux langues sur le même pied, c’est mettre les pieds sur la langue française ».

« Au Québec, la langue officielle et commune est le français, la langue anglaise est une langue importante, [...] mais ce n’est pas une langue officielle et commune. »

Croire le contraire, « c'est revenir plus de 50 ans en arrière » et « mettre en péril la prédominance du français » au Québec, a-t-il ajouté.

« C’est difficile à comprendre, parce que nous savons tous que le français est la seule langue officielle du Québec », a pour sa part commenté en anglais le chef libéral Philippe Couillard, avant de rappeler que les anglophones du Québec ont des droits.

« Peut-être est-ce le danger de faire de la politique par des tweets? », a-t-il ajouté. « Nous avons vu d’autres exemples. »

Lorsqu'on lui a demandé si l'anglais était une langue officielle au Québec, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a répondu sans détour : « Non. La langue officielle, c’est le français. »

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