•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« L’éclipse Bernier » passée, les conservateurs se concentrent sur Trudeau

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, à droite, sur scène avec le chef conservateur Andrew Scheer et son épouse Jill Scheer lors du congrès national conservateur à Halifax

Le chef Andrew Scheer a tenu à envoyer un message d’unité.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les milliers de militants conservateurs réunis en congrès à Halifax cette semaine ne comptent pas se laisser distraire par le départ fracassant de Maxime Bernier. Ils vont plutôt mettre la main à la pâte au cours des deux prochains jours pour jeter les bases de leur plateforme électorale. Des discussions sur l'économie, l'immigration et l'environnement sont notamment au menu.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy, envoyé spécial à Halifax

Le congrès n’était pas encore officiellement commencé. Tous les yeux des bénévoles qui attendaient les militants devant leurs kiosques étaient rivés sur leurs téléphones intelligents. Sur les écrans : le député de Beauce, Maxime Bernier, annonçait qu’il claquait la porte du parti.

Malgré la secousse provoquée par cette annonce, le chef Andrew Scheer et le caucus de députés conservateur ont tenu à envoyer un message d’unité, pour montrer que Maxime Bernier est isolé et que son départ représente tout au plus la perte d’un seul député à la Chambre des communes.

Un stratège conservateur expliquait à micro fermé qu’il avait prévu « l'éclipse Bernier ». Il souhaite maintenant que le parti et le public passent à autre chose.

« À partir de maintenant, on ne donnera pas du tout d’attention à Maxime, on va se concentrer sur Justin Trudeau », a-t-il indiqué.

Lors de la cérémonie d’ouverture du congrès, les attaques dans les discours visaient d'ailleurs les libéraux, et surtout le premier ministre Trudeau.

L’un des conférenciers, l'ex-dragon François Lambert, s’en est pris à sa gestion des finances publiques, l’accusant d’agir « comme un gouvernement irresponsable ».

« Après le passage du gouvernement de Justin Trudeau, il nous faudra rassurer les entrepreneurs et les promoteurs de grands projets en mettant en place des conditions de réussite gagnantes, et non des freins à leurs ambitions », a-t-il affirmé, sans toutefois indiquer s’il comptait se présenter en 2019.

Pour sa part, l’ancienne ministre des Ressources naturelles sous Stephen Harper, Lisa Raitt, a offert un plaidoyer pour l’unité du parti, malgré des divergences d’opinions.

Nous acceptons toutes sortes d’idée dans notre parti. Nous avons le droit d'être en désaccords. C’est pourquoi nous avons ce congrès.

Lisa Raitt, ancienne ministre fédérale des Ressources naturelles

« Nous n’avons pas peur des débats. Vous allez en gagner certains et vous en perdrez. [d’autres] », a-t-elle affirmé, sans nommer Maxime Bernier.

Des militants prennent part à la cérémonie d'ouverture du congrès national des conservateurs à Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef Andrew Scheer et le caucus de députés conservateur ont tenu à envoyer un message d’unité.

Photo : The Canadian Press / Darren Calabrese

Changements climatiques et immigration

Plus de 70 résolutions présentées par des associations d'un peu partout au pays sont à l'ordre du jour. Les militants vont se séparer en sous-groupes vendredi pour en prioriser quelques-unes qui seront par la suite débattues en plénière samedi avec tous les militants.

Parmi les mesures proposées, des militants veulent doter le parti d'un plan de lutte contre les changements climatiques afin qu'il devienne « un chef de file mondial en matière d’adaptation au changement climatique et de réduction des gaz à effet de serre », peut-on lire.

La proposition n'indique toutefois pas comment les conservateurs pourraient y arriver. Des militants veulent aussi que le parti appuie le développement du projet d'oléoduc Énergie Est.

En matière d'immigration, plusieurs résolutions demandent au parti de mettre un frein aux passages irréguliers à la frontière. Ils proposent notamment de « prendre les mesures nécessaires pour renégocier l’Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis afin d’en éliminer les lacunes sur l’entrée d’illégaux au Canada ».

D'autres résolutions ont davantage un caractère social. Par exemple, l'une d’entre elles propose que « le Parti conservateur [reconnaisse] que la protection de la vie d’un enfant à naître est un objectif législatif tout à fait valable », même si le chef Andrew Scheer a clairement indiqué qu'il ne comptait pas rouvrir le débat sur l’avortement.

Même si une majorité de délégués présents à Halifax décidait d'adopter l'une de ces propositions, le chef ne serait pas tenu de les inclure dans la plateforme électorale.

Andrew Scheer devra néanmoins être à l'écoute des aspirations de base s'il veut éviter qu'elle s'érode au profit de Maxime Bernier.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !