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Prévenir les attaques de chiens dangereux au Québec, mais comment?

Un montage photo montre les trois chefs au moment du lancement de leur campagne électorale.

Le chef caquiste François Legault, le chef péquiste Jean-François Lisée et le chef libéral Philippe Couillard se sont prononcés jeudi au sujet de la stratégie à adopter sur les chiens dangereux.

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Appelés à se prononcer jeudi sur la stratégie à adopter pour prévenir les attaques de chiens dangereux, les chefs des trois grands partis se sont entendus pour dire que la réglementation actuelle n'est pas suffisante. Or, aucun ne semble encore avoir de plan concret pour éviter la répétition de tels incidents.

Ce sont les trois attaques survenues ces derniers jours dans la grande région de Montréal qui ont poussé les journalistes à interroger les chefs du Parti québécois (PQ), du Parti libéral du Québec (PLQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ) sur cette question alors qu’ils donnaient le coup d’envoi de leur campagne électorale respective.

Dimanche, un chien a mordu deux jeunes enfants d’une même famille lors de deux attaques distinctes, dans l’arrondissement de Montréal-Nord.

Une fillette de 4 ans a été blessée à la tête et a dû recevoir 16 points de suture tandis que son frère, âgé de 7 ans, a été gravement blessé au bras. Le chien à l’origine de leurs blessures, qui était temporairement hébergé par la famille, doit être euthanasié, mais ne le sera pas avant que le Directeur des poursuites criminelles et pénales ait décidé si des accusations seront portées dans le dossier.

Jeudi, une femme de 42 ans a aussi été mordue par un chien à Laval. Les policiers ont abattu la bête lorsqu’elle a tenté de s’attaquer une deuxième fois à la victime, au moment de leur arrivée. La femme a été blessée au bras, mais sa vie n’est pas en danger, selon la police de Laval.

« Je trouve ça très triste ce qui est encore arrivé à Montréal », a lancé le chef de la CAQ, François Legault, ajoutant qu’il restait encore du travail à faire.

Ironiquement, la Ville de Montréal a adopté mardi son règlement sur l'encadrement des animaux domestiques, qui resserre les règles quant aux chiens potentiellement dangereux.

« J’ai beaucoup d’empathie pour [la mairesse de Montréal, Valérie Plante], mais j’en ai beaucoup plus, évidemment, pour les gens qui sont des victimes. C’est horrible, ça ne devrait jamais arriver », a affirmé le chef péquiste Jean-François Lisée.

Cette refonte a été adoptée dans le contexte où Montréal avait suspendu, en décembre 2017, les articles du règlement qui interdisait les chiens de type pitbull sur son territoire, adopté par l’administration précédente de Denis Coderre.

La nouvelle mouture du règlement sur le contrôle animalier mise notamment sur la responsabilisation des propriétaires et sur les comportements agressifs observés chez les animaux plutôt que sur une décision basée uniquement sur la race.

On vise « la responsabilisation des propriétaires également », a indiqué le chef libéral, Philippe Couillard.

Québec doit donner le ton

En juin, l'absence de consensus scientifique, la nécessité d'adopter des mesures réellement applicables et le manque d'encadrement des usines à chiots avaient pour leur part eu raison de la volonté de Québec d'interdire les chiens de type pitbull.

Cette interdiction était en fait une promesse du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

On n’a pas trouvé la solution. […] Ce qui a été voté par l’Assemblée nationale, c’était le minimum possible, donc on l’a appuyé pour dire : c’est mieux que rien. Mais ce n’est pas suffisant.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

« On l’a dit, on a appuyé le projet de loi, on pense que c’est un premier pas dans la bonne direction », a de son côté affirmé le chef de la CAQ.

« On veut regarder différentes propositions qui ont été faites en commission parlementaire, a toutefois ajouté François Legault. Il faut faire plus de prévention, essayer de mieux identifier les chiens dangereux, les interdire, prévoir des pénalités qui vont être dissuasives et prendre le leadership à Québec plutôt que de laisser ça aux municipalités, mais c’est à définir. »

Philippe Couillard admet également que le cadre du règlement doit venir de Québec afin que les municipalités puissent s’harmoniser dans la manière de gérer ce type de situations.

« On va vouloir que les règlements des diverses régions du Québec, des diverses municipalités, soient les plus harmonisés possible, avec pour principal souci la sécurité des gens. C’est clair », a-t-il affirmé, ajoutant que le PLQ « croit à l’autonomie des municipalités ».

« Ce n’est pas pour nous un slogan. C’est véritable et concret », a-t-il tenu à préciser.

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