•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Maxime Bernier essuie les critiques des conservateurs du Canada

Maxime Bernier, de profil, l'air sérieux, photographié du niveau des épaules jusqu'au haut de la tête.
Maxime Bernier lors de l'annonce de son départ du Parti conservateur. Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld

Des ténors du conservatisme canadien tirent à boulets rouges sur Maxime Bernier après que celui-ci eut annoncé son départ du parti conservateur, qu'il qualifie de corrompu, intellectuellement et moralement, et sa volonté de mettre sur pied une nouvelle formation politique.

Un texte de Djavan Habel-Thurton

Plusieurs parlent de Maxime Bernier comme d’un mauvais perdant n’ayant pas digéré sa défaite face à Andrew Scheer lors de la course à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC). C’est le cas de l’ancien premier ministre du Canada, Stephen Harper.

Il est évident que Maxime n’a jamais accepté les résultats de la course à la direction et vise seulement à diviser les conservateurs

Stephen Harper, ancien premier ministre du Canada

Il soutient aussi que la décision de Maxime Bernier « permet au Parti conservateur du Canada de regarder vers l’avant, uni derrière son chef Andrew Scheer. »

Le chef conservateur Andrew Scheer lors du congrès national de son parti à Halifax. Il parle dans un micro. Derrière lui deux drapeaux canadiens.Le chef conservateur Andrew Scheer lors du congrès national de son parti à Halifax. Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

L’ancien premier ministre canadien n’est pas le seul à réaffirmer haut et fort sa confiance envers le leadership de Sheer.

« Notre équipe est forte et unie sous le leadership d'Andrew Scheer. Je ne pourrais pas être plus fière de toute l'équipe », affirme également Rona Ambrose, ancienne leader par intérim du PCC.

De son côté, John Baird, ex-ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement Harper dit « soutenir pleinement Andrew Scheer », leader de son parti.

Jason Kenney, chef du Parti conservateur uni de l’Alberta et ancien ministre de la défense fédéral, y est allé d’un message similaire. « Je connais Andrew Scheer depuis bientôt deux décennies. Il est l'une des personnes les plus proches de ses principes et les plus raisonnables que je connaisse », dit-il.

L’ego d’un homme ne doit pas mettre en péril la nécessité de défaire le gouvernement Trudeau.

Jason Kenney, chef du Parti conservateur uni de l’Alberta

Dans un discours prononcé au congrès du PCC à Halifax devant des milliers de délégués, et durant lequel il n'a pas nommé Maxime Bernier, le premier ministre conservateur de l’Ontario, Doug Ford, a exhorté les militants à « se tenir aux côtés de leur chef ».

Le politicien a aussi tweeté qu’« un Parti conservateur fort, concentré et déterminé mené par Andrew Scheer peut vaincre et va vaincre les libéraux en 2019. »

La crainte de la division

« Le Canada connaît le succès quand les conservateurs sont unis », a aussi écrit Doug Ford.

D’autres ont également parlé de l’importance de l’unité des forces conservatrices et des risques que pose la division.

C’est le cas du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, chef du Parti saskatchewanais (centre-droit) a aussi fait part de ses inquiétudes.

Quand le centre-droit, le mouvement pour la libre entreprise est uni, nous gagnons. Quand il est divisé, nous perdons.

Scott Moe, premier ministre de la Saskatchewan

« Vous n’avez qu’à regarder ce qui s’est passé en Saskatchewan avant que le Parti saskatchewanais soit formé, ou se qui s’est passé en Alberta après leur dernière élection », a-t-il indiqué, faisant référence au succès de son parti en Saskatchewan et de l’échec des mouvements conservateurs albertains fragmentés, face à la néo-démocrate Rachel Notley, lors des élections de 2015.

Avec un ton un peu plus humoristique, Rachel Curran, ancienne directrice des politiques de Stephen Harper, témoigne de la même inquiétude.

« J’espère que Justin Trudeau et ses collègues du cabinet sortent le champagne à Nanaimo ce matin. Félicitations à Gerald Butts [secrétaire principal de Justin Trudeau, NDLR] et compagnie, qui viennent de se garantir une victoire facile en 2019 malgré un été principalement désastreux », ironise-t-elle.

« Chaque fois que quelqu’un décide de mettre son ambition avant les membres de notre parti, il aide les libéraux » a résumé Andrew Scheer en point de presse.

Le député conservateur Tony Clement, qui avait appuyé Maxime Bernier lors de la course à la direction du parti, à quant à lui affirmé que « l’histoire nous apprend que les personnes qui abandonnent sont remplaçables et oubliables. »

Dans la circonscription de Maxime Bernier, Claude Morin, maire de Saint-Georges-de-Beauce, a fait part de son analyse mitigée de l'attitude de Maxime Bernier.

« De mon côté, chez les élus, il y a trois qualités que je recherche : c'est l'intégrité, la loyauté, et le courage. Je pense qu'il a remporté le prix Nobel du courage, parce que ça prend du courage pour faire ce qu'il fait. Et la loyauté, je pense que c'est le citron. Il a été dur un peu envers son chef, mais il a pris la bonne décision. Il a décidé de quitter son parti », a-t-il dit à Radio-Canada.

Pense-t-il que Maxime Bernier pourra conserver ses appuis dans sa région d’origine? « C'est sûr qu'il a encore ses chauds partisans, et il y en a plusieurs autres aussi qui ont l'air de vouloir le délaisser un peu, parce qu'il était dur à suivre », analyse le maire.

Des appuis pour Bernier

Parmi les chauds partisans évoqués par Claude Morin, il y a les membres de l’association du Parti conservateur de la circonscription de Beauce. À une exception près, ils ont démissionné, par loyauté envers Maxime Bernier.

On a toujours été là plus pour Maxime que pour le parti.

Charles Laflamme, président de l'association du Parti conservateur de Beauce

Steven Fletcher, un ancien membre du cabinet Harper et un supporteur de Maxime Bernier, a quant à lui prédit que beaucoup de personnes appuieront Maxime Bernier, et ce, pas seulement au Québec.

« À Winnipeg, Bernier a gagné chaque tour de scrutin de la course au leadership par une marge convaincante. C’est incroyable pour un Québécois, mais ses politiques entourant l’industrie aéronautique et la gestion de l’offre ont beaucoup de support à Winnipeg », a affirmé le politicien manitobain. Maxime Bernier avait en fait remporté les 12 premiers tours et avait perdu le 13e au profit d'Andrew Scheer.

Politique fédérale

Politique