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Allégations d’agressions sexuelles : Hydro-Manitoba savait depuis 2010

Le siège social d'Hydro-Manitoba, à Winnipeg.

Hydro-Manitoba savait déjà en 2010 que des allégations d'agressions sexuelles dans les années 60 avaient été signalées.

Photo : Radio-Canada / Darren Bernhardt

Radio-Canada

Hydro-Manitoba savait en 2010 que des travailleurs étaient soupçonnés d'agressions sexuelles et d'actes de racisme sur des femmes dans le nord de la province, dans les années 1960. Cette information était contenue dans une évaluation d'impact socio-économique des projets hydroélectriques.

Les allégations d’agressions sexuelles datant des années 1960 étaient donc connues avant le dépôt d’un rapport de la Commission de protection de l’environnement qui a fait réagir la province cette semaine.

Peter Kulchyski, professeur au sein du département des études autochtones de l’Université du Manitoba, se demande d'ailleurs pourquoi de tels éléments, connus depuis plusieurs années, sont révélés maintenant.

Un homme avec des lunettes noires est photographié de biais, en gros plan, en train de parler. En arrière-plan, flou, on distingue l'écusson de l'Université du Manitoba.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Peter Kulchyski, professeur au sein du département des études autochtones de l’Université du Manitoba

Photo :  Facebook

« C'est un secret de Polichinelle. Hydro-Manitoba devait savoir », assure M. Kulchyski.

Selon lui, une évaluation d'impact socioéconomique des projets hydroélectriques a été présentée à la Commission de protection de l'environnement et à Hydro-Manitoba en 2010.

Robert Wavey, président directeur général de la Première Nation de Fox Lake, explique que cette évaluation, demandée par la Première Nation, faisait bien état des mêmes allégations de racisme et d'agressions sexuelles. Ce rapport, précise-t-il, n'a pas été terminé.

Il affirme avoir craint que ce document ne soit rendu public, alors que la Première Nation s'était engagée auprès des personnes ayant témoigné à en assurer la confidentialité.

Deux autres rapports, en 2012 et en 2013, ont ensuite fait état des mêmes allégations.

Un phénomène encore d’actualité

Peter Kulchyski affirme qu'il entend encore parler d'abus sexuels de la part de travailleurs externes dans des communautés du Nord.

Il dénonce une structure hiérarchique et une culture favorisant le racisme au sein d’Hydro-Manitoba, où « les cols blancs ne sont pas Autochtones, et où les Autochtones occupent presque toujours des postes non qualifiés », au bas de l’échelle. À cela, dit-il, s’ajoute un environnement presque exclusivement masculin.

Directrice générale du Centre Ma Mawi Wi Chi Itata, qui travaille auprès des familles autochtones de Winnipeg, Diane Redsky pense que le phénomène de l’exploitation sexuelle continue de s’amplifier, mais a garde espoir pour l’avenir.

Selon elle, ces révélations donnent l’occasion à Hydro-Manitoba de se munir de politiques spécifiques et d’améliorer l’éducation et la formation des travailleurs.

Cela doit cesser et je pense qu’avec une meilleure formation et des lois, c’est possible.

Diane Redsky, directrice générale du Centre Ma Mawi Wi Chi Itata

De son côté, la ministre des Relations avec les peuples autochtones et du Nord, Eileen Clarke, affirme qu'Hydro-Manitoba a pris de nombreuses mesures pour éviter que de tels drames ne se reproduisent, comme l'implantation de formations obligatoires pour ses travailleurs.

Elle reconnaît toutefois qu'il y a encore du travail à faire. Elle entend rendre visite à la Première Nation de Fox Lake dans les prochaines semaines.

D’après les informations de Patrick Foucault

Manitoba

Société