•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Allégations d’inconduites sexuelles par des policiers : la SQ aurait été au courant depuis 2013

Jean Vicaire, directeur du service de police de Lac-Simon

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Des hauts gradés de la Sûreté du Québec (SQ) étaient au courant des allégations d'inconduites policières à Val-d'Or dès 2013, soit deux ans avant la diffusion du reportage de l'émission Enquête. C'est ce qu'a rapporté le directeur du Service de police de la communauté anichinabée de Lac-Simon, Jean Vicaire, lors de son témoignage à la commission Viens.

Un texte de Thomas Deshaies

Jean Vicaire, qui a travaillé à la Sûreté du Québec pendant 24 ans, a rendu un témoignage de plusieurs heures jeudi. Il a fait diverses révélations qui corroborent les propos tenus par plusieurs citoyens lors des précédentes audiences.

Jean Vicaire est directeur du Service de police de Lac-Simon en 2013, mais travaille toujours pour la Sûreté du Québec (en prêt de services), alors que des élus de Lac-Simon se confient à lui sur les allégations. « Dès que j’ai eu cette information, j’ai informé mon supérieur immédiat [à la Sûreté du Québec] de la situation », a-t-il déclaré devant le commissaire Jacques Viens.

Je ne pourrais pas vous dire s’il y a eu enquête ensuite.

Jean Vicaire, directeur du Service de police de Lac-Simon

Lors de sa rencontre avec le haut gradé de la SQ de la région, il découvre que celui-ci est déjà au fait de la situation. « À ma grande surprise, il me [nomme le nom d’un policier], a relaté Jean Vicaire. Il y a quelque chose que je ne sais pas que lui, il sait. Comme je vous le dis, j’étais estomaqué. »

Jean Vicaire confirme l’existence des « cures géographiques »

Jean Vicaire a fait une autre révélation-choc, lors de son témoignage, concernant la pratique illégale de la cure géographique par des policiers.

De nombreux témoins ont affirmé dans les dernières semaines, devant la commission d’enquête, que des policiers abandonnaient des personnes ivres en forêt, à plusieurs kilomètres de la ville, pour qu’elles dessoûlent. « Malheureusement, des propos que j’ai entendus provenant de policiers et policières [confirment] qu’il y en a eu », a-t-il répondu lorsque questionné par la procureure de la commission, Arianne Martel.

C’est un sujet et des propos qui m’ont été relatés par des policiers de la Sûreté du Québec.

Jean Vicaire, directeur du Service de police de Lac-Simon

Manque de volonté chez certains agents?

En tant qu’agent de liaison autochtone à la Sûreté du Québec, Jean Vicaire a constaté le manque de volonté chez certains agents à s’impliquer pour la réconciliation. « Je peux avoir une pensée sur comment améliorer la situation, mais si les individus n’ont pas la même vision d’améliorer la situation, c’est là qu’on a un problème de gestion », a-t-il confié.

Une situation qu’il a d’ailleurs constatée à la veille de la diffusion du reportage de l’émission Enquête en 2015, alors qu’une formation sur les réalités autochtones était offerte aux travailleurs de la Sûreté du Québec. « J’entends un officier dire : "Moi, je n’ai pas rien que ça à faire ici, moi, j’ai de l’ouvrage au bureau", déplore M. Vicaire. Ça n’aide pas. Ça fait pas 50 ans, ça fait 3 ans. »

Si on n’arrête pas ça, que fait-on avec le jeune policier qui arrive à 20 ans [en Abitibi] et qui voit que son supérieur a ces propos-là? Ça ne fonctionne pas.

Jean Vicaire, directeur du Service de police de Lac-Simon

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones