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Fin de l'enquête publique sur l'affaire Brandon Maurice

Un véhicule gris en bordure de route.
Brandon Maurice conduisait ce véhicule lorsqu'il a été abattu par un agent de la Sûreté du Québec. Photo: Radio-Canada / Roland Carrier
Radio-Canada

Près de trois ans après la mort de Brandon Maurice, les derniers témoins se sont fait entendre, jeudi, dans le cadre de l'enquête publique du coroner qui tente de faire la lumière sur la poursuite policière qui a mal tourné à Messines, en Haute-Gatineau.

L'expert Martin Lechasseur a poursuivi son analyse des gestes des policiers Frédéric Fortier et Dave Constantin, qui ont utilisé une technique normalement réservée au groupe tactique d'intervention. Cette méthode nommée « dynamique » n'est pas enseignée par la Sûreté du Québec (SQ) ni par l'École nationale de police du Québec.

Le procureur des deux agents, Me André Fiset, a rappelé que la formation sur cette méthode est trop chère pour être offerte aux patrouilleurs. Un argument qui a fait sourciller le coroner en chef adjoint Luc Malouin, qui préside l’enquête publique. Chaque vie humaine sauvée n’a pas de prix, a affirmé M. Malouin.

Dominique Bernier répond aux questions des journalistes.Dominique Bernier (à droite) et sa mère sont soulagés que l'enquête publique soit terminée. Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

La mère de Brandon Maurice, Dominique Bernier, a été la dernière à témoigner. Elle a expliqué avec beaucoup d'émotions comment elle et ses proches ont vécu les heures qui ont suivi la mort de son fils.

Le dossier est loin d'être clos pour Mme Bernier, qui affirme vouloir intenter des poursuites contre les policiers dans un proche avenir.

Pour moi, c’est un cas de négligence criminelle causant des blessures graves entraînant la mort d’un adolescent et, avec ce que l’on a entendu, oui, nous allons intenter une poursuite [...] contre le corps policier, contre le policier même, parce que plus qu’il va y avoir des gens atteints, plus que ça va faire réaliser les gens, a-t-elle expliqué.

Je lui ai promis dans son cercueil que j’étais pour aller jusqu’au bout, de faire mon maximum, et c’est ce qu’on planifie.

Dominique Bernier, mère de Brandon Maurice

Mme Bernier a critiqué la façon dont on lui a annoncé la mort de son fils, mais surtout, qu'on lui ait refusé de voir son corps. Le coroner en chef adjoint Luc Malouin a qualifié cette situation d'inconcevable.

Il s'est engagé à ce que ça ne se reproduise plus dans l'avenir. Il veut trouver un compromis entre la protection des preuves dans le cadre des enquêtes et le droit de familles de voir le corps de leur proche pour une dernière fois.

Le coroner en chef adjoint Luc Malouin répond aux questions des journalistes.Le coroner en chef adjoint Luc Malouin Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

M. Malouin a rappelé à sa sortie que l’enquête publique est un outil de recherche qui permet au coroner d’établir les causes et les circonstances d’un décès et, s’il y a lieu, de formuler des recommandations. Le coroner enquêteur ne peut pas se prononcer sur la responsabilité civile ou criminelle d’une personne.

Les parties intéressées ont jusqu'à la fin du mois d'octobre pour soumettre leurs représentations finales. Le rapport du coroner devrait être rendu public au plus tard en janvier 2019.

Avec les informations de Laurie Trudel

Ottawa-Gatineau

Forces de l'ordre