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Ces maisons abandonnées qui témoignent d'un passé révolu

Une maison abandonnée.

Une maison abandonnée à côté de la route 11 à Strickland.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Radio-Canada

Les milliers de conducteurs de voitures ou de camions qui circulent sur la route Transcanadienne 11 dans le Nord de l'Ontario peuvent constater les effets de changements démographiques survenus au cours des décennies.

Un texte de Francis Bouchard

Des maisons abandonnées font partie du paysage le long de la route Transcanadienne entre Smooth Rock Falls et Hearst, surtout dans les secteurs ruraux, à l'extérieur des villes et villages.

Ces vestiges, dont l’âge et l’état de délabrement varient, témoignent d’un certain dépeuplement ou déplacement de gens.

C'est le cas, par exemple, dans un secteur appelé communément Departure Lake, dans un territoire non érigé en municipalité. Ou un peu plus à l’ouest, à Strickland, qui fait partie de la municipalité de Fauquier-Strickland.

Lucette Bélanger, 85 ans, a vécu toute sa vie à Strickland, où elle possède toujours le magasin général, qui comprend le comptoir de poste.

Lucette Bélanger, de Strickland.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lucette Bélanger devant son magasin général à Strickland.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Elle explique que beaucoup de ces maisons étaient habitées par des personnes vieillissantes.

C’est du monde plus âgé qui sont partis, soit qu’ils sont décédés ou qu'ils sont allés rester au nursing ou à l’hôpital. C’est en partie comme ça que les maisons sont abandonnées. Personne ne les a pris par après.

Lucette Bélanger, résidente de Strickland

Selon elle, la fermeture de l’usine de pâte à Smooth Rock Falls a contribué au déclin de la communauté.

La maire de Fauquier-Strickland, Madeleine Tremblay, évoque aussi les pertes d'emplois dans l'industrie forestière et la désaffection pour l'agriculture.

Les familles ont quitté pour s’éduquer et il y en a beaucoup qui ne sont pas revenues, car il n’y avait pas d’emplois. Les gens ont vieilli et ils n’étaient pas capables de vendre leurs maisons qui se sont dégradées,dit-elle.

Cet exode se traduit par une diminution importante de la population à Strickland.

Au début des années 80, je me rappelle avoir passé pour le recensement, et il y avait 90 familles. Maintenant, je pense qu’il en reste à peu près la moitié, puis ce n’est plus des familles, juste des couples quasiment, affirme Mme Bélanger.

Des maisons intrigantes

Lucette Bélanger est elle-même propriétaire d’une maison en ruines juste à côté de son magasin général. Construite au début des années 30, la maison de bardeaux a été achetée par son père dans les années 40.

L’octogénaire dit qu’elle y a vécu pendant 22 ans, après son mariage, jusqu’en 1976. Si la vieille maison lui rappelle de bons souvenirs, elle devra être démolie, concède-t-elle. Le toit s’est d’ailleurs effondré.

Une dame devant une vieille maison.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lucette Bélanger devant sa maison abandonnée à Strickland.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Si les ruines sont désolantes pour certains, elles sont intéressantes pour d’autres, comme des amateurs de photos.

Tous les étés, deux ou trois fois, j’ai quelqu’un qui arrête et qui demande pour photographier la maison. Je leur dis : "Je ne veux pas que vous rentiez dedans, au cas que ce soit dangereux", affirme Mme Bélanger sur un ton amusé.

L’entrée dans ces vieilles structures peut avoir des conséquences fâcheuses.

L’an dernier, une grande maison abandonnée entre Hearst et Kapuskasing a été rasée par les flammes dans un incendie considéré comme criminel par la police provinciale. Des gens s’arrêtaient le long de la route pour s'introduire dans l’édifice connu par plusieurs comme la maison hantée.

Pour éviter des entrées par effraction, certains propriétaires de maisons abandonnées ont placé des barrières à l’entrée et ont placardé les portes et les fenêtres.

Une maison abandonnée avec un vieux camion en avant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une maison abandonnée dans le territoire du canton d'Opasatika.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

L’avenir

Lucette Bélanger souligne que certaines personnes ont acheté des terres dans la région de Strickland.

Mais lorsqu’on lui demande de parler de l'avenir de la communauté, elle se dit peu optimiste.

Il n’y a pas grand avenir, je pense. Moi, à mon âge, je ne serai pas ici encore bien longtemps, dit-elle en ricanant.

La maire Tremblay admet que la population de Fauquier-Strickland est vieillissante, mais elle estime qu'il y aura une relève.

La maire de Fauquier-Strickland, Madeleine Tremblay.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La maire de Fauquier-Strickland, Madeleine Tremmblay, se dit optimiste.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Le village va continuer. Il va y avoir d’autres gens qui vont venir ici. Il y a encore des gens qui veulent vivre dans de petites communautés.

Madeleine Tremblay, maire de Fauquier-Strickland

Elle parle d’ailleurs d’une famille de l’extérieur venue s’établir récemment sur une terre de plus de 200 acres à Grégoire Mills, petit hameau entre Fauquier et Strickland. Elle dit que ces gens ont été attirés par la nature et les grands espaces.

Avec le réchauffement climatique, Madeleine Tremblay croit en la possibilité d'attirer des gens pour exploiter de petites fermes.

Notre marché a ouvert une semaine plus tôt cet été. Et on nous dit que le climat est censé se réchauffer encore et qu’on va avoir des saisons [de croissance] plus longues.

Des maisons abandonnées.
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Des maisons abandonnées le long de la route 11 dans le secteur communément appelé Departure Lake.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Une maison abandonnée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une maison abandonnée dans le secteur de Moonbeam.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Une boîte aux lettre abandonnée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une boîte aux lettres qui ne sert plus devant une maison abandonnée dans le secteur de Departure Lake.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

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