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La Boussole : pour s'y retrouver d'ici le 1er octobre

Le reportage d'Élisa Serret
Radio-Canada

Le jour du scrutin, savez-vous pour qui voter? Pas facile d'y voir clair entre tous les enjeux, les programmes et les nouvelles propositions que feront les partis politiques tout au long de la campagne. Pour vous aider, la Boussole électorale est de retour.

Un texte d’Elisa Serret

Que vous soyez simplement curieux ou indécis, la Boussole électorale est un outil interactif qui permet de vous situer sur l’échiquier politique et qui vous aide à déterminer quel parti propose un programme qui se rapproche le plus de vos valeurs. Le professeur en sciences politiques Guy Lachapelle de l’Université Concordia, à Montréal, croit que l’outil permet aux Québécois de démêler plus facilement les options offertes aux électeurs.

Je pense que la Boussole a surtout comme objectif de rendre les citoyens peut-être plus conscients des vrais débats entre les partis politiques. Surtout dans une ère où on a l'impression que les trois partis se ressemblent beaucoup.

Guy Lachapelle, professeur de sciences politiques, Université Concordia

Pour y participer, c’est très simple. Il suffit de répondre à 30 questions en ligne. Des questions sur les grands enjeux de cette campagne électorale. Le questionnaire a été élaboré conjointement par Radio-Canada, un comité formé de chercheurs de trois universités québécoises et Vox Pop Labs.

Charles Breton, directeur de recherche chez Vox Pop Labs, l’entreprise derrière la Boussole électorale, la décrit comme étant un outil d’engagement démocratique.

« C'est un outil qui permet de recentrer un peu le discours de la campagne sur les enjeux de politiques publiques. Parce que pendant la campagne, on parle plus souvent des sondages, sur qui mène, ce qu'on appelle en anglais le "horse race". Nous, on essaie de recentrer ça et d'avoir un travail qui se penche sur les politiques publiques », explique-t-il.

Pour définir comment les partis se positionnent, l’équipe de Vox Pop Labs a épluché tous les discours et tous les programmes des grands partis. Les formations politiques ont aussi répondu au questionnaire en précisant où elles se situent sur chacune des grandes questions. C’est ainsi que l’outil arrive à vous positionner.

Et attention, la Boussole ne vous dit pas pour qui voter, rappelle Charles Breton. « Elle vous montre où vous vous situez par rapport aux idées des partis sur des enjeux politiques. »

Surpris du résultat?

Il se peut qu’une fois le questionnaire terminé, vous soyez surpris du résultat. C’est que la Boussole prétend que vous avez le même degré d’intérêt pour toutes les questions. Mais il se peut que ce ne soit pas le cas.

Vous pourriez par exemple avoir moins d’intérêt pour les questions de santé ou d’économie. Il est donc maintenant possible, à la fin du questionnaire, de préciser votre degré d’intérêt pour certains enjeux. La Boussole procédera à un nouveau calibrage et changera peut-être votre positionnement. L’outil vous indique aussi à quel pourcentage vous êtes en accord avec chacun des partis.

La Boussole n’est pas un sondage

Précisons que la Boussole n’est pas un sondage. Ce qui différencie la Boussole du sondage classique, c’est que dans ce dernier, les sondeurs choisissent les participants. Le but est d’avoir un échantillonnage plus représentatif du portrait sociodémographique de la région touchée par le sondage.

Dans le cas de la Boussole, la participation est entièrement volontaire. Il se peut donc que l'échantillonnage soit moins représentatif. Le professeur de sciences politiques à l’Université de Montréal, André Blais, croit tout de même que la Boussole électorale est un outil intéressant. « Ce n’est pas un sondage, mais avec la Boussole, on a des questions et des nombres très élevés de répondants contrairement aux sondages qui sont faits avec de petits nombres. Ce qui permet d’avoir une très bonne idée des tendances. »

Pour éviter une sous-représentation d’une catégorie de personnes, Vox Pop Labs s’assure de pondérer les données avec les données du dernier recensement de Statistique Canada. De cette façon, les résultats sont plus fiables, précise Charles Breton.

Vos données restent confidentielles

Ne vous inquiétez pas : vos réponses restent confidentielles. Il n’y a aucun moyen de vous identifier. On vous demande, par exemple, votre code postal, votre sexe, votre âge et le domaine dans lequel vous travaillez, mais rien pour vous identifier.

Les données compilées serviront à créer du contenu électoral pour Radio-Canada. Une fois la campagne terminée, elles serviront à des recherches pédagogiques. Mais aucune de ces données ne sera vendue.

Ailleurs dans le monde

Cet outil a été développé par la compagnie torontoise Vox Pop Labs. Jusqu'à présent, 12,5 millions d’électeurs l’ont utilisé au cours de 25 campagnes électorales, de l'Ontario à la Nouvelle-Zélande, en passant par l'Australie.

Les électeurs du Québec, du Nouveau-Brunswick et du Brésil l’utilisent d’ailleurs en ce moment.

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