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Des classes neuves, climatisées et préfabriquées pour la rentrée scolaire

L'école Marie-Favery de la CSDM et son extension modulaire flambant neuve pour la rentrée 2018-2019

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Radio-Canada

Pour 1800 écoliers de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la rentrée s'effectuera lundi prochain dans une centaine de classes modulaires. Non pas des roulottes, mais des bâtiments préfabriqués installés, clé en main, en seulement sept mois. Une première pour la plus grosse commission scolaire de la province.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Ces 104 nouveaux locaux (91 classes et 13 salles à usages multiples) équivalent à cinq écoles primaires, rien de moins. Ils ont été livrés avec permis, plans et devis, installation et mobilier compris.

« On espère ne pas vivre ça trop souvent, a déclaré la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, car c'est exigeant pour nos équipes! En même temps, on savait à quel point c'était important pour nos écoles. »

Important, puisque la CSDM doit composer avec une augmentation substantielle de sa clientèle que les seules prévisions démographiques n'auraient pu annoncer. « On ne peut pas juste planifier en fonction des naissances », explique Mme Harel Bourdon. La commission scolaire doit aussi s'ajuster en fonction des nouveaux arrivants et du développement de nouveaux quartiers résidentiels tels Griffintown ou encore Angus. Sans compter que les écoles doivent faire l'objet de mille et un travaux.

« Il faut planifier, pour ne pas se retrouver en urgence dans trois, quatre ou cinq ans », fait valoir Mme Harel Bourdon.

D'où le recours aux bâtiments modulaires, qui sont un « plan B » pour la CSDM. « Notre plan A, c'est la construction [de nouvelles écoles] à long terme », dit Mme Harel Bourdon.

La CSDM loue ces classes modulaires auprès des entrepreneurs. Au Québec, deux gros joueurs se partagent ce marché, Solution modulaire scolaire et AMB modulaire, des entreprises qui ont vu leur carnet de commandes doubler durant la dernière année.

Installées selon les normes institutionnelles de construction, ces écoles préfabriquées n'ont pas de solage. « On aime bien dire que c'est temporaire, parce que les fondations sont temporaires [...] », explique Patrice Bouchard, de Solution modulaire scolaire. Ces modules peuvent donc être démontés et remontés ailleurs, au besoin.

Une cour d'école avec des lignes colorées au sol; un conteneur vert, une école modulaire en chantier et trois employés portant des casques de construction par une journée ensoleillée

En juillet dernier, voici à quoi ressemblait le chantier du bâtiment modulaire ajouté à l'école Saint-Jean-de-la-Lande de la CSDM à Montréal

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Une manne pour les fabricants

Au printemps dernier, Solution modulaire scolaire a reçu le mandat de concevoir et d'installer 107 de ces locaux; une demande record.

« Non, on ne l'avait pas vu venir, reconnaît Patrice Bouchard. On n'a jamais pensé qu'il pouvait y en avoir autant en une seule année. » M. Bouchard estime qu'environ 250 classes modulaires ont été commandées en tout par différentes commissions scolaires cette année au Québec.

« C'est clair, c'est propre, c'est blanc. »

À l'École Marie-Favery dans l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, cinq classes préfabriquées ont surgi durant l'été. Leur allure a surpris Amélie Bélisle-Gravel, une enseignante de sixième année qui appréhendait devoir enseigner dans une « roulotte un peu décrépite ».

Une enseignante défait ses cartons dans une classe préfabriquée : on voit un tableau interactif, du matériel scolaire en vrac sur des pupitres et des chaises empilées

L'enseignante Amélie Bélisle-Gravel s'installe dans une des classes préfabriquées de l'école Marie-Favery à Montréal

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

« Tout est neuf, un avantage non négligeable », dit-elle.

C'est très propre, tout est blanc. C'est clair, beaucoup d'aération également. Ça a l'air bien conçu, mais on verra...

Amélie Bélisle-Gravel, enseignante

Des écoles en expansion partout au Québec

Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec dispose d'une enveloppe budgétaire annuelle pour financer la location de ces espaces temporaires.

« Exceptionnellement, au cours des derniers mois, le Ministère a permis l'acquisition d'unités modulaires pour les commissions scolaires de Laval, Marguerite-Bourgeoys et Kamouraska-Rivière-du-Loup dans le cadre d'un projet pilote », a déclaré la porte-parole du ministère, Esther Chouinard.

À Laval, par exemple, la commission scolaire a acheté quatre maisons usinées – des maisons-écoles – à l'entreprise Bonneville.

Même la directrice veut y aller

Femme souriant dans une classe préfabriquée dotée d'un tableau interactif, d'un bureau et d'une fenêtre

Nancy Riendeau est directrice de l'école primaire Saint-Isaac-Jogues à Montréal

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

À l'École primaire Saint-Isaac-Jogues, dans l'arrondissement montréalais d'Ahuntsic-Cartierville, les classes préfabriquées abriteront les élèves les plus âgés cette année seulement. Par la suite, deux ailes seront ajoutées en permanence aux deux extrémités de l'école.

La directrice, Nancy Riendeau, est « agréablement surprise » des ajouts modulaires faits à son école de quelque 500 élèves. Les préoccupations qu'elle avait au sujet du bruit, de l'isolement des classes ainsi déplacées et du chauffage se sont estompées. En fait, les locaux temporaires sont si plaisants qu'elle songe à y déménager son bureau...

D'après un reportage d'Anne-Louise Despatie

Grand Montréal

Éducation