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Le profil type du candidat en Outaouais : un homme blanc expérimenté

Une infographie avec une image d'ADN
Le profil type des candidats en Outaouais est un homme blanc. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Sans surprise, le profil type du candidat pour les prochaines élections provinciales en Outaouais est un homme blanc expérimenté. Toutefois, les électeurs découvriront beaucoup de nouveaux visages. Voici un tour d'horizon des candidats dans la région.

Un texte d'Agnès Chapsal

On a un panel assez classique, prévient d'emblée Thomas Collombat, professeur agrégé de sciences politiques au Département des sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), en entrevue à Radio-Canada.

En ce qui a trait aux formations politiques, ce n’est pas très différent des élections provinciales de 2014 dans la région. Les quatre partis représentés à l'Assemblée nationale sont le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS). Des partis qui n'ont pas de députés élus présentent des candidats : le Parti vert du Québec (PVQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ). Le Nouveau Parti démocratique du Québec (NPD-Québec) constitue la seule nouveauté en matière de formations.

Moins de femmes que d'hommes

Sur les 25 candidats qui ont été investis jusqu'à présent dans les 5 circonscriptions (Hull, Chapleau, Gatineau, Papineau et Pontiac), seulement 8 candidates contre 17 hommes se présentent.

Malheureusement, c’est un profil très, très masculin. [...] En revanche, dans Hull, ce sont quatre candidates sur sept qui sont des femmes, nuance M. Collombat.

Au niveau du Québec en général, on a toujours une sous-représentation des femmes en politique, que ce soit au sein des candidatures ou au sein des élus. On a certains partis qui font des efforts plus importants que d’autres, Québec solidaire présente plus de femmes que d’hommes. Mais il y a toujours cette idée de sous-représentation des femmes, souligne le professeur.

Peu de minorités visibles

Par ailleurs, très peu de candidats issus des minorités visibles figurent sur les listes électorales.

C’est un portrait très masculin et un portrait très blanc.

Thomas Collombat, professeur à l'UQO

À ma connaissance, pour l’instant, la seule candidate issue d’une minorité visible serait Mme Olive Kamanyana, la candidate de la CAQ dans le Pontiac, mentionne M. Collombat.

Seulement deux candidats sont issus des communautés autochtones et métisse. Il s'agit de Jean-Philippe Chaussé, candidat du Parti conservateur du Québec dans Hull, et de Roger Fleury, candidat du Parti vert dans le Pontiac.

Beaucoup de nouveaux visages

Seulement six candidats l'ont été auparavant dans la région : Maryse Gaudreault (PLQ), André Fortin (PLQ), Marc Carrière (PLQ), Alexandre Iracà (PLQ), Roger Fleury (PVQ) et Benoît Renaud (QS). Les 19 autres ne se sont jamais présentés à des élections provinciales en Outaouais.

Maryse Gaudreault, André Fortin, Marc Carrière et Alexandre Iracà sont aussi députés sortants.

Présenter de nouveaux candidats impose aux partis de rebâtir l’image du candidat et de le faire connaître par l’électorat local, explique M. Collombat.

Quand on voit un visage assez familier, ça remplit déjà une partie du travail. En revanche, l’idée de présenter de nouveaux visages, ça donne une image de renouveau, de changement, de rafraîchissement, ça montre qu’on a suffisamment de personnes qui nous soutiennent dans la région pour être capable de choisir différentes personnes, donc ça envoie un message d’assise locale et d’implantation, poursuit le professeur.

Pour ce qui est de la CAQ, le parti a choisi de présenter des personnes relativement peu connues dans la région, comme Rachel Bourdon dans Hull et Mathieu Lévesque dans Chapleau. Mais il a aussi privilégié deux candidats ayant un passé de personnalités publiques, soit l'ancien élu local Robert Bussière dans Gatineau et l'ex-journaliste Mathieu Lacombe dans Papineau, ajoute M. Collombat.

Parmi les candidats, certains sont jeunes, voire très jeunes, comme Nichola St-Jean du NPD-Québec, qui a 22 ans, et Blake Ippersiel, le plus jeune candidat du PQ, âgé de 19 ans seulement. Présenter de jeunes candidats permet à ces derniers de faire leurs armes dans des circonscriptions où les partis ont très peu de chances de l'emporter [...] On cherche plus tard dans leur carrière partisane à les présenter dans des comtés plus prenables.

Profils socio-économiques

Les candidatures reflètent le tissu socio-économique de chaque région, précise M. Collombat.

Or, en Outaouais, la population urbaine est importante. C'est une région très marquée par la fonction publique et les emplois de service, les emplois dits intellectuels, donc ça va se refléter dans les candidatures.

C’est beaucoup de représentation des professions intellectuelles, des enseignants, des fonctionnaires, des avocats, des journalistes qui se présentent.

Thomas Collombat, professeur à l'UQO

D’autres investitures?

Des investitures de dernière minute sont à prévoir, soit au sein de partis de plus petite taille ou qui ont moins d’audience dans la région, selon le professeur Collombat. Les aspirants députés ont jusqu’au 15 septembre pour soumettre leur candidature.

Le PQ, par exemple, n'a pas encore investi de candidat dans le Pontiac.

C'est une circonscription dont la population anglophone est extrêmement importante. Le Parti québécois y fait traditionnellement des résultats très modestes et de toute évidence, ce n’est pas une priorité, note le professeur.

Dans un courriel adressé à Radio-Canada, Natasha Collin, attachée de presse du PQ, soutient que le parti aura « 125 candidats dans les 125 circonscriptions ».

Nous avons des individus ciblés, ajoute-t-elle.

Des candidatures du NPD-Québec, du Parti conservateur du Québec et du Parti vert du Québec sont aussi à prévoir, croit Thomas Collombat.

C'est le 1er octobre que l'on connaîtra le nom des nouveaux députés de la région.

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale