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Les Québécois ont le choix « entre la stabilité et l'instabilité », plaide Couillard

Philippe Couillard
Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Les Québécois doivent faire le choix de la « stabilité » et du « progrès » en votant pour le Parti libéral du Québec le 1er octobre prochain, et rejeter « l'instabilité » ou le « recommencement » que représenterait toute autre formation politique, a plaidé le chef libéral Philippe Couillard, jeudi, en lever de rideau de sa campagne électorale.

Un texte de François Messier

« L’enjeu de cette élection est simple : soit nous récoltons les fruits des efforts passés, soit nous compromettons des années de travail », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue au domaine Catariqui, situé dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec. « Le choix se fera entre la stabilité ou l’instabilité, entre le progrès ou le recommencement. »

Selon M. Couillard, le Québec a fait des « progrès remarquables » au cours des quatre années de son mandat à la tête du gouvernement, marquées par « un travail de fond pour restructurer les finances, recentrer l’État sur ses priorités », et « défricher de nouvelles voies d’avenir, comme la stratégie maritime ou l’intelligence artificielle ».

Grâce à ces « grands travaux qui ont solidifié les bases » du Québec, il est maintenant possible pour le Parti libéral de « faciliter la vie des Québécois et des Québécoises », a poursuivi le chef libéral, reprenant du coup le slogan de son parti. « On va faciliter la vie de tout le monde : les parents, les étudiants, les aînés, les travailleurs, les entrepreneurs. »

Au cours des 39 jours de la campagne électorale, M. Couillard entend donc dévoiler une série d'engagements « concrets », qui permettront d'offrir à la population « plus de temps, plus d’argent, plus d’accès aux services, et plus de façons de se déplacer et de réaliser des projets. »

[Nous voulons] aller dans la vie des gens, régler ces irritants, ces difficultés qui rendent parfois la vie bien compliquée et vous allez voir qu’ils peuvent être réglés de façon pas si compliquée, souvent.

Philippe Couillard

M. Couillard a toutefois refusé de dire quelles décisions prises au cours de ses années au pouvoir dans le but d'assainir les finances publiques ont pu compliquer la vie des Québécois.

« Je vais me concentrer sur l'autre versant », a-t-il dit, avant d'énumérer notamment les progrès accomplis selon lui dans le secteur de la santé : 1,1 million de personnes prises en charge par des médecins de famille, ouverture de 49 supercliniques, soins à domicile accrus, etc.

« On a fait beaucoup pendant quatre ans, on veut faire encore mieux pour les quatre années à venir », a-t-il assuré, en soulignant qu'il vendra ses projets avec une équipe « expérimentée, mais également renouvelée, régénérée. » Avec ce renouveau, les libéraux peuvent aussi prétendre incarner le « changement », croit-il.

Économie, éducation et santé au menu

Le chef libéral n'a pas fait de promesses précises d'entrée de jeu, mais a promis de ratisser large, en faisant valoir que son parti est celui de l'économie, de l'éducation – qui est « au sommet des priorités de l'État », a-t-il dit – et de la santé.

Il a notamment souligné que, contrairement aux récentes campagnes électorales où il était question de création d'emplois, il entend « beaucoup parler cette fois de la nécessité de combler les emplois disponibles ». Quelque 100 000 emplois sont vacants dans les régions, a-t-il affirmé.

Il a aussi défendu une fois de plus le bilan de son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, mais a refusé de dire si ce dernier conserverait son poste, advenant que les libéraux soient réélus.

« On aura l'occasion de reparler de tout ça », s'est-il borné à dire lorsqu'on lui a demandé quel pourrait être le rôle de ce dernier, maintenant que la PDG du CHU de Québec, Gertrude Bourdon, a accepté de briguer les suffrages sous la bannière libérale. Cette candidature sera officialisée vendredi.

Les marges de manoeuvre financières dégagées par son gouvernement, a aussi fait valoir M. Couillard, devraient permettre d'offrir un financement « stable et prévisible » dans les réseaux de la santé et de l'éducation.

La CAQ veut « replonger le Québec dans l'affrontement »

Sans surprise, le chef libéral n'a fait aucune mention du Parti québécois de Jean-François Lisée lors de son point de presse, préférant diriger ses attaques vers la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le parti de François Legault a une « longue liste de chicanes préprogrammées, avec les régions, avec les Premières Nations sur l'éolien, avec les médecins spécialistes, avec les gens de la fonction publique », a-t-il avancé.

Le catalogue est déjà long de gens qu'ils veulent affronter. Alors si on veut replonger le Québec dans l'affrontement, je n'appelle pas ça de la stabilité. Et c'est ce que je vois jusqu'à maintenant.

Philippe Couillard

Lors de la période de questions en anglais, M. Couillard a aussi annoncé qu'il compte remettre en doute l'engagement de M. Legault envers le Canada. Bien qu'il se présente aujourd'hui comme fédéraliste, le chef de la CAQ « ne dit jamais qu'il aime le Canada », a-t-il déploré.

« Ce n'est pas assez pour moi », a-t-il poursuivi. Il ne suffit pas de « tolérer le Canada », mais encore faut-il « l'aimer » et vouloir que le Québec participe à en faire un pays meilleur.

Philippe Couillard a toutefois reconnu avoir lui-même commis un impair en occultant complètement l'anglais dans son discours de lancement de campagne, comme lui a fait remarquer une journaliste.

« C'est un bon point. [...] Je le fais toujours. Je suis désolé. J'aurais dû mettre un paragraphe en anglais », a-t-il reconnu.

Après sa conférence de presse, Philippe Couillard a pris la route de la Mauricie, où il doit participer à un rassemblement partisan, en soirée, dans la circonscription de Maskinongé.

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