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Gaétan Barrette convient que Gertrude Bourdon pourrait lui succéder à la Santé

Gaétan Barrette, souriant, entouré de journalistes.

« Je vous répondrai avec le sourire que j’accepterai les fonctions qu’on me donnera », a déclaré Gaétan Barrette, jeudi, à son arrivée au Conseil des ministres.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Gaétan Barrette concède à demi-mot que Gertrude Bourdon, qui a quitté son poste de PDG du CHU de Québec-Université Laval jeudi pour briguer les suffrages pour le Parti libéral dans Jean-Lesage, pourrait prendre sa place à titre de ministre de la Santé si sa formation est reportée au pouvoir. Les chefs péquiste et caquiste doutent des convictions politiques de celle dont Philippe Couillard vante le « haut calibre ».

Un texte de François Messier et Bernard Barbeau

Interrogé par les journalistes à son arrivée au Conseil des ministres, jeudi matin, tout juste avant le déclenchement de la campagne électorale, Gaétan Barrette a refusé de répéter clairement qu’il aimerait occuper le poste pour un autre mandat.

En entrevue à La Presse, il y a quelques jours, le député sortant de La Pinière disait pourtant sans détour qu’il « souhaite revenir à la Santé ».

« Il y aura des annonces qui seront faites demain, je n’ai pas de commentaires à faire là-dessus », a-t-il plutôt fait valoir lorsqu'il a été relancé à ce sujet, en faisant référence à la conférence de presse qui officialisera la candidature de Mme Bourdon.

« Moi, j’ai dit à plusieurs reprises que je venais en politique pour changer des choses en santé. Je ne vais pas changer ma position là-dessus », a-t-il rapidement ajouté.

Pressé de questions, Gaétan Barrette s'est cependant borné à dire qu'il reviendrait à son chef Philippe Couillard de prendre ces décisions.

J’ai toujours dit la même chose. Il y a des prérogatives qui appartiennent au premier ministre. Je ne vais pas changer d’idée là-dessus. On va où on est envoyé.

Gaétan Barrette, candidat libéral dans La Pinière

Gertrude Bourdon démissionne de ses fonctions

Le CHU de Québec-Université Laval a annoncé jeudi que Gertrude Bourdon avait présenté le jour même sa démission, qui prend effet vendredi, « afin de se porter candidate à une charge publique élective ».

« Guidée par son éthique professionnelle, Mme Bourdon présente ainsi sa démission afin de protéger l’indépendance politique de l’établissement », indique un communiqué.

Lors de la conférence de presse marquant le lancement de sa campagne, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, n'a pas été ébranlé par le fait que la PDG du CHU de Québec a eu des discussions non seulement avec la Coalition avenir Québec, mais aussi avec le Parti québécois, au cours des derniers mois. « On doit s'attendre à ce qu'une personne de haut calibre rencontre les gens de toutes les formations politiques », a-t-il commenté.

Il s'est par ailleurs défendu de s'être livré à « un jeu de surenchères » avec Mme Bourdon. Selon lui, Mme Bourdon adhère pleinement aux valeurs libérales et a un « désir profond de s'impliquer ».

Les informations selon lesquelles Mme Bourdon aurait exigé d'être ministre de la Santé et demandé une hausse de 8 % du budget du ministère à François Legault ne sont que du « ouï-dire », a encore dit M. Couillard.

« Indécence politique », assène Lisée

Invité à se prononcer lui aussi au sujet de Gertrude Bourdon, le chef péquiste Jean-François Lisée a été cinglant.

Pour moi, avec tout le respect qu’on doit à sa carrière, elle est devenue le symbole de l’indécence politique, du vide des convictions.

Jean-François Lisée, chef du PQ

« La semaine dernière, elle était avec un parti qui prétend être contre la réforme Barrette. Cette semaine, elle est avec un parti qui est content de la réforme Barrette, a ajouté M. Lisée. [...] Je comprends que les Québécois soient cyniques devant des gens qui se magasinent un parti [parmi des formations] qui n’ont pas le même programme. »

Il a raconté que lorsque la députée sortante péquiste Agnès Maltais « a fait une tournée de candidatures potentielles pour la remplacer, elle avait parlé à Mme Bourdon. Et assez rapidement, on a décidé que Diane Lavallée serait une meilleure candidature, pour toutes sortes de raisons ».

« Mais on ne savait pas que Mme Bourdon était prête à changer d’opinion et de parti à quelques jours des élections », a-t-il dit.

Legault évoque l'entente avec les spécialistes

Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, est revenu sur le refus de Gertrude Bourdon de rouvrir l'entente entre Québec et les médecins spécialistes si elle devenait ministre de la Santé d'un gouvernement caquiste, un des éléments qui les ont empêchés de s'entendre.

« Je pense que la première question qu’il faut lui poser, c’est : pourquoi elle accepte que, dans le même hôpital, il y ait des médecins spécialistes qui gagnent plus que leurs homologues en Ontario, alors que dans le même hôpital, il y a des infirmières qui gagnent moins que leurs homologues? »

Barrette convient que Bourdon a les compétences requises

Gaétan Barrette a convenu que quelqu’un d’autre que lui pourrait diriger le ministère qui détient la plus grande part du budget de la province.

« La réponse, c’est oui. […] Je l’ai toujours dit qu’il était essentiel en santé que la personne qui soit à la tête [du ministère] ait une compréhension approfondie du système de santé. »

Je l'ai dit publiquement par le passé. J'ai participé à des approches pour la recruter [Gertrude Bourdon]. Alors, je ne vais certainement pas approcher quelqu'un d'incompétent.

Gaétan Barrette, candidat libéral dans La Pinière

M. Barrette n'a pas pu dire si Mme Bourdon avait exigé de devenir ministre de la Santé avant de confirmer sa candidature pour le PLQ, comme elle l'aurait fait auprès de la Coalition avenir Québec.

Il a toutefois dit croire qu'elle avait refusé de se lancer aux côtés de François Legault parce que le programme du parti est « nocif » pour le système de santé.

Le député libéral sortant a par ailleurs profité de l'occasion pour décocher ses premières flèches de la campagne, en critiquant l'idée du chef caquiste François Legault de confier le ministère de la Santé à un « gestionnaire d'expérience », peu importe qu'il soit issu du secteur public ou privé.

Selon lui, en faisant cette déclaration, M. Legault a « littéralement répudié ses deux candidats » potentiels pour le poste, soit le Dr Lionel Carmant et le porte-parole du parti en matière de santé, François Paradis.

« Est-ce que ça veut dire que le prochain ministre de la Santé va être Youri Chassin? », a-t-il lâché, en référence à cet ancien directeur de la recherche à l'Institut économique de Montréal (IEDM), voué à la promotion du libre marché, qui défendra les couleurs de la CAQ dans Saint-Jérôme.

Selon lui, confier le ministère à un gestionnaire privé serait une catastrophe.

« En connaissez-vous beaucoup des gestionnaires privés qui ont une connaissance approfondie du système de santé aujourd’hui? [...] Il y en a eu un dans l’histoire du Québec, c’est François Legault, et rappelons-nous, la crise des urgences qu’il y avait à l’époque, c’était la pire de l’histoire du Québec », a-t-il argué.

Ministre de la Santé de 2002 à 2003, François Legault avait été le quatrième à occuper ce poste au sein des gouvernements péquistes ayant dirigé le Québec de 1994 à 2003, après Jean Rochon, Pauline Marois et Rémy Trudel.

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