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L'avenir du camp de protestation porté devant les tribunaux

Tipis devant le Palais législatif, avec des femmes et des enfants en costume traditionnels.
Mercredi soir, un pow-wow était organisé par les membres du campement pour se donner de la force. Photo: Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Les membres du camp de protestation Justice pour nos enfants volés ont été entendus jeudi lors d'une audience à la Cour du Banc de la Reine de Regina, pour faire valoir leur requête contre leur expulsion du parc Wascana le 18 juin dernier. La Cour se penchera aussi sur la poursuite de la province contre le campement et le chef de police de Regina, Evan Bray, pour ne pas avoir démantelé le camp de façon permanente.

Après avoir entendu les avocats toute la journée, la juge Ysanne Wilkinson affirme qu’elle devra soupeser beaucoup de concepts afin de déterminer le poids de chaque argument. Le procureur de la Couronne et l’avocate de la police se disent satisfaits de leurs plaidoiries. L’avocat du camp dispose d’une semaine pour soumettre une nouvelle plaidoirie.

Le campement, qui compte maintenant une quinzaine de tipis, est installé en face du palais législatif, à Regina, depuis le mois de février. Ses membres veulent dénoncer les injustices dont sont victimes les jeunes Autochtones ainsi que la surreprésentation des Autochtones dans le système carcéral canadien.

Deux actions en justice abordées jeudi

Les manifestants ont déposé une action en justice le 16 juillet, en affirmant que le gouvernement avait limité leur liberté d'expression quand la police de Regina a arrêté six membres du camp. Ils remettent en question la constitutionnalité de ces arrestations et demandent aux tribunaux de protéger leur manifestation en vertu de la Charte des droits et libertés.

Le 17 juillet, le gouvernement de la Saskatchewan a également soumis une action en justice contre les membres du camp et le Service de police de Regina. Selon les documents déposés en cour, le gouvernement de la Saskatchewan et la Commission de la capitale provinciale demandent au tribunal d'ordonner aux manifestants « de partir et de cesser d'occuper la terre » ainsi que « de se conformer aux règlements du centre Wascana ».

La question du droit à la liberté d'expression a été au coeur des discussions de cette audience. Les avocats du gouvernement ont affirmé qu’il est important que la province reste souveraine sur la gestion du terrain occupé par les manifestants. L’avocat des manifestants, Daniel Leblanc, a cependant plaidé que le campement est protégé par la Charte des droits et libertés et que les dommages causés au parc Wascana sont minimes comparativement à la cause qu'ils défendent.

Concernant les arrestations du 18 juin, la conseillère juridique du camp, Mira Conway, a avancé qu’elles n'étaient pas constitutionnelles et que les policiers avaient cédé à la pression politique du gouvernement. Ce point de vue est contesté par le gouvernement. L'avocate du Service de police de Regina, Katrina Swan, a quant à elle affirmé que les policiers ont agi de façon très raisonnable et respectueuse. La police pense que les manifestants enfreignent les lois municipales, mais qu’ils ne présentent pas de risque pour la sécurité publique.


Bien qu’il ait admis la signification particulière des tipis et du feu sacré, le procureur de la Couronne, Dana Brûlé, a affirmé que la réglementation municipale doit être respectée.

Un pow-wow pour maintenir le courage

Enfants et adultes dansent dans le parc, vêtus de costumes traditionnels.Des dizaines de danseurs de tout âge ont participé au pow-wow. Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Mercredi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur le site du campement pour assister à un pow-wow organisé par ses membres. Des dizaines de danseurs ont arboré des costumes traditionnels et dansé au rythme des tambours et des chants de leurs pairs.

Les marches d'ouverture et de fermeture du pow-wow ont été dirigées par les manifestants du camp. Ils ont pris brièvement la parole, expliquant qu’ils espéraient, avec ce pow-wow, amasser des forces et avoir du plaisir avant d'aller au tribunal.

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