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Il n’y aura pas de débat des chefs à ICI Acadie

Les trois politiciens sur le plateau de tournage en 2014

Radio-Canada Acadie se voit dans l'impossibilité de produire un débat des chefs en français comme celui de 2014 (ci-dessus) qui avait mis aux prises le néo-démocrate Dominic Cardy, le progressiste-conservateur David Alward et le libéral Brian Gallant.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

En l'absence de consensus chez les partis politiques du Nouveau-Brunswick, ICI Acadie ne peut produire un débat des chefs en français dans le cadre de la campagne électorale provinciale.

Radio-Canada avait d'abord décidé de tenir un forum citoyen bilingue parce que le chef d'un des grands partis, le progressiste-conservateur Blaine Higgs, était incapable de débattre en français. La société d'État avait toutefois relancé les partis pour tenter d'organiser malgré tout un débat en français.

« Au cours des derniers jours, Radio-Canada Acadie est retournée voir les partis afin de leur demander de s’entendre sur un format qui permettrait aux électeurs francophones d’avoir droit à un vrai débat en français, comme le réclamaient le public et plusieurs organismes. Malheureusement, le Parti libéral a refusé les deux options proposées, alors que les autres partis avaient manifesté une ouverture », explique Denis Robichaud, chef de l'information à Radio-Canada Acadie.

Radio-Canada Acadie est extrêmement déçue de ce dénouement, car il nous sera impossible de présenter un débat en français.

Denis Robichaud, chef de l'information à Radio-Canada Acadie

Les options présentées aux partis étaient les suivantes :

  • un débat des partis en français, avec des candidats francophones (et non des chefs) pour chaque parti;
  • un débat en français où les chefs qui ne peuvent pas débattre en français pourraient déléguer un candidat francophone de leur choix.

La première version de ce texte a été modifiée pour rappeler les circonstances dans lesquelles Radio-Canada a décidé, à l'origine, de tenir un forum citoyen bilingue plutôt qu'un débat des chefs en français.

Dans une lettre envoyée à la direction de Radio-Canada, le Parti libéral explique qu’il participerait à un débat des chefs seulement.

Il existe une raison fondamentale pourquoi nous avons un débat entre ceux et celles qui aspirent à devenir premier ministre, ce sont eux et elles que les gens ont le droit de voir débattre et défendre leurs idées et visions afin de prendre une décision éclairée, peut-on lire dans la lettre signée par les coprésidents de la campagne libérale, Serge Rousselle et Joan Kingston.

En vertu des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada, le diffuseur public a le devoir de présenter une couverture équitable et équilibrée des partis en période électorale. L’option d’un débat sans la présence de l'un ou l'autre des grands partis est donc exclue.

« C'est très décevant »

Le juriste acadien Michel Doucet se dit très déçu du fait que les francophones du Nouveau-Brunswick ne verront pas de débat en français à Radio-Canada pendant la campagne.

C’est très décevant qu’en 2018 au Nouveau-Brunswick, on ne soit pas en mesure de tenir un débat en français en raison de l’unilinguisme de certains chefs de partis.

Il avait signé la lettre de plus de 20 organismes acadiens qui avaient demandé à Radio-Canada de revenir sur sa décision de tenir un forum citoyen bilingue, l'option retenue au départ, puis abandonnée par la société d'État.

Selon M. Doucet, Radio-Canada aurait dû tenir un débat des chefs en dépit de l'unilinguisme de certains dirigeants de parti.

Moi j’inviterais les chefs seulement. Que les chefs se présentent. Si un parti ne peut pas se présenter, parce qu’il y aura de l’interprétation simultanée, c’est à lui à assumer la responsabilité de son chef. On démontrera à ce moment-là le peu d’engagement que l’on a vis-à-vis du bilinguisme au Nouveau-Brunswick.

Deux chefs s’accusent mutuellement d’être responsable de l’échec

En campagne à Moncton, le chef libéral Brian Gallant a fait porter à son adversaire progressiste-conservateur l'odieux de la décision.

Brian Gallant donne une conférence de presse à Dieppe pour lancer la campagne électorale du Parti libéral du Nouveau-Brunswick,Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef libéral Brian Gallant s'adresse aux médias lors du lancement officiel de la campagne du Parti libéral.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Il ne faut pas blâmer Radio-Canada. Le débat était mort quand Blaine Higgs a refusé de débattre en français avec les autres chefs. [...] Je suis prêt à un débat en français si Blaine Higgs change d’idée, a-t-il déclaré.

Je suis prêt à laisser la place à un membre de mon équipe qui peut s’exprimer en français. Si Brian Gallant veut se cacher derrière la langue, c’est une excuse, a répliqué le chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, en anglais.

Nouveau-Brunswick

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