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La crise migratoire au Venezuela mobilise les pays de la région

Des adultes s'enveloppant de couvertures et quelques enfants attendent avec leurs bagages à l'extérieur en soirée le feu vert des autorités pour entrer en Équateur

Un groupe de migrants en provenance du Venezuela attendent à Rumichaca, Équateur, que les autorités leur permettent d’entrer dans ce pays le 18 août 2018

Photo : The Associated Press / Dolores Ochoa

Radio-Canada

Devant le flux croissant des migrants en provenance du Venezuela, l'Équateur a convoqué mercredi les représentants de treize pays – dont le Venezuela – à un sommet les 17 et 18 septembre à Quito afin de trouver des solutions à cette crise humanitaire et politique.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Il s'agit d'un « enjeu régional », a affirmé le ministre équatorien des Affaires étrangères, Jose Valencia, au terme d'une conférence de presse. Sur Twitter, le ministre a déclaré qu'une discussion sur les questions « d'ordre social » était nécessaire pour que la migration se fasse de manière « ordonnée et sécuritaire ».

En plus du Venezuela, la rencontre de Quito réunira l'Argentine, le Brésil, la Bolivie, la Colombie, le Costa Rica, le Chili, le Mexique, le Pérou, le Paraguay, le Panama, la République dominicaine et l'Uruguay.

En juin dernier, l'ONU affirmait qu'environ 2,3 millions de Vénézuéliens – sur une population de près de 33 millions d'habitants – avaient fui leur pays, principalement vers la Colombie, l'Équateur, le Pérou et le Brésil. Les Vénézuéliens fuient la misère, la faim et un pays où ils ne voient plus d'avenir.

On évalue que des centaines de milliers de ces migrants se sont réfugiés en Équateur, tandis que la Bolivie a régularisé temporairement la situation de 820 000 autres.

Heurts au Brésil et obstacles administratifs

De nombreux migrants sillonnent l'Équateur dans le but de rejoindre le Pérou, le Chili ou l'Argentine. Dans le cas des Vénézuéliens, les autorités équatoriennes leur réclament désormais un passeport, que la plupart d'entre eux n'ont pas. À compter de samedi, le Pérou exigera aussi la présentation d'un passeport.

Dans le nord du Brésil, l'arrivée massive de Vénézuéliens a créé une situation délicate. Dans la petite ville de Pacairama, qui est devenue un point de passage très emprunté, des heurts ont éclaté dimanche dernier, des Brésiliens ayant incendié un camp de migrants vénézuéliens.

Des réformes radicales très contestées

Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a instauré la première étape d'un plan de réformes pour juguler la crise économique de son pays, un plan que des analystes et des économistes ont qualifié de « surréaliste ». La Fédération des chambres de commerce a pour sa part qualifié le plan « d'incohérent ».

Afin de lutter contre l'hyperinflation, la monnaie a été dévaluée; ainsi pas moins de cinq zéros ont été retirés lundi des prix affichés.

De son côté, la banque centrale a annoncé un nouveau taux de change de 68 bolivars pour un euro, ce qui représente une dévaluation de 68 % par rapport au taux officiel précédent.

En juillet dernier, Alejandro Werner, directeur du département du Fonds monétaire international (FMI) pour l'hémisphère occidental, avait fait la mise en garde suivante : « Nous prédisons une très forte hausse de l'inflation, jusqu'à 1 000 000 % d'ici la fin de 2018, ce qui ferait en sorte que la situation au Venezuela serait similaire à celle de l'Allemagne en 1923 ou du Zimbabwe à la fin des années 2000 ».

Après Chavez, ce fut Maduro...

Le président salue ses partisans.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nicolas Maduro a remporté la présidentielle avec six millions de votes.

Photo : EPA / MIGUEL GUTIERREZ

Successeur d'Hugo Chavez, Nicolas Maduro a été réélu en mai dernier pour un mandat allant jusqu'en 2025, un scrutin déclaré illégitime par ses opposants.

Alors que leur pays, riche en pétrole, est membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), les Vénézuéliens vivent sous le coup de pannes de courant prolongées. L'ONU affirme que 1,3 million de personnes souffrent de malnutrition dans le pays et que la population compose avec de sévères pénuries de médicaments et d'articles médicaux de base.

Avec des informations de Reuters, Agence France-Presse, The Washington Post et l'Express

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