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Le Québec officiellement plongé en campagne électorale

Les explications de Véronique Prince

L'Assemblée nationale est dissoute et la 42e campagne électorale de l'histoire du Québec est officiellement en branle. Les partis politiques ont 39 jours pour convaincre quelque 6,1 millions d'électeurs de leur confier les rênes du pouvoir.

Un texte de François Messier

Comme le prévoit la Constitution, il revenait au lieutenant-gouverneur du Québec, Michel Doyon, représentant de la reine Élisabeth II dans la province, de lancer la campagne en vue du scrutin qui aura lieu le lundi 1er octobre.

À la demande du premier ministre Philippe Couillard, M. Doyon a signé deux décrets jeudi matin : l’un confirmant la dissolution de l'Assemblée nationale et l’autre, le déclenchement de la campagne.

Ces décrets avaient été adoptés un peu plus tôt lors d’une brève séance spéciale du Conseil des ministres. M. Couillard s’était ensuite rendu à la résidence officielle du lieutenant-gouverneur pour les lui présenter.

Les deux hommes se serrent la main.Le lieutenant-gouverneur Michel Doyon a signé les deux décrets lançant la campagne électorale à la demande du premier ministre Philippe Couillard. Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La date du scrutin étant connue depuis longtemps, en vertu d’une loi instituant des élections à date fixe, le Parti libéral du Québec (PLQ), la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) sont déjà en campagne depuis le printemps dernier.

Le déclenchement confère cependant officiellement au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) le pouvoir de surveiller étroitement les dépenses électorales de tout un chacun, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.

L’électorat appelé aux urnes a changé au cours des dernières années : selon le DGEQ, trois grands groupes démographiques – les 18-39 ans, la génération X et les baby-boomers – auront, pour la première fois, un poids électoral équivalent.

Encore des candidatures à annoncer

À moins de 24 heures du déclenchement du scrutin, les quatre principaux partis n'avaient pas encore complété leur équipe, mais certains avaient déjà commencé à installer leurs pancartes.

Le PQ n'avait toujours pas fait connaître l'identité de 30 de ses candidats mercredi, contre 16 pour le PLQ, 11 pour la CAQ et 3 pour QS.

Des pancartes de différents partis sont installées sur des poteaux.Les pancartes électorales ont fait leur apparition quelques heures avant le déclenchement officiel de la campagne. Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Tous les sondages effectués depuis la fin de 2017 placent la CAQ, fondée par François Legault il y a près de sept ans, devant le PLQ de Philippe Couillard, au pouvoir depuis quatre ans.

Les deux partis souverainistes – le PQ de Jean-François Lisée et QS, codirigé par Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois – sont loin derrière les deux autres pour l’instant dans les intentions de vote.

De nombreux électeurs restent cependant indécis ou indiquent qu'ils sont prêts à changer d'allégeance au cours de la campagne.

Depuis que la défunte Union nationale a remporté le scrutin de 1966, le Parti libéral et le Parti québécois sont les seules formations politiques à avoir tour à tour exercé le pouvoir.

Couillard en Mauricie, Legault à Québec

Après sa visite au lieutenant-gouverneur du Québec, le chef libéral Philippe Couillard a donné une conférence de presse au domaine Cataraqui, situé dans la circonscription de Jean-Talon, où se présente Sébastien Proulx, actuellement ministre de l'Éducation. Il a notamment défendu son bilan et a dit entamer la campagne avec confiance. Selon lui, les Québécois devront choisir « entre la stabilité ou l’instabilité, entre le progrès ou le recommencement ».

En s'adressant aux journalistes, M. Couillard s’est ainsi évité les critiques qu’avait reçues la chef péquiste Pauline Marois en 2014, lorsqu’elle s’était contentée de faire une déclaration pour lancer la campagne électorale, sans répondre aux questions des médias.

Le chef libéral embarquera ensuite à bord de son autobus de campagne pour se diriger vers la Mauricie, où son parti avait remporté les cinq sièges disponibles lors du scrutin de 2014.

Il doit prononcer un discours en début de soirée à Sainte-Angèle-de-Prémont, dans la circonscription de Maskinongé.

Depuis l'élection de 2014, la Mauricie a été amputée d’une circonscription, puisque celles de Saint-Maurice et de Laviolette ont été fusionnées au terme du redécoupage électoral.

Une circonscription montréalaise a aussi disparu dans le processus, celles de Mont-Royal et d'Outremont ayant été amalgamées.

La CAQ a des ambitions en Mauricie, où elle présente notamment l’ex-procureure en chef de la commission Charbonneau, Sonia LeBel, dans Champlain, et Jean Boulet, le frère de l’ex-ministre libérale Julie Boulet, dans Trois-Rivières.

Le chef François Legault lancera lui aussi sa campagne dans la région de Québec, un bastion caquiste, en donnant une conférence de presse vers 12 h 30 dans la circonscription de Louis-Hébert.

La victoire de la caquiste Geneviève Guilbault à cet endroit lors d'une élection partielle en octobre dernier a coïncidé avec la remontée de son parti dans les intentions de vote.

M. Legault se rendra ensuite dans Portneuf.

Lisée dans le « 450 », Massé à Montréal

Le chef péquiste Jean-François Lisée, qui a fait sa première annonce électorale mercredi, s'est adressé aux médias en fin d'avant-midi à Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie, dans la circonscription de Borduas, détenue par la CAQ.

Il se rendra ensuite dans la nouvelle circonscription montréalaise de Maurice-Richard (anciennement Crémazie), puis à Mascouche, dans la circonscription de Masson, dans Lanaudière.

Il participera aussi en fin de journée à un rassemblement électoral à Sainte-Sophie, dans la circonscription de Prévost, dans les Laurentides.

Il s’agit de l’une de deux nouvelles circonscriptions de la province, l’autre étant Les Plaines, aussi sur la Rive-Nord, une région à forte croissance démographique.

Dans Prévost, le Parti québécois présente Paul Saint-Pierre Plamondon, qui affrontera l'ex-ministre libérale Marguerite Blais, récemment passée dans les rangs de la CAQ.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, tiendra pour sa part un point de presse à 14 h au parc Normanville, dans la circonscription de Laurier-Dorion, à Montréal, en compagnie de plusieurs candidats du parti.

Un peu plus tard, l'autre co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois assistera au lancement officiel de l'ex-chroniqueur de La Presse Vincent Marissal, qui tentera de ravir la circonscription de Rosemont à Jean-François Lisée.

Laurier-Dorion et Rosemont sont deux circonscriptions considérées à la portée de Québec solidaire. Hochelaga-Maisonneuve est aussi convoitée par le parti de gauche.

François Legault, Jean-François Lisée et Manon Massé seront en outre en entrevue à 24/60, jeudi soir, à ICI RDI. Philippe Couillard a décliné l'offre de l'émission.

Montage montrant des plans rapprochés des quatre chefs.Les chefs François Legault (CAQ), Philippe Couillard (PLQ), Manon Massé (QS) et Jean-François Lisée (PQ). Photo : La Presse canadienne

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