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Programme d'éducation sexuelle : l'Ontario aura les enseignants à l'œil

Le premier ministre ontarien Doug Ford
Le premier ministre ontarien Doug Ford Photo: La Presse canadienne / Chris Young

Le gouvernement de Doug Ford entamera dès septembre de vastes consultations publiques sur une série de questions liées à la réforme de l'éducation, notamment sur le programme d'éducation sexuelle, qui a attiré la grogne des syndicats d'enseignants. Les parents pourront désormais dénoncer en ligne ceux qui décident d'ignorer le programme préréforme.

Doug Ford a averti les enseignants que ceux qui utilisent le programme d'éducation sexuelle mis en place par le précédent gouvernement en 2015 et désormais abrogé en subiront les conséquences.

Nous attendons de nos enseignants, directeurs d'école et représentants des conseils scolaires qu'ils remplissent leurs obligations envers les parents et les enfants à l'égard de ce que nos élèves apprennent en classe. Nous ne permettrons pas que nos enfants servent de pions dans les jeux politiques des démagogues. N'ayez aucun doute que si nous découvrons que quelqu'un n'a pas fait son travail, nous prendrons les mesures nécessaires, écrit le gouvernement dans un communiqué.

Dans un document d'information transmis par le gouvernement ontarien, il est recommandé aux parents qui soupçonnent qu'un enseignant met en péril l'éducation de son enfant en ignorant délibérément le curriculum de l'Ontario d'appeler le Service des enquêtes et des audiences de l'Ordre des enseignantes et des enseignants de l'Ontario.

En juillet, le premier ministre avait annoncé que dès la rentrée scolaire, les écoles devraient retourner temporairement au programme d'éducation sexuelle de 1998, en attendant qu'un nouveau programme soit élaboré, après avoir consulté les parents.

Le gouvernement assure que les consultations comprendront un sondage en ligne, des forums téléphoniques à travers la province, ainsi qu'une plateforme sur laquelle les parents pourront partager des propositions détaillées de ce qu'ils attendent de cette réforme. Les consultations commenceront en septembre.

Une charte des droits des parents sera par ailleurs élaborée par le ministère de l'Éducation de l'Ontario.

Les questions qui seront posées aux parents lors de cette consultation :

  • Comment peut-on améliorer les résultats des élèves en sciences, en technologie, en génie et en mathématiques (disciplines STGM)?
  • Comment nos écoles préparent-elles les élèves aux compétences professionnelles dont ils ont besoin, que ce soit en leur présentant les débouchés qu'offrent les métiers spécialisés ou en leur donnant la possibilité d'améliorer leurs compétences dans des domaines de plus en plus importants, comme le codage de données?
  • Que pouvons-nous faire pour mieux nous assurer que les élèves développent des compétences essentielles, par exemple en matière de littératie financière?
  • Comment créer un nouveau programme-cadre d'éducation physique et en santé qui aborde des sujets comme la santé mentale, l'éducation sexuelle et la légalisation du cannabis d'une manière qui convienne à l'âge des élèves?
  • Quelles mesures pouvons-nous prendre pour améliorer les tests normalisés?
  • Quelles mesures les écoles devraient-elles mettre en place pour interdire l'utilisation du téléphone cellulaire en classe?

Source : Gouvernement de l'Ontario

Des enseignants en colère

Du côté de la Fédération des enseignants et enseignantes de l’Ontario (FEEO), le président, Sam Hammond, a qualifié de honteuse la décision du gouvernement Ford.

La chef de l’Opposition officielle à Queen's Park, Andrea Horwath, n’a pas caché sa colère face à la décision du gouvernement Ford.

Le gouvernement Ford fait reculer l’éducation de nos jeunes d’une génération en menaçant les éducateurs de l’Ontario qui essaient de faire leur travail et ne fera que saper notre système d’éducation, explique-t-elle.

Selon le chef du Parti vert de l’Ontario, Mike Schreiner, le gouvernement Ford fait passer son idéologie avant le bien-être des élèves.

Quand les élèves vont commencer les cours dans deux semaines, ils vont apprendre un programme d’éducation sexuelle datant du siècle dernier, déplore-t-il.

Du côté du Conseil scolaire Viamonde, la directrice des communications et du marketing, Claire Francoeur, estime que seulement 10 % du programme sera touché par ce changement.

Une version mélangée de 1998 et 2010

La version du programme d’éducation sexuelle qui a été choisie par le gouvernement est un mélange de ce qui était enseigné en 1998, mais avec des notions qui se trouvaient dans le programme enseigné en 2010 sous le gouvernement de Dalton McGuinty.

Ainsi, cette version comprend des notions comme l’identité de genre et l’orientation sexuelle, mais le sexe anal et les fellations qui se trouvaient dans le programme révisé de 2015 n’en feront pas partie.

Toutefois, il est noté que les sujets doivent être abordés avec sensibilité et soin.

Il est important que les enseignants et les apprenants soient à l'aise avec ces sujets afin que les informations puissent être discutées ouvertement, honnêtement et dans une atmosphère de respect mutuel, explique-t-on.

Certaines notions, comme l’abstinence, seront enseignées dès la 7e année, comme la prévention des maladies transmises sexuellement.

En 8e année, il est attendu que les élèves soient en mesure d’expliquer l’abstinence comme un choix positif pour les adolescents.

Pour ce qui est des élèves de la 9e à la 12e année, le programme d'éducation physique et de santé ne changera pas pendant la période de consultation.

Toronto

Politique provinciale