•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le paysage politique en voie d’être transformé à Québec

Infographie : un X par-dessus la silhouette du fleuve à la hauteur de la ville de Québec

La campagne électorale pourrait transformer profondément le paysage politique dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Radio-Canada

La campagne électorale qui s'amorce aujourd'hui pourrait transformer profondément le paysage politique dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, où libéraux et péquistes risquent de s'effacer au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Un texte de Louis Gagné

Selon le modèle statistique de projection électorale Qc125.com (Nouvelle fenêtre), le parti de François Legault est en voie de réaliser un quasi-balayage dans la grande région de Québec.

« Les chiffres dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches sont monstrueux pour la CAQ présentement. On regarde des avances de 15 à 20 points sur leurs plus proches rivaux », indique l’auteur du blogue, Philippe J. Fournier, en entrevue à l’émission Première Heure.

Après avoir remporté 12 des 18 circonscriptions de la grande région de Québec lors des dernières élections générales, le Parti libéral du Québec (PLQ) pourrait n’en conserver qu’une seule, soit celle de Jean-Talon, détenue par le ministre sortant de l’Éducation, Sébastien Proulx.

On n’a qu’à regarder Portneuf, Louis-Hébert, Vanier-Les Rivières, Charlesbourg, Montmorency et même Jean-Lesage, qui étaient des comtés libéraux en 2014 et qui sont projetés pour être caquistes en 2018.

Philippe J. Fournier, auteur du blogue Qc125.com

Sur la rive sud du Saint-Laurent, la CAQ est en avance dans toutes les circonscriptions, à l’exception de la Côte-du-Sud, où elle est au coude-à-coude avec le PLQ.

Le « mystère Québec »

Le doctorant en science politique à l’Université de Montréal et auteur du Mystère de Québec, Jean-François Daoust, précise que plusieurs facteurs contribuent à la popularité de la CAQ dans la région de Québec, à commencer par les valeurs promues par le parti.

« La CAQ peut miser sur deux raccourcis qui peuvent jouer en sa faveur. Empiriquement, on sait que les électeurs de Québec se disent un peu plus à droite que le reste du Québec et relativement moins en faveur de la redistribution de la richesse, deux choses que l'on étiquette souvent à la CAQ », explique le chercheur.

Il ajoute que le message de la CAQ est « en droite ligne » avec les priorités des électeurs de Québec qui, par rapport aux autres régions de la province, accordent une plus grande importance à l’économie et se soucient moins de l’environnement.

La popularité de la CAQ auprès de l’électorat francophone contribue également à ses succès dans la Capitale-Nationale et dans Chaudière-Appalaches.

Comme les circonscriptions à Québec sont pour la plupart francophones à 95 % et plus, c'est un avantage quasi mécanique.

Jean-François Daoust, doctorant en science politique

Les jeux ne sont pas faits

Même si la CAQ domine dans les intentions de vote à Québec et dans l’ensemble de la province, sa victoire lors du scrutin du 1er octobre n’est pas acquise pour autant, prévient Jean-François Daoust.

« Ce n’est pas impossible que les choses bougent. On a des exemples très concrets au Canada et ailleurs dans le monde. En 2015, les libéraux [fédéraux], de mémoire, sont partis troisièmes, alors que le NPD était premier, et ils ont réussi à former un gouvernement majoritaire », rappelle le chercheur.

C’est sans compter, poursuit-il, que le PLQ et le Parti québécois (PQ) vont concentrer leurs attaques sur la CAQ « tant qu’elle n’aura pas descendu de façon importante dans les sondages ».

Jean-François Daoust fait remarquer que le chef caquiste, François Legault, est resté relativement discret jusqu’ici. Ses prises de position lors des débats télévisés pourraient, selon lui, avoir un impact sur les intentions de vote.

Il peut y avoir des mouvements assez importants d’ici la fin de la campagne. On a vu qu’il y a environ un électeur sur deux dont le choix n’est pas définitif. Alors, on peut effectivement s’attendre à des surprises.

Jean-François Daoust, doctorant en science politique

Lutte serrée dans Taschereau

Si la CAQ possède une avance confortable dans plusieurs circonscriptions de la Capitale-Nationale, celle qu’elle détient dans Taschereau, au centre-ville de Québec, l’est beaucoup moins.

Selon les projections de Qc125.com, la candidate caquiste, Svetlana Solomykina, récolterait 27,9 % des voix, contre 25 % pour son adversaire péquiste, Diane Lavallée. Le libéral Florent Tanlet suit de près avec 23,3 % des intentions de vote. La candidate de Québec solidaire, Catherine Dorion, n’est pas loin derrière avec 19,2 %.

Taschereau est la seule circonscription détenue par le PQ dans la grande région de Québec. Le départ de la députée Agnès Maltais pourrait toutefois faire basculer ce bastion péquiste. Lors de la dernière élection générale, Mme Maltais n’avait devancé son plus proche poursuivant, Florent Tanlet, que par 421 voix.

« Le départ de Mme Maltais va faire mal au Parti québécois, déjà qu’il n’est pas très populaire dans la région de la Capitale-Nationale, observe le blogueur Philippe J. Fournier. La projection donne une courte victoire pour la CAQ, mais c’est extrêmement serré dans Taschereau. Il y a Québec solidaire qui pourrait faire des vagues [et] les libéraux ne sont jamais loin derrière. »

Dans Taschereau, 30 % du vote populaire pourrait être suffisant pour l’emporter tellement la division du vote est importante.

Philippe J. Fournier, auteur du blogue Qc125.com

Troisième lien

L’enjeu de la mobilité durable sera sans contredit au centre de la campagne électorale. La construction d’un troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis, notamment, devrait faire l’objet d’âpres débats.

Les libéraux et la CAQ appuient le projet, mais ne s’entendent pas sur l’échéancier à adopter. Le PQ propose pour sa part d’attendre la fin des travaux du bureau de projet avant de juger la pertinence d’un troisième lien.

Le pont Pierre-Laporte, vu de la rive nord du fleuve Saint-Laurent, la nuit. Les phares du trafic automobile forment des traits lumineux grâce à l'exposition longue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le pont Pierre Laporte, vu de la rive nord, la nuit. Les phares du traffic automobile forment des traits lumineux grâce à l'exposition longue.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

De leur côté, les solidaires y sont complètement opposés. Ils affirment que la solution aux problèmes de congestion passe par le transport en commun et non par un projet « polluant, inutile et coûteux ».

La pénurie de main-d’œuvre, l’immigration et l’avenir du pont de Québec devraient également retenir l’attention d’ici la fin de la campagne électorale.

Les électeurs sont convoqués aux urnes le 1er octobre.

Avec la collaboration de l’émission Première Heure et d’Olivia Laperrière-Roy pour les graphiques



Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Politique provinciale