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La Vérif : les boîtes à lunch du PQ déjà offertes dans 70 % des écoles

Les explications de Vincent Maisonneuve.
Radio-Canada

Le Parti québécois promet de « libérer » les parents de la « corvée imposée des lunchs » en offrant un service de dîners à prix modique à tous les élèves du primaire. « Une mini révolution », a déclaré la vice-chef, Véronique Hivon. Révolutionnaire? Pour tous les élèves?

Un texte de Thomas Gerbet, avec Nathalie Lemieux et Vincent Maisonneuve

Les repas offerts à l'école existent déjà. En 2012, une étude de l'Institut national de santé publique du Québec calculait que « 70 % des écoles primaires du Québec offrent un tel service à l'heure du dîner ».

Par exemple, l'entreprise Le traiteur scolaire sert plus de 1000 repas par jour dans la grande région de Montréal, pour un prix moyen de 5,65 $.

La proposition du Parti québécois (PQ) ne constitue donc pas un changement radical pour toutes les écoles du Québec, mais elle aurait toutefois le mérite de l'offrir partout dans la province.

Prix des repas adaptés au revenu familial

Le Parti québécois propose une tarification par repas modulée selon le revenu des parents :

  • 1 $ le repas pour une famille dont le revenu est de moins de 35 000 $
  • 3 $ le repas pour une famille dont le revenu se situe entre 35 000 et 65 000 $
  • 5 $ le repas pour une famille dont le revenu est de plus de 65 000 $

Des commissions scolaires subventionnent déjà la distribution de repas à 1 $. À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), 12 300 élèves en profitaient en 2011.

Mais ces programmes ne répondent pas à la demande. La CSDM estime que la moitié des élèves ont des besoins alimentaires, mais que seulement 18 % obtiennent cette aide.

Dans les milieux les plus pauvres, la proposition du PQ pourrait donc répondre à un besoin réel.

Pour tous les élèves?

« Toutes les familles du Québec vont pouvoir [en] bénéficier », a déclaré la vice-chef du PQ, Véronique Hivon, après avoir préparé « un sandwich péquiste » aux côtés du chef, Jean-François Lisée. Le communiqué de presse du PQ annonce que la mesure touchera 250 000 enfants.

Or, les plus récentes données disponibles font état de 480 000 enfants inscrits dans les écoles primaires publiques du Québec. Ni la conférence de presse ni le communiqué ne précisent pourquoi près de 50 % des élèves n'en profiteraient pas.

Invité à donner des précisions, le parti explique avoir utilisé les estimations de besoin de l'organisme montréalais Cantine pour tous. Ainsi, selon le PQ, 65 % des élèves dont les parents gagnent moins de 65 000 $ utiliseront le service et 50 % des élèves dont les parents gagnent plus de 65 000 $.

Cantine pour tous n'a pas été en mesure de nous mettre en contact avec un responsable pour expliquer sa méthodologie.

Il existe une étude sur le sujet, menée en 2008 auprès de 14 000 élèves de la région de Sherbrooke. Les auteurs, parmi lesquels l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie et l'Université de Sherbrooke, démontraient que :

  • 5 % des jeunes consomment quotidiennement le repas offert à l'école;
  • 33 % des jeunes alternent entre repas offerts à l'école et celui apporté de la maison;
  • 46 % des jeunes apportent leur repas cinq jours par semaine;
  • 16 % des jeunes dînent à la maison.

Comment est le sandwich de Jean-François Lisée?

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, le candidat  Constantin Fortier, les députées Carole Poirier et Véronique Hivon dans une cuisine pour une conférence de presse portant sur les lunchs d'écoliersLe chef du PQ, Jean-François Lisée, le candidat dans Verdun, Constantin Fortier, la députée dans Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, et celle de Joliette, Véronique Hivon. Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

« Et une tomate avec ça? » demande Jean-François Lisée comme ultime ingrédient du sandwich qu'il confectionne pour l'enfant devant lui. Son candidat, Constantin Fortier, fait la grimace: « Ça devient mou le midi », met-il en garde.

Le chef péquiste a quand même mis sa tomate. La Vérif n'a pas été en mesure de vérifier l'état du « sandwich péquiste » à midi.

Épreuves des faits

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