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Les conservateurs en tournée pour parler de la « situation de crise » en immigration

Les informations de Philippe-Vincent Foisy
Radio-Canada

Le Parti conservateur du Canada entend mener une vaste consultation intitulée Le chemin vers le Canada, cet automne, dans le cadre de laquelle la formation présentera ses positions en matière d'immigration, mais fera également le plein d'idées auprès de la population, histoire de pouvoir définir sa stratégie en vue des prochaines élections fédérales.

Dans le cadre d'une conférence de presse donnée mercredi matin, la porte-parole conservatrice en matière d'immigration, Michelle Rempel, ainsi que le député québécois Gérard Deltell ont tiré à boulets rouges sur le gouvernement libéral de Justin Trudeau et son approche envers les nouveaux arrivants et les demandeurs d'asile.

Dépeignant le système actuel comme étant dysfonctionnel, engorgé et « géré en fonction de la possibilité, pour Justin Trudeau, de bien paraître devant les caméras », Mme Rempel a soutenu qu'un éventuel gouvernement conservateur, dirigé par le chef Andrew Scheer, permettrait d'accélérer le traitement des demandes d'immigration, en plus de mieux arrimer les nouveaux arrivants et les postes disponibles en entreprise.

Selon la députée, une forte majorité de nouveaux arrivants « sont sans emploi et entraînent donc des coûts en matière d'aide sociale, ce dont Ottawa n'a jamais tenu compte dans ses calculs des coûts ».

Mme Rempel en avait également à redire contre le « laisser-aller » des libéraux fédéraux, ce qui, dit-elle, a entraîné l'allongement des listes d'attente, poussant ultimement les fonctionnaires à accepter des demandes dans le seul but de réduire le nombre de dossiers en retard.

« Nous ne pouvons pas permettre que cette tendance se poursuive », a-t-elle ajouté.

Outre de grands principes, tels que « faciliter l'intégration des nouveaux arrivants et leur apprentissage des langues officielles », et « respecter notre capacité de payer », Mme Rempel a laissé entendre qu'un gouvernement conservateur « viendrait clore la faille administrative permettant l'arrivée de gens via le chemin Roxham ».

Cette faille découle d'un accord avec les États-Unis appelé Entente sur les tiers pays sûrs. En vertu de cette entente, le Canada et les États-Unis partent avec la prémisse qu’ils sont tous les deux des pays sûrs pour les réfugiés. Ainsi, ces derniers sont tenus de présenter leur demande d’asile dans le premier pays où ils arrivent, que ce soit le Canada ou les États-Unis.

Puisque l'entente ne s'applique qu'aux postes frontaliers, et parce qu'ils risquent d'être refoulés aux États-Unis s'ils franchissent la frontière de façon régulière, une partie des demandeurs d'asile entre au Canada de façon irrégulière.

Pour ce faire, ils empruntent notamment le chemin Roxham, à la frontière entre le Québec et les États-Unis.

« Situation de crise »

Pour Gérard Deltell, « le gouvernement n'a rien fait depuis trois ans » pour améliorer le système d'immigration.

Le Canada serait ainsi « en situation de crise », a-t-il avancé.

M. Deltell souhaite ainsi un système d'immigration « juste, qui s'appuie sur la compassion et se fasse de façon ordonnée ».

Le député québécois a cependant refusé de se prononcer sur les propos de son collège beauceron Maxime Bernier, qui s'est attiré les foudres de l'establishment conservateur en dénonçant le multiculturalisme canadien.

Pressée par les journalistes, Michelle Rempel a pour sa part finalement affirmé avoir eu « de nombreuses discussions avec des collègues, cet été, à propos du système d'immigration du Canada », tout en précisant que Maxime Bernier ne faisait pas « partie des gens avec qui [elle a] échangé ».

Peu de temps avant la conférence de presse, Maxime Bernier se tournait de nouveau vers Twitter pour critiquer ses confrères.

« Ainsi donc, après m'avoir désavoué la semaine dernière et m'avoir dit de fermer ma gueule, mes collègues viennent de se rendre compte que les Canadiens considèrent ce sujet important et veulent en entendre parler? Bel exemple de leadership fort! », a écrit le député de la Beauce.

Questionnée sur cette nouvelle sortie de M. Bernier, Mme Rempel a dit que son collègue avait un choix à faire. « Est-ce qu'il veut qu'Andrew Scheer gagne ou que Justin Trudeau gagne? », a-t-elle demandé, en suggérant qu'il devrait peut-être accepter les demandes d'entrevue des journalistes.

Avec les informations de La Presse canadienne

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