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L'étau se resserre autour de Trump après un double revers judiciaire

Réagissant à la condamnation de son ancien directeur de campagne Paul Manafort, reconnu coupable de fraude bancaire et fiscale, le président Trump s’est dit « très triste ».

Photo : Reuters / Leah Millis

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a encaissé plusieurs coups qui risquent de lui faire mal, selon des analystes. Deux anciens membres de sa garde rapprochée ont subi d'importants revers devant les tribunaux, mardi, dont son avocat personnel de longue date, qui l'implique directement en soutenant avoir agi sous sa supervision.

Michael Cohen, l’ancien avocat personnel du président Trump, a plaidé coupable mardi de huit chefs d'accusation après une entente avec la poursuite. Deux de ces chefs sont en lien avec le financement illégal des campagnes électorales. M. Cohen a entre autres avoué avoir acheté le silence de deux femmes qui allèguent avoir eu une liaison avec le président.

L’ancien avocat de M. Trump aurait agi « en coordination » et « sous la direction du candidat à la présidence » dans le but d'influer sur les élections.

De son côté, Paul Manafort, l'ex-directeur de campagne du président Trump, a été reconnu coupable de huit chefs d'accusation dans son procès pour fraude financière.

Mercredi matin, dans un tweet, Donald Trump a suggéré à « quiconque se cherchant un bon avocat de ne pas embaucher Michael Cohen ».

« L'Étau se resserre »

Le président en est forcément affaibli, selon Michael Krauss, professeur de droit à l'Université George Mason en Virginie. En entrevue à 24/60, M. Krauss estime que le fait que Michael Cohen admette qu’il voulait influencer le vote et que Trump était derrière tout ça est énorme.

« Oui, l’étau se resserre », affirme de son côté Charles-Philippe David, président de l'Observatoire sur les États-Unis de l'UQAM. Il rappelle que tout cela est le résultat du travail du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016 et sur une possible collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump. Le président s’en défend et se dit victime d’une chasse aux sorcières.

« C’est la première fois qu’un président des États-Unis, au moins depuis Nixon, […] qu’un président est nommé de cette manière […] et on n’est qu’au début de cette procédure de Robert Mueller », ajoute Charles-Philippe David.

« Ce ne sera pas jugé comme un véritable crime par la base électorale qui l’a élu », fait remarquer M. David, qui souligne toutefois que les élections de mi-mandat « peuvent totalement changer la donne ».

Si les démocrates venaient à reprendre la Chambre des représentants, cela permettrait l'ouverture de comités de comparution, d’enquêtes et possiblement de résolutions de destitution du président.

Cela dépend également de la manière dont le président Trump va agir. S’il commettait une erreur, par exemple en accordant le pardon présidentiel à Paul Manafort ou à Michael Cohen, « ce serait même pour les républicains une grande offense aux fonctionnaires de la démocratie des États-Unis », poursuit M. David.

S’il leur pardonnait, « ce serait la destitution certaine, il le sait », lance Michael Krauss.

En vertu de l’article II, section 2, de la Constitution américaine, le président américain a « le pouvoir d’accorder des sursis et des grâces pour des crimes contre les États-Unis ».

Pour M. Krauss, le plus important est à venir. Un autre procès aura lieu dans un mois à Washington, où l’on reproche à Donald Trump le lien de son chef de campagne avec un groupe d’anciens politiciens européens pour appuyer la faction prorusse en Ukraine avant l’invasion russe. Cela obligerait M. Trump à répondre à tout le moins de façon informelle à M. Mueller.

Les derniers développements dans ces procès sont-ils de nature à consolider la position du procureur Mueller?

Si Mueller s’en va, on a droit à une crise très grave.

Charles-Philippe David, président de l'Observatoire sur les États-Unis de l'UQAM

M. David, pour qui Robert Mueller est le « fondement même de toute cette enquête », pense qu’avec ces deux procès, « Mueller est beaucoup mieux protégé ».

Donald Trump, président des États-Unis

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