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Comment se lancer en politique à l'ère Facebook?

Une loupe devant un logo Facebook.

Les profils Facebook des candidats sont scrutés à la loupe par les formations politiques.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Radio-Canada

La grande popularité des médias sociaux fait que les candidats qui se lancent dans l'arène politique risquent de plus en plus qu'un élément compromettant de leur passé resurgisse et qu'il influence l'opinion publique. Comment les formations politiques font-elles pour répondre à ce nouveau critère électoral?

Un texte d’Alix Villeneuve

Le passé des candidats devient public une fois qu'ils entrent en politique, et cela comporte des risques. Natalie Melanson Breau, professeure en information et communication à l’Université de Moncton, le confirme.

Tout ce qu’on a fait dans le passé, toutes les publications sur les médias sociaux font maintenant l’objet de débat public.

Il faut prendre au sérieux la menace que peuvent représenter les anciennes publications sur les réseaux sociaux, affirme-t-elle. Un vieux message ou une vieille photo compromettante sur Facebook peut plomber une campagne et une carrière politique.

Dans toutes les campagnes électorales, il y a des candidats aujourd’hui qui doivent changer de parcours ou qui doivent tout simplement oublier leur avenir en politique.

Natalie Melanson Breau, professeure en information et communication à l’Université de Moncton

Les candidats doivent alors faire un nettoyage. Les publications faites sur des sujets sensibles devraient toutes être effacées, et ce, avant d’annoncer son saut en politique, juge-t-elle.

Ces erreurs peuvent être des outils très efficaces pour attaquer un adversaire politique, explique Paul D’Astous qui est directeur général de la campagne des progressistes-conservateurs.

On sait toujours que nos adversaires politiques vont regarder nos candidats ou candidates.

Paul D’Astous, directeur général de la campagne des progressistes-conservateurs

Passer l’étape du « vetting »

Les candidats ne sont pas seuls pour affronter cette réalité. Les partis politiques disposent de ressources pour prévenir et empêcher que leur passé sur les réseaux sociaux ne vienne les hanter.

Carmen Budilean est directrice générale du Parti vert du Nouveau-Brunswick. Lorsqu’une personne veut se présenter pour sa formation politique, elle s’assure qu’une petite enquête a lieu. C'est ce qu’on appelle dans le milieu le « screening process » ou le « vetting ».

Si on voit sur votre Facebook qu’il y a quelque chose qui est de nature raciste ou sexiste, c’est sûr qu’on va intervenir et c’est sûr que la personne ne va pas passer le “screening process”.

Carmen Budilean, directrice générale du Parti vert du Nouveau-Brunswick

C’est sûr que nous, on a l’obligation de mettre cartes sur table et de dire "Oui, tu es un candidat, tu deviens une personne publique, donc oui, ça se peut qu’il y ait des choses sur toi qui sortent".

Si tu as quelque chose, dis-le-nous maintenant pour qu’on puisse le savoir, conseille-t-elle aux candidats.

Offrir de la formation

L’aide ne s’arrête pas qu’aux vérifications. Les formations politiques offrent des formations pour la gestion des réseaux sociaux à ses candidats.

Comment tu fais ton Facebook, comment tu réponds aux questions des journalistes, comment tu fais du porte-à-porte, voilà des éléments qui sont enseignés aux nouveaux politiciens, explique Carmen Budilean.

La directrice concède que toutes ces règles peuvent faire peur à certains citoyens. Surtout à ceux qui ont peu d’expérience en politique, comme c’est souvent le cas dans son parti, suggère-t-elle.

[Ils] risquent de faire plus d’erreurs que quelqu’un que ça fait 25 ans qui est en politique.

Carmen Budilean, directrice générale du Parti vert du Nouveau-Brunswick

Gérer la crise

Malgré toutes les précautions, une publication compromettante peut tout de même refaire surface.

Il s’agit alors d’une situation qui peut être humiliante pour les candidats, souligne la professeure Natalie Melanson Breau. Comment s’en sortir alors?

La première chose à faire, c’est de s’excuser. Les gens ne vont pas passer à autre chose ou ne vont pas oublier avant que la personne concernée ne s’excuse publiquement.

Natalie Melanson Breau, professeure en information et communication à l’Université de Moncton

Chaque situation est unique, souligne-t-elle. La gestion de crise peut être différente d’un cas à l’autre. Chose certaine, simplement supprimer la publication ne va pas régler la grogne publique.

L’excuse doit être crédible pour passersur la place publique et calmer le jeu.

Si l’excuse n’est pas suffisante et que les dommages sont graves, se retirer de la course est une possibilité, précise-t-elle. Parfois, ce sera le chef ou le parti qui devra exclure le candidat.

La campagne néo-brunswickoise est lancée depuis jeudi. Le vote aura lieu le 24 septembre.

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