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Le PQ dévoile un autobus de campagne qui « sort des sentiers battus »

Le PQ a présenté son autobus de campagne.

Le PQ a présenté son autobus de campagne.

Photo : Radio-Canada / Camille Simard

Radio-Canada

Le Parti québécois a dévoilé son autobus de campagne, qui détonne par rapport à ce à quoi nous ont habitués les formations politiques. Un autobus coloré aux accents oniriques - certains diront même psychédéliques. Bonne stratégie ou pari risqué?

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Après une précampagne axée sur l'humour, le Parti québécois (PQ) a de nouveau misé sur l’audace pour son autobus de campagne, en optant pour une fresque symbolique aux couleurs vives. Coiffant des images étonnantes, le message « Vous n’avez encore rien vu », suivi du slogan électoral de la formation, « sérieusement », avertit les électeurs qu'ils ne sont pas au bout de leurs surprises.

« C'est un autobus qui sort des sentiers battus, qui sort de l’ordinaire », a reconnu mardi le chef péquiste, lors du dévoilement du véhicule, deux jours avant le lancement officiel de la campagne électorale.

Pour la signature visuelle de son autobus, la formation a fait appel à Jean-René Douville Tessier, un jeune artiste de Drummondville.

D’un côté se profilent des symboles plutôt urbains, comme une main tenant un clavier numérique, des gratte-ciel, un pont. De l’autre, on fait référence aux régions, notamment par une main tenant une guitare, un cours d’eau, un poisson ou une fiche électrique rappelant l’hydroélectricité.

C'est « à l’image des Québécois, fiers à la fois des villes, des centres urbains, mais aussi des régions », a soutenu la vice-cheffe de la formation, Véronique Hivon.

On y voit le dynamisme du Québec, l’énergie du Québec, la culture du Québec, la force du Québec, les couleurs du Québec et c’est ce qu’on veut incarner au Parti québécois.

Jean-François Lisée, chef du PQ

« C’est l’image du pays du Québec qu’on veut bâtir : créatif, ouvert, ambitieux », a renchéri Mme Hivon.

Sur Twitter, si les uns saluaient l’audace de la formation, d’autres ironisaient en évoquant Woodstock, les Beatles, le festival de musique Osheaga ou le LSD.

« C’est une œuvre d’art qui fait bien son travail : elle se prête à diverses interprétations, a concédé Jean-François Lisée. Mais, pour nous, c’est une façon de dire on l’aime, ce Québec-là, on l’aime tellement qu’on veut qu’il soit indépendant. »

Habituellement à l’avant-plan des autobus de campagne, le visage du chef est cantonné à l’arrière, aux côtés de celui de Véronique Hivon. Une façon de dire que cette élection « n’est pas au sujet de nous, elle est au sujet du Québec et de son avenir », a dit M. Lisée.

Le chef péquiste a fait allusion au fait que son parti est à la traîne dans les sondages lorsqu'il a montré l'autobus aux médias. « On y voit un saumon qui veut remonter la pente, c’est comme nous, ça, Véronique, ils y arrivent les saumons! », a-t-il lancé.

Un choix audacieux

Les deux côtés de l'autobus de campagne du PQ.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les deux côtés de l'autobus de campagne du PQ

Photo : Radio-Canada

Thierry Giasson, professeur titulaire au Département de science politique de l’Université Laval, y voit une initiative « originale et audacieuse ».

« L’autobus de campagne, c’est une énorme publicité ambulante. Quand l’autobus va passer quelque part, les gens vont s’arrêter et le regarder », prédit M. Giasson, expert en marketing politique.

Comme avec ses messages humoristiques de précampagne ou encore dans le choix de son slogan, « Sérieusement », le PQ prend des risques, fait-il valoir.

La formation lutte probablement pour sa survie, analyse-t-il. « On veut donc secouer les puces, on veut sortir de l’ordinaire », ajoute-t-il.

Le Parti québécois a tout à perdre et tout à gagner cette élection-ci. Ça les met dans une posture où ils doivent prendre des risques pendant la campagne.

Thierry Giasson, professeur titulaire au Département de science politique de l’Université Laval

Si la CAQ présente ses deux principaux adversaires comme de « vieux partis », cette fois, le PQ adopte une signature résolument plus jeune.

Une façon de montrer aux jeunes que « l’option n’est pas obsolète » tout en s'adressant aux aînés avec « une iconographie qui fait un peu années 1960 », estime Thierry Giasson.

Le logo du parti est mis en évidence, remarque-t-il aussi. « Pour un parti dont la marque est un peu mal aimée en ce moment, on assume sa marque », souligne-t-il.

Le stratège en communications Louis Aucoin reconnaît la beauté de l’autobus de campagne et voit d'un bon oeil l'idée de faire ainsi une place à la culture.

Il met cependant en doute l’efficacité du message.

« En élection, on veut démontrer la capacité à gouverner. C’est pour ça que l’organisation du parti est extrêmement importante, les couleurs du parti sont importantes, la capacité de mettre des pancartes le plus rapidement possible pour montrer que le parti est organisé », a-t-il illustré à l'émission 24/60.

« Est-ce que l’autobus de campagne du Parti québécois nous lance le message qu’il est plus prêt à gouverner qu’un autre parti?, demande-t-il. C’est assez iconoclaste, la campagne humoristique du Parti québécois et l’autobus de campagne [...], mais est-ce que ça lance le bon message? C’est une bonne question. »

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