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Toujours aucun locataire pour remplacer les magasins vides de Sears

Un homme devant un magasin Sears
Un homme devant un magasin Sears en Ontario Photo: Reuters / Mark Blinch

Plus de 10 mois après la fermeture des magasins du détaillant Sears, de grandes surfaces demeurent vides dans les locaux commerciaux de plusieurs villes canadiennes.

Un texte de Jean-Loup Doudard

Au centre commercial New Sudbury, en Ontario, le local qu’occupait autrefois Sears est condamné. Les trois portes d’entrée à l’intérieur ont été remplacées par des panneaux publicitaires.

Le tracé des lettres de Sears demeurent visibles par-dessus une entrée condamnée sur laquelle a été peinte une publicité.Les lettres de Sears demeurent visibles au centre commercial New Sudbury. Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

La situation à Sudbury n’est pas un cas unique. Le centre commercial Northgate, à North Bay, et le Timmins Square arborent toujours les lettres délavées du détaillant.

Pourtant, le détaillant occupait autrefois une place de choix dans le coeur des clients.

Perdre Sears, c’était difficile pour beaucoup de gens. Ils ont grandi avec Sears, que ce soit par catalogue ou en personne. Où achètent-ils leurs vêtements pour toute la famille maintenant?

Brian Vendramin, professeur de commerce, Collège Cambrian

Brian Vendramin enseigne à l’école de commerce du Collège Cambrian, à Sudbury, pas très loin du centre commercial. Selon lui, l’ère des grandes surfaces est révolue.

Brian Vendramin gesticule dans un terrain de stationnement devant un ancien magasin de Sears.Brian Vendramin, professeur de commerce au collège Cambrian, croit qu'il faut fractionner les grands espaces pour attirer de plus petits locataires. Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Les superficies sont énormes. Certaines font 6500 mètres carrés, et c’est très difficile d’attirer de gros locataires, car tout le monde cherche à réduire sa superficie , dit-il.

Les difficultés des centres commerciaux à l’ère du commerce en ligne sont bien documentées. Mais le Nord de l’Ontario fait face à une difficulté additionnelle : celle du petit nombre de gens qui y vivent.

À titre d’exemple, la compagnie Costco recherche une population d’environ 300 000 personnes dans un certain rayon pour établir un magasin, explique Vendramin. Or, la ville du Grand Sudbury n’en comptait que 164 689 en 2016, selon Statistique Canada.

Aucun agent immobilier représentant RioCan ou Morguard, les propriétaires des centres commerciaux de Sudbury, North Bay et Timmins, n’ont voulu nous accorder d’entrevue.

Vue extérieur de l'entrée condamnée de Sears. Du papier a été collé dans les portes-fenêtres du magasin.Le centre commercial New Sudbury n'a toujours pas trouvé de locataire pour le local qu'occupait autrefois Sears. Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Le site web de RioCan affiche cependant quelques données devant servir à attirer des détaillants au centre commercial de la promenade Marcus, où le local qui accueillait Sears Home demeure toujours inoccupé.

La Chambre de commerce de Sudbury ne perd pas espoir de voir un autre gros client reprendre ce local.

Nous sommes un centre régional, alors les gens viennent de Timmins, de Sault-Ste-Marie et de l’île Manitoulin pour magasiner. Nous avons aussi des salaires relativement élevés.

Michael McNamara, président du conseil d’administration de la Chambre de commerce de Sudbury

Selon M. Vendramin, le choix est clair : il faut fracturer ces grands espaces pour attirer une multitude de petits locataires, et pas forcément des détaillants.

Il faut être créatif. Est-ce qu’un centre d’appel pourrait emménager ici? Est-ce qu’un gymnase pourrait s’y établir? 

Un Sears Décor sera d'ailleurs reconverti prochainement en gymnase à Sherbrooke. L'établissement sera également muni d'une piscine intérieure.

Malgré la facilité de commander ses produits en ligne, il y aura toujours un marché pour le service en personne, explique M. Vendramin, même dans les grandes surfaces. Il suffit d’offrir un service à la clientèle qui se distingue de celui des autres marques.

Est-ce qu’on vous accueille toujours? Est-ce qu’il y a une bonne sélection? Est-ce que vos techniques de présentation sont efficaces? Ce ne sont pas que les prix qui comptent, c’est ce que vous pouvez faire pour le client, dit-il.

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