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Le chantier du pipeline Enbridge porteur d’espoir en Saskatchewan

Deux travailleurs devant un camion qui transporte des tuyaux.
En Saskatchewan, l’entreprise estime que le pipeline créera environ 9175 emplois directs, indirects et induits. Photo: Radio-Canada

Des représentants autochtones et des élus, dont le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, ont visité lundi une partie de l'imposant chantier de la canalisation 3 d'Enbridge dans les champs de Kronau, au sud-est de Regina. Ce projet a été dans l'ensemble bien accueilli par les personnes invitées.

Le géant albertain de l’hydrocarbure Enbridge considère que ce chantier sera le plus grand de son histoire.

Le tronçon canadien de cette nouvelle canalisation permettra d'acheminer du pétrole brut depuis Hardisty, en Alberta, jusqu'à Gretna, au Manitoba. Il remplacera des tuyaux déjà existants et jugés vieux et usés.

Un chantier tout de même contesté

Ce projet est vivement contesté par des membres de Premières Nations du Manitoba, qui ont installé un camp de prières autochtone sur le trajet du pipeline.

La semaine dernière, le département du commerce du Minnesota, aux États-Unis, a critiqué le manque de clarté des assurances mises en place par Enbridge en cas de déversement de pétrole dans l'environnement. Le projet a toutefois été approuvé par l'État américain en juin.

Un travailleur pose les dernières touches au pipeline, posé au fond d'un fossé de terre.Enbridge a déjà commencé à construire un segment de 22 km qui relie son pipeline Ligne 3 à un terminal, à Superior, au Wisconsin. Photo : Associated Press / Richard Tsong-Taatarii

Les Premières Nations « ni pour ni contre »

Il a toutefois reçu l’accord de deux chefs de Premières Nations en Saskatchewan, qui croient qu’il pourrait engendrer des occasions de développement dans leurs communautés.

« Ce n’est pas que je sois pour ou contre le pipeline. Je suis en faveur des emplois et des achats. En ce moment, notre communauté a des emplois qu’elle n’avait pas avant », affirme Evan Taypotat, chef de la Première Nation de Kahkewistahaw.

Il veut que sa communauté bénéficie des emplois et des retombées économiques promises par l'entreprise, même si elles sont de courte durée.

Le chef de la Première Nation de Kahkewistahaw, Evan Taypotat.Le chef de la Première Nation de Kahkewistahaw, Evan Taypotat. Photo : Radio-Canada

Selon Evan Taypotat, il vaut mieux saisir cette chance pour sa communauté de s’épanouir, plutôt que d’attendre l’aide du gouvernement.

« C’est la réalité », explique-t-il. « J’aimerais pouvoir attendre que le gouvernement fasse honneur au traité, pour aider ma communauté à grandir et à prospérer, mais si je faisais cela, je suis sûr que j’attendrais jusqu’à ma prochaine vie et celle d’après. »

D’après lui, 20 membres de sa bande travailleront sur le chantier de la canalisation, dont plusieurs qui étaient précédemment sans emploi.

« Au cours des 150 dernières années, nos ressources naturelles ont été dérobées et nous n’avons reçu aucune compensation », affirme Evan Taypotat. Cette décision d’appuyer le pipeline permet à sa Première Nation de s’impliquer dans le chantier plutôt que de l’observer, impuissante, explique-t-il.

Veiller au respect de l’environnement

Evan Taypotat insiste cependant sur le respect de régulations environnementales strictes par Enbridge.

De son côté, le chef de la Première Nation de Pasqua, Todd Peigan, raconte qu’il a tout d’abord exprimé de « sérieuses » préoccupations par rapport aux effets du pipeline sur des sites traditionnels et des sources d’eau.

Le chef de la Première Nation Pasqua, Todd Peigan.Le chef de la Première Nation Pasqua, Todd Peigan. Photo : Radio-Canada

Sa Première Nation et Enbridge ont donc élaboré un plan d’action pour protéger certains secteurs, raconte-t-il. Ces zones ont été déterminées à travers des cérémonies, des inspections et selon l’avis des aînés.

Certains secteurs ont été définis comme « sacrés » et ne recevront aucune construction. « Ces zones ne peuvent être perturbées », précise-t-il.

Le chef de la Première Nation de Pasqua, espère que ce projet pourra offrir des formations professionnelles et des emplois aux membres de sa communauté.

Un investissement majeur en période « d’incertitude générale »

Le ministre fédéral et député de Regina-Wascana, Ralph Goodale, accueille le projet à bras ouverts, à une époque « d’incertitude générale considérable ».

« Cet important investissement du secteur privé dans des infrastructures de transport d’énergie vitale augmente notre capacité à déplacer nos ressources de la façon la plus sécuritaire possible », affirme-t-il.

Enbridge indique que l’entreprise dépensera 250 millions de dollars dans l’embauche d’employés autochtones, dans la formation, dans le « renforcement des capacités » et dans des initiatives de durabilité des collectivités tout au long du projet de canalisation.

En Saksatchewan, l’entreprise estime que le pipeline créera environ 9175 emplois directs, indirects et induits. Il est prévu qu’il génère plus de 1 milliard de dollars de PIB et plus de 183 millions de dollars en impôts.

Saskatchewan

Industrie pétrolière