•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Nouveau-Brunswick a réalisé un surplus budgétaire en 2017-2018

La ministre des Finances, Cathy Rogers, a présenté lundi une mise à jour des finances publiques pour le premier trimestre de 2018-2019.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Radio-Canada

La ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Cathy Rogers, a déposé mardi matin des états financiers vérifiés qui indiquent que le déficit prévu pour l'année financière 2017-2018 s'est transformé en surplus de 67 millions de dollars. Il s'agissait du premier surplus en 10 ans.

Le gouvernement Gallant avait prévu atteindre l’équilibre budgétaire en 2021-2022 seulement, soit avec une année de retard sur l’échéancier qu’il s’était fixé, mais les calculs finaux pour 2017-2018 indiquent que l’équilibre a été atteint pour cette année-là.

Les libéraux prévoient tout de même des déficits modestes pour les années à venir. Celui pour l’année en cours devrait atteindre 187,4 millions de dollars selon les plus récentes prévisions.

Recettes en hausse, dépenses en baisse

L’embellie financière de l’an dernier s’explique de deux façons, selon la ministre Rogers : d’abord, les recettes ont dépassé de 150 millions de dollars les prévisions, surtout grâce à l’impôt des entreprises et les revenus plus élevés que prévus de la TVH. Les dépenses ont quant à elles diminué de 109 millions de dollars, en partie à cause de dépenses moins importantes qu'anticipé au gouvernement central ainsi que pour le développement économique et pour le service de la dette publique.

La croissance de l’économie a été supérieure aux attentes, a déclaré la ministre lors de sa conférence de presse à Fredericton. L’économie du Nouveau-Brunswick pèse 5,5 % plus lourd qu’en 2014 (lors de l’arrivée au pouvoir des libéraux).

Prévisions de déficit maintenues

Dans ce contexte, l’équilibre budgétaire au cours des prochaines années n’est-il pas atteignable? La ministre a répondu que son gouvernement devait adopter une approche « prudente » en raison de risques qui pèsent sur l’économie néo-brunswickoise.

La province est très dépendante des exportations vers les États-Unis, par exemple, et un accord sur le renouvellement de l’ALENA tarde à être conclu.

D’autre part, les libéraux ne veulent pas viser à tout prix l’équilibre budgétaire alors que des investissements s’imposent dans le domaine social, selon Cathy Rogers. Le gouvernement doit répondre aux besoins d’une population vieillissante et des jeunes familles, a-t-elle dit.

La dette nette de la province a quant à elle continué de s'alourdir en 2017-2018 : elle a atteint 13,9 milliards de dollars, soit 18 332 $ par habitant. Toutefois, son importance par rapport à la taille de l'économie a diminué, a noté Cathy Rogers. Le rapport dette nette/PIB était de 39,2 % à la fin de l'année financière, son niveau le plus bas depuis 4 ans.

Un écran de fumée, selon les progressistes-conservateurs

Le chef des progressistes-conservateurs, Blaine Higgs, présentait ses candidats de la région de Fredericton, mardi matin. Il a décrit les chiffres des libéraux comme un « écran de fumée », qui ne reflètent pas la situation actuelle.

Blaine Higgs lors d'un événement de campagne à FrederictonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Blaine Higgs lors d'un événement de campagne à Fredericton

Photo : Radio-Canada

Y a-t-il quelque chose [dans ces chiffres] qui reflète les engagements de 1,3 milliard de dollars pris [par les libéraux] depuis janvier?, Je dirais que non. C'est un document vide, basé sur les chiffres de l'année dernière et sur les augmentations de taxes de l'année dernière, a-t-il lancé.

Le gouvernement Gallant a effectivement multiplié les annonces, à l'approche de la campagne électorale. Il en avait fait plus de 100 en l'espace de 5 mois, selon un recensement que nous avons effectué en mai.

Blaine Higgs a promis, si son parti remporte les élections de septembre, de diriger un gouvernement responsable, sur le plan des finances publiques.

Un surplus éphémère, selon un économiste

L’économiste Richard Saillant pose un regard critique sur le bilan économique des libéraux. Selon lui, le gouvernement a failli à sa promesse de réorienter les ministères de la Santé et de l’Éducation, en phase avec le défi démographique.

On a présenté l’examen des programmes comme étant un choix entre augmenter la TVH ou couper dans la santé ou l’éducation, explique M. Saillant.

Aujourd’hui, le gouvernement de Brian Gallant se félicite d’avoir gardé les deux ministères intacts.

[Le gouvernement] a choisi le statu quo et il perd une certaine marge de manoeuvre pour traiter des problèmes d’avenir.

Richard Saillant, économiste

Mais le succès économique pourrait s’avérer de courte durée. Le gouvernement a bénéficié d’une embellie économique qui ne reviendra pas, juge Richard Saillant. On a eu une croissance exceptionnellement forte, stimulée presque entièrement par la baisse du prix du pétrole.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale