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Député libéral écarté : « Ça laisse une impression d'improvisation », dit Jean Charest

Jean Charest lors d'un événement public en octobre 2016
Jean Charest (photographié ici en octobre 2016) estime que le député François Ouimet, écarté au profit d'un autre candidat dans Marquette, était un élu très efficace. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
La Presse canadienne

L'ancien premier ministre Jean Charest juge que la saga entourant le départ du député libéral François Ouimet « laisse une impression qu'il y a de l'improvisation ».

François Ouimet a récemment été écarté par le Parti libéral du Québec (PLQ) au profit de l'ex-hockeyeur Enrico Ciccone, qui se présentera dans la circonscription de Marquette, un château fort libéral.

En larmes, M. Ouimet avait accusé l'actuel premier ministre et chef du PLQ, Philippe Couillard, d'avoir renié sa parole. En mai, a-t-il révélé, M. Couillard l'avait pourtant assuré « les yeux dans les yeux » qu'il signerait son bulletin de candidature pour le prochain scrutin.

M. Ouimet, blessé, se sentant injustement traité, s'est interrogé quant à savoir ce que valait la parole du premier ministre.

Lundi midi, au micro de Nathalie Normandeau, son ancienne vice-première ministre, M. Charest a déclaré qu'il était « étonnant » qu'un député « très efficace » se fasse montrer la sortie.

Sur les ondes du BLVD 102,1, l'ex-premier ministre libéral a souligné que François Ouimet était « apprécié par son comté » et qu'il « livrait » la marchandise.

Selon lui, la controverse « n'aide pas » les libéraux, à quelques jours du déclenchement de la campagne électorale.

Pendant son entrevue avec Mme Normandeau, M. Charest a aussi critiqué le « magasinage » des candidats et des partis.

« C'est comme si tout était interchangeable », a-t-il soutenu.

À l'époque où moi j'étais plus actif, et que vous étiez avec moi, Nathalie, on adhérait à un parti parce qu'il y avait au point de départ, des principes, des valeurs, des convictions profondes, et à partir de là, on décidait d'y aller.

Jean Charest, ex-premier ministre du Québec

Couillard réagit

À l'issue d'un rassemblement des candidats libéraux à Scott, en Beauce, Philippe Couillard est resté de marbre face aux critiques de son prédécesseur.

Ça ne change absolument rien à notre enthousiasme, notre désir d'aller en campagne. Tout le monde est libre de s'exprimer. Je vais lui laisser ses paroles, mais je vais lui rappeler, de même qu'à vous, que chaque chef de parti a eu à faire des choses difficiles.

Philippe Couillard, chef du Parti libéral et premier ministre du Québec

M. Couillard s'est borné à répéter le message qu'il porte depuis maintenant une semaine, c'est-à-dire qu'il a dû prendre une décision douloureuse dans le cas de François Ouimet, au nom de l'intérêt supérieur de son parti.

« J'avais la responsabilité de présenter aux Québécois une équipe qui est à la fois expérimentée, mais avec un élément de renouveau considérable », s'est-il à nouveau défendu.

Par ailleurs, il a reconnu l'existence du « magasinage » chez les candidats et les partis, mais maintenu que des candidats qui sont « parfois allés voir ailleurs » sont revenus au PLQ « à cause de la force de [ses] convictions et de [ses] valeurs ».

« On n'est pas un parti politique qui réagit au vent, aux sondages, aux impressions, a-t-il martelé. Nos valeurs, on les connaît, on peut les nommer. »

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