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« La vérité n'est pas la vérité » : Rudy Giuliani tente de s'expliquer

Rudy Giuliani assis, les bras croisés.
Selon l'avocat du président Donald Trump, impossible d'établir la vérité lorsque deux personnes présentent des témoignages opposés. Photo: Reuters / Leah Millis
Radio-Canada

« La vérité n'est pas la vérité », parce qu'en présence de deux témoignages contradictoires, il est impossible d'établir la véracité des faits. Voilà, en substance, l'explication donnée par Rudy Giuliani, l'avocat du président américain, Donald Trump, au lendemain d'une déclaration fracassante qui a provoqué l'incrédulité de la classe médiatique.

Dans une entrevue accordée à la chaîne NBC dimanche, il s'était employé à justifier pourquoi M. Trump ne devait pas être interrogé par le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur une possible collusion entre l'équipe de campagne du milliardaire et la Russie lors de l'élection présidentielle de 2016.

Lundi, M. Giuliani a précisé que, selon lui, plusieurs personnes peuvent présenter des comptes rendus divergents d'un même événement.

« [...] C'est l'énigme classique du "il a dit, elle a dit" », a ainsi soutenu l'avocat.

Parfois, une recherche approfondie peut révéler la vérité; parfois, elle ne peut pas.

Rudy Giuliani, avocat de Donald Trump

La veille, il affirmait sur NBC qu'il ne fallait pas précipiter les choses pour faire témoigner le président dans le cadre de l'enquête Mueller « et qu'il soit piégé en étant poussé au parjure ».

« Et lorsque vous me dites qu'il devrait témoigner parce qu'il va dire la vérité et qu'il ne devrait pas s'inquiéter, eh bien, c'est absurde, parce que c'est la version de la vérité d'une personne. Pas la vérité », a-t-il dit.

Ce à quoi l'animateur de l'émission Meet the Press, Chuck Todd, a répliqué que « la vérité est la vérité ».

« Non, ce n'est pas la vérité. La vérité n'est pas la vérité », a immédiatement répondu M. Giuliani.

Il n'en fallait pas plus pour que journalistes et humoristes multiplient les clins d'oeil.

« Lundi n'est pas lundi », a déclaré un journaliste de CNN. Sur HBO, l'humoriste John Oliver a soutenu que cette assertion « n'était pas acceptable pour l'avocat du président », mais plutôt uniquement pour « un étudiant en philosophie qui vient d'essayer [de la drogue psychotrope] pour la première fois ».

Aux yeux de l'ancienne procureure fédérale américaine Joyce Vance, si un avocat en vient au point d'ergoter sur la notion de vérité, c'est qu'« [il est] dans une très mauvaise posture ».

Rudy Giuliani n'en est pas à sa première déclaration surprenante. C'est cette même personne qui a déjà déclaré que les faits étaient « une question de perception ».

En ce sens, M. Giuliani rappelle la conseillère présidentielle Kellyanne Conway, elle qui a inauguré l'expression « faits alternatifs ».

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Agence France-Presse

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